Une immersion en Inde du Sud

J’ai eu la chance de partir à la découverte d’un pays aussi adulé que détesté. Un pays qui suscite des réactions tout à fait contraires : émerveillement et dépaysement plaisant pour certains, horreur et choc brutal pour d’autres. Aujourd’hui, je souhaite vous partager mon expérience en Inde du Sud. 

Le voyage commence le 14 juillet 2019. Alors que la France est en célébration, je manque la fête nationale pour prendre l’avion, direction Chennai, au Sud-Est de l’Inde. 

Mais l’aventure avait en réalité commencé un an plus tôt, alors que trois professeurs, quelques élèves de mon lycée et moi-même décidions de partir en Inde et d’autofinancer la moitié de la somme nécessaire pour pouvoir décoller. Après avoir passé ma dernière année de lycée à récolter de l’argent par tous les moyens (non sans mal), nous voilà partis à la découverte du Tamil Nadu (un Etat au Sud de l’Inde). 

La première chose qui surprend dès l’arrivée, c’est évidemment la chaleur ressentie. Déjà en temps normal, il fait bien plus chaud que dans les pays occidentaux, mais en plus de cela nous arrivons au début de la mousson, ce qui veut dire que nous n’avons pas la pluie, mais nous ressentons l’humidité bien plus que nous avons l’habitude, déjà à son maximum en cette période (presque à 98%). 

La deuxième chose qui nous fait comprendre que nous sommes bien arrivés dans un autre monde, c’est la circulation. Les danses qui se profilent sur les routes indiennes ne sont vraiment pas le fruit d’un cliché dont on aurait grossi les traits. Voitures, bus, tuk-tuks, mobylettes, vélos, piétons, vaches, chiens… et tout ce qui peut se déplacer d’une quelconque façon se partagent la route. Nous voilà maintenant à sursauter à tous les coups de Klaxon et chaque dépassement entrepris par le chauffeur s’apparente à l’injection directe d’une dose de stress. Mais, je vous rassure, au bout de plusieurs heures de route, abattus par la chaleur, le bruit et la fatigue, on se laisse finalement doucement porter.

Passé ces premières impressions, l’Inde est un pays d’une richesse culturelle incontestable. Les monuments et sites historiques, ponctués d’un nombre infini de contes et légendes, nous plongent instantanément dans un monde enchanté. Parmi les nombreux sites que nous avons visités, deux m’ont vraiment marqué. Il s’agit d’abord du temple de Brihadesvara à Thanjavur (je vous conseille d’aller faire un tour sur internet pour percevoir l’ampleur de l’édifice et de son histoire) et ensuite du temple de Mînâkshî, à Madurai. 

Temple de Brihadesvara à Thanjavur
Crédits Photos : Maurine Monard

Ce dernier monument est une réelle prouesse architecturale, on reste bouche bée pendant plusieurs minutes à sa découverte. Mais l’apparence extérieure de l’édifice n’est rien en comparaison à ce qui nous attend à l’intérieur. Il m’est difficile de décrire ce que l’on peut y voir, tant le monument est immense, rempli de couleurs, de formes, de symboles et d’odeurs. Je ne peux pas non plus laisser parler les images, car les photos sont strictement interdites à l’intérieur du temple, ce qui rend par ailleurs le moment de découverte encore plus unique. 

Dans ce lieu, me voilà prise d’une vive émotion, assez incontrôlable et inexpliquée, face aux merveilles qui se déroulent sous mes yeux. L’émerveillement est à son apogée lorsque nous croisons le cortège d’un mariage hindou, emmené par un éléphant habillé et maquillé, marchant de façon triomphale à l’intérieur du temple. 

Voici sûrement un des aspect de l’Inde qui m’a le plus frappé, à savoir la place centrale  du sacré. La croyance est partout, à tout instant, et ce pour n’importe quelle religion (hindouisme, islam, christianisme, jaïnisme, sikhisme..). Le nombre de rituels pratiqués est quasi-déconcertant et la foi avec laquelle les habitants pratiquent leur religion me laisse sans voix. 

Les plaques de rues en français à Pondichéry
Crédits Photos : Maurine Monard

Le lieu où nous passons le plus de temps est la petite ville de Pondichéry. En bord de mer, il y règne un climat tout à fait singulier du fait de la présence française assez tardive dans cet ancien comptoir. Un soupçon d’étonnement nous réveille lorsque nous voyons le nom des rues écrit en français dans une partie de la ville, donnant l’impression de retrouver les lieux que nous côtoyons dans notre quotidien. Divisée en deux parties, la ville blanche pour les anciens quartiers français et la ville noire pour les rues tamouls, nous passons d’un univers à un autre en traversant simplement quelques rues. 

Evidemment, on ne peut occulter une réalité pauvre en allant en Inde, qui peut être très crue pour de jeunes Français comme nous. Je ressens inévitablement un fort dégout face à l’insalubrité de nombreux endroits, un sentiment de pitié et d’impuissance devant des humains qui n’ont rien. Cette réalité peut sans aucun doute nous choquer. Ceci étant dit, je m’attendais à plus en souffrir, mais nous sommes aussi dans une des régions les moins pauvres de l’Inde. 

Par ailleurs, nous nous trouvons un peu déconcertés face à la curiosité de certains habitants qui n’ont jamais vu de chevaux blonds ou de peaux banches, mais les rires face à ces rencontres priment bien plus que la peur. Je ne me suis jamais sentie menacée ou en danger durant ce voyage.

Petit garçon rencontré lors de la visite d’un orphelinat à Pondichéry
Crédits Photos : Maurine Monard

Enfin, je ne peux pas terminer ce récit sans faire mention de l’explosion des sens que nous vivons en Inde. Que ce soit le goût de la cuisine indienne (épicée, très très épicée), l’éclatement de couleurs sur les monuments et les vêtements, les odeurs, (qu’elles soient enivrantes ou très désagréables), les brouhahas urbains, les bruits de la route, les sons du tamoul ou les musiques traditionnelles, chaque moment est rempli d’une multitude sensations. 

Le marché à Pondichéry.
Crédits Photos : Maurine Monard

Ainsi lorsque nous traversons le marché de Pondichéry, nous nous retrouvons sous le choc : nous comprenons que nous n’avions pas réellement conscience de nos 5 sens jusqu’à présent. Nous y retournerons plusieurs fois au cours de notre périple pour ressentir pleinement cette déflagration de sens, et ce, à différentes heures de la journée (le matin étant teinté d’une très forte odeur de poissons…) 

Pays aux multiples facettes, l’Inde est un pays difficile à qualifier. Chaque personne en aura une perception singulière, et ce d’autant plus que la grandeur du pays et la diversité qu’il contient donnent l’impression de traverser plusieurs pays lorsque que l’on change simplement de régions ou d’Etats. 

Je ne peux que vous conseiller d’y mettre les pieds un jour. Peu importe vos aprioris et vos attentes, l’Inde ne pourra pas vous laisser indifférent. 

Maurine Monard 

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