Saport’advisor #10 : Séville en plein mois d’août

Je prends le temps d’écrire un article que j’aurais aimé partager il y a plusieurs mois déjà. Beaucoup disent que la période que nous vivons aujourd’hui est une bonne occasion de faire les choses que nous n’avons jamais le temps de faire d’habitude. Et peut-être qu’ils n’ont pas tort…

L’été dernier, j’ai visité Séville. Sous les plus de 40° du mois d’août battant, la ville m’a séduite par ses multiples aspects. Défiant le sécularisme dont on aime parler en Europe, les signes de piété se retrouvent à tous les coins du rue. L’héritage historique et culturel est au rendez-vous. Et la chaleur n’arrête ni les danseurs ni les musiciens. Tout le monde nous disait que le mois d’août n’était pas la bonne saison pour visiter, mais vivre le 15 août à Séville est une expérience assez riche, que la chaleur ne nous a pas fait regretté.

Real Alcazar
Crédits : Clara Grouzis

Incontournables visites

Témoin de la riche histoire espagnole, le palais du Real Alcazar intrigue de par les différents styles qu’il arbore avec harmonie. Construit sous la période musulmane au IXè siècle, le Palais Royal a été modifié plusieurs fois et a subi l’influence islamique, mais aussi chrétienne. Il a notamment abrité en 1526 le mariage de Charles Quint et d’Isabelle du Portugal. Ainsi, la visite du Palais nous transporte dans un Conte des Mille et Nuits mais nous montre aussi la possible cohabitation entre les styles, les cultures et les religions. Une ancienne porte au style oriental qui prend des airs de portail gothique. Tout se mélange : Pierre Ier de Castillon fait construire en 1364 un château mudéjar (musulmans d’Espagne), renouant avec les origines du bâtiment. En bref, l’Alcazar émerveille : son architecture, impressionnante et raffinée à la fois, combine tout ce qu’il y a de plus beau et nous fait voyager pour quelques heures.

Du haut de las Setas de Sevilla
Crédits : Clara Grouzis

Mais Séville est aussi une ville moderne. Achevées en 2011, las Setas de Sevilla ( =champignons) dominent la Plaza de la Encarnación. Du haut de ces champignons, une vue imprenable sur la ville s’offre à nos yeux. Les toits de Séville s’allongent à perte de vue, variant entre architecture chrétienne et tours orientales. De là, il est possible de mesurer à quel point les ville est pieuse : les clochers d’église se comptent par dizaines. Une structure très moderne qui s’imbrique parfaitement dans le quartier d’Encarnación-Regina et l’anime à nouveau.

Une autre place m’a marquée : la Plaza de España. Elle est imaginée pour l’exposition ibéro-américaine de 1929 par l’architecte sévillan Aníbal González. C’est juste spectaculaire.

Plaza de España
Crédits : Clara Grouzis

La procession du 15 août

Le 15 août, rendez-vous à 7h du matin devant la cathédrale. La place est bondée, les gens se sont bien habillés et attendent avec impatience. Quand le clocher retentit, tout le monde se tait. C’est le moment le plus solennel que j’ai jamais vécu. Lorsque la Vierge sort de la cathédrale, portée par les religieux, c’est l’émerveillement général. La procession fait le tour de l’immense cathédrale et les gens courent pour la suivre, la voir le plus possible. Lorsque des chants émanent de la procession, c’est comme une prière qui monte au ciel. Il n’y a pas besoin d’être croyant pour être émerveillé et ressentir la piété des habitants de Séville. C’est un jour sacré, un jour férié qui a son importance. Une fois que la procession est terminée, les sévillans s’en vont petit-déjeuner en famille sur les places de la ville.

Procession de la Virgen de los Reyes
DR

Un éventail pour danser le flamenco

Dans les rues commerçantes, nombreux sont les magasins qui vendent des éventails, à tous les prix. 20€ pour les touristes et jusqu’à 100 pour les professionnels. Un art qui donne à la ville son caractère singulier. Au delà des danseuses qui font tourner la tête des passants dans la rue, il faut se rendre dans une véritable taverne pour voir danser la sévillane. Les spectacles, voire les initiations pour les touristes sont nombreux. Mais en s’aventurant dans les plus petites rues, on peut trouver des bars qui offrent des spectacles presque gratuitement : un cadre authentique pour une soirée à la sévillane.

Même si mes souvenirs remontent à l’été dernier, ils sont riches, dans cette ville pleine de vie et de couleurs. Je ne pouvais pas parler de tout mais ce que j’en retiens c’est cette richesse culturelle, qui n’a de cesse de vous étonner, à tous les coins de rues. Un petit moment hors du temps…

Clara Grouzis

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