Interface et le Coronavirus : des initiatives solidaires qui redonnent espoir

Depuis maintenant presque un an, nous vivons aux côtés de la Covid19. Loin d’être notre meilleure amie, elle a au contraire un impact négatif sur tous : étudiants déprimés par le confinement ou entreprises en faillite, personne n’est épargné. Mais certains sont plus touchés que d’autres. Les personnes âgées ou les sans-abris se retrouvent aujourd’hui dans une situation précaire, plus encore qu’avant la crise. Entre isolement, décrochage scolaire ou manque de moyens, le bilan est inquiétant… Heureusement, certains luttent encore et toujours afin de venir en aide aux plus démunis. Mélissa est allée à la rencontre de l’association Interface, pour vous parler d’initiatives solidaires auxquelles nous pouvons tous participer.

Interface est l’association humanitaire de Sciences Po Aix. Elle est constituée de huit pôles, qui luttent pour des causes diverses et variées, toujours dans un but solidaire. Comme tous les ans, de nombreuses actions devaient voir le jour… mais la Covid19 en a décidé autrement. Certains pôles sont très impactés, dans l’obligation d’annuler tous leurs projets. Le pôle Éducation ou le pôle Ashinaga sont paralysés par la crise : « le virus a tout chamboulé, on ne peut plus rien faire » indique Audrey, responsable du pôle Ashinaga. Alexandra, responsable du pôle éducation, partage elle aussi sa déception « On devait intervenir dans un collège le 6 novembre, mais c’était le tout début du confinement ». Le pôle LGBTQIA+, qui avait pour habitude de se rendre dans des collèges et lycées pour parler de sexualité, se retrouve lui aussi en mauvaise posture. Seule la diffusion de films à distance a pu être maintenue, ce qui reste cependant une bonne alternative !

La solidarité en présentiel malgré la crise

Charity Box ; couloir Bruno Étienne

Le virus et le confinement ne sont pas un frein pour certains pôles, qui ont toujours l’opportunité de mener leurs actions ou d’innover. Le pôle Préca fait partie des plus actifs de l’association, et met en place plusieurs initiatives, auxquelles tout le monde peut participer.

« Le pôle preca d’interface organise des maraudes hebdomadaires (une fois par semaine habituellement et deux fois par semaine pendant le confinement). On effectue un tour du centre-ville d’Aix pour tenter d’apporter un soutien matériel et moral aux sans-abris. Ainsi, on leur distribue des vêtements et de la nourriture, on discute aussi beaucoup avec eux ! »

Capucine, responsable du pôle préca

Doubler la fréquence des maraudes était en effet un choix évident pour les responsables. « La précarité et l’isolement ont atteint leur paroxysme pendant le confinement et touchent de plus en plus de monde dans ce contexte de crise sanitaire. C’est pourquoi il est important de se mobiliser pour aider les plus démunis et d’être solidaires pour aider à notre échelle ceux qui en ont le plus besoin » complète Capucine.

Toute l’année, le pôle récolte également des vêtements, donnés par les étudiants ou les aixois. Des Charity Box attendent vos dons dans le couloir Bruno Étienne. Couvertures, chaussettes, pulls, mais aussi savons ou brosses à dents sont recherchés, peu importe la saison ! Pendant le confinement, des collectes alimentaires et de produits hygiéniques ont également été mises en place, devant le Monoprix du Cours Mirabeau. Selon Capucine, « La collecte a été extrêmement fructueuse (merci aux bénévoles !!) et va nous permettre de redistribuer tous ces produits pendant les prochaines maraudes. »

Collecte du pôle préca pendant le confinement

Le pôle soutien scolaire poursuit lui aussi son activité en présentiel. En effet, malgré le confinement, les établissements scolaires restent ouverts, et la crise augmente les risques de décrochage. Tous les jours de la semaine en dehors du mercredi, de 17h à 19h, les étudiants peuvent aller donner des cours de soutien ou aider les élèves de primaires et de collèges à faire leurs devoirs. Cette action a lieu dans un centre social au nord d’Aix.

« Les élèves ont très souvent des difficultés familiales et sociales, par exemple avec des parents qui ne parlent pas ou peu français. Ce qui est vraiment important selon moi, c’est de participer à donner leur chance à des élèves souvent jeunes qui, sans le soutien, auraient sûrement décroché l’école assez rapidement » explique Marie, l’une des responsables du pôle. Téo, étudiant en 1ère année, a rejoint ce pôle avant le confinement : « Je trouve ça très intéressant de pouvoir apporter notre aide à des élèves (primaire pour ma part) qui sont en difficulté dans certaines matières, et de pouvoir apporter sa pierre à l’édifice. Le pôle apporte énormément à soi-même aussi, sur le plan de la pédagogie, de la transmission de connaissances… Et puis mine de rien, tu crées des liens avec les enfants et donc tu veux les voir progresser. Sur le plan social, ça permet de rencontrer des gens que tu ne rencontrerais pas forcément, qui viennent de différents milieux. » L’importance du lien social est également soulignée par Marie « Il y a une très bonne ambiance et une relation amicale avec tous les élèves, en particulier les collégiens. L’avantage pour eux c’est qu’on n’a pas une relation de professeur à élève. »

Le pôle soutien scolaire, actif pendant le confinement

« Pendant ce confinement, le centre social a vraiment besoin de bénévoles puisque le nombre d’étudiants disponibles a drastiquement diminué. D’autant plus que les élèves ont déjà subi de lourdes conséquences de l’absence totale de cours (pas d’accès à internet ou absence de suivi des parents) lors du premier confinement. »

Marie, responsable du pôle soutien scolaire

De plus, le pôle s’est diversifié depuis le confinement. Les étudiants peuvent désormais apporter leur aide à des élèves de Marseille, le vendredi après-midi à partir de 14h. Zoé, elle aussi responsable du pôle, souligne qu’il ne s’agit pas seulement de soutien scolaire, mais aussi une façon de motiver les élèves dans leurs projets, discuter avec eux, et donc créer du lien. Les bénévoles ne sont pour le moment qu’une dizaine, toute aide est donc la bienvenue !

« Agir au travers d’Internet »

D’autres pôles ont été contraints de cesser leurs activités en présentiel, et de poursuivre leurs actions sur Internet. C’est le cas du pôle génération, qui a dû innover. Joséphine, responsable du pôle, alerte sur la situation des plus âgés : « Beaucoup de personnes âgées se sentent très isolées pendant le confinement et la crise, puisque leurs familles ne peuvent pas les voir pour les protéger. Cela peut même mener à des dépressions ou des suicides. » Impossible cependant pour le pôle d’être au contact de ces personnes physiquement comme c’était le cas les années précédentes, au travers de cours d’informatique ou de repas. Mais il était capital d’agir afin de maintenir un lien et briser ce sentiment de solitude. Le pôle a donc opté pour une action numérique : « 1 lettre 1 sourire », qui permet d’écrire un message à une personne âgée, en français ou en anglais, pour lui transmettre un peu d’amour virtuel. Une excellente initiative qui préserve leur cœur et leur santé, et à laquelle tout le monde peut participer à distance.   

Quant au pôle Droits Humains, il poursuit sa lutte au travers de pétitions en ligne et d’une forte présence sur les réseaux sociaux. Les actions habituelles ne sont plus envisageables en raison du confinement. « Au temps du covid c’est très compliqué de faire des manifestations physiques ou de la sensibilisation dans la rue avec des pétitions » témoigne Elsa, responsable du pôle. « On essaye d’agir au travers d’Internet, avec des posts sur notre Instagram et sur Facebook. On encourage les gens à faire des posts sur des causes qui leur tiennent à cœur. » Du 4 au 13 décembre 2020, le pôle a fortement relayé la campagne « 10 jours pour signer », portée par Amnesty, dans le but d’attirer l’attention sur différents cas pour lesquels les droits humains n’ont pas été respectés. Alexandra, elle aussi responsable du pôle, soutient les propos d’Elsa, en insistant sur l’importance de la sensibilisation sur Internet. Il est possible d’agir à distance, en partageant les publications ou en signant virtuellement les pétitions.

Interface participe également à une grande tombola solidaire, organisée par l’Association Internationale de Mobilisation pour l’Égalité (AIME). Il s’agit d’une association qui encourage les jeunes à se mobiliser, au service d’un développement solidaire, durable et inclusif dans le monde. Elle sensibilise également aux enjeux de la solidarité internationale et de l’interculturalité. La tombola a pour objectif de financer leurs projets et remercier ceux qui les soutiennent. Tout le monde peut y participer pour la modique somme de 2 euros, jusqu’au 21 décembre 2020. Retrouvez le lien de la billetterie directement sur les réseaux sociaux d’Interface ! Les lots à gagner seront dévoilés chaque mercredi au travers de posts Instagram et Facebook.

Des projets à venir, et de l’espoir pour le futur…

Les pôles restent optimistes ! Même si la crise se poursuit, ils sont nombreux à espérer pouvoir mettre en place de nouvelles initiatives dans les jours, semaines ou mois à venir. Le pôle hôpital est totalement paralysé, ne pouvant pas se rendre auprès des enfants pour jouer et discuter dans les hôpitaux, en raison des risques sanitaires. Mais Amandine, responsable du pôle, est déterminée à mettre sur pied des projets de substitution, afin de poursuivre son action par des moyens alternatifs. L’organisation d’une collecte de jouets est notamment en réflexion.

Le pôle préca, déjà très actif, n’est pas en manque d’idées non plus. « On a pour projet de confectionner des boites de noël à offrir aux sans-abris à l’approche des fêtes. La collecte que nous avons fait en décembre va également nous permettre de remplir ces boites ! » indique Capucine. Une initiative déjà mise en place dans plusieurs villes de France, à laquelle vous pouvez donc participer même en étant confinés loin de Sciences Po Aix !

D’autres pôles espèrent pouvoir reprendre au plus vite leurs activités habituelles, comme le pôle génération, qui regrette l’époque sans covid où le contact avec les personnes âgées était agréable et sans danger. Le pôle éducation et le pôle Ashinaga gardent espoir eux aussi, en espérant pouvoir sortir la tête de l’eau et mettre en place de nouveaux projets.

Quoi qu’il en soit, les initiatives solidaires foisonnent en temps de covid, et Interface en est le plus bel exemple. Aide aux plus démunis, soutien scolaire, actions sur les réseaux sociaux… Les différents pôles continuent d’agir sans relâche et sont la preuve que la solidarité persiste. Un beau symbole d’entraide et d’amour au sein de cette association, qui perdure à Sciences Po depuis 22 ans…

Si vous aussi voulez agir, contactez les différents responsables de pôles sur les réseaux sociaux. Vous trouverez la liste sur la page Facebook d’Interface. La plupart des pôles recherchent des bénévoles, alors n’hésitez pas, et prenez part à cette belle aventure humaine !

Solenn Faggianelli

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