« Ce pari fou de partir en terre russe » le récit de Marie Lorgeoux

« Négocier avec les Russes, c’est acheter deux fois le même cheval » Averell Harriman 

Actuellement en 4ème année, je profite du confinement pour me remémorer et raconter ma 3ème année. Le choix de mon année à l’étranger sonnait comme une évidence. En effet, j’étudiais le russe depuis cinq ans et c’était l’unique moyen de parler couramment la langue de Tolstoï. Je voulais aussi découvrir cette culture qui me fascinait tant. D’ailleurs, j’avais commencé à préparer mon foie en augmentant ma consommation de vodka en soirée de 2A. 

Une adaptation sous le signe du dépaysement 

Je le savais, je le répétais : « cette expérience ne va pas être facile ». Les Russes ne sont pas réputés pour être les plus chaleureux et les plus ouverts aux étrangers. J’avais aussi eu les échos des anciens partis là-bas : « ce voyage sera aussi beau que difficile ». J’avais fait le choix de vivre à Moscou et d’étudier à RANEPA, l’Académie présidentielle russe créée par Poutine : « ce partenariat est l’héritage de l’ancienne administration » me confia d’ailleurs M.Biglione. J’allais vite comprendre pourquoi….

Je rejoignis alors Andreas Certic et Cyrielle Guilbaud qui avaient fait ce pari fou de partir avec moi en terre russe. Nous avions décidé de vivre dans la résidence étudiante, l’obchejitie.  Heureusement, j’étais partie au Pérou avec Interface deux mois auparavant. Je m’étais donc confrontée à des conditions de vie plus difficiles et à la cohabitation avec des insectes. Ce fut un bon entraînement pour les six mois qui arrivaient. 

La photo du bâtiment de « l’obchejitie »

Notre chambre : deux lits, un bureau pour deux, une télévision des années 90 ne fonctionnant pas. Au total, 10m2 et un casse-tête permanent pour savoir qui avait le droit de circuler dans la chambre. En prime, les femmes de « ménage » qui rentraient dans notre salle de bain alors que nous nous douchions. Une mention spéciale à l’alarme incendie qui m’a fait sortir de ma douche en plein shampooing, descendre et remonter 15 étages sans ascenseur. Et, pompon sur le Kremlin, attendre 30 minutes à -15 degrés les cheveux mouillés dans la cour. C’est sans compter sur les différentes fuites d’eau qui nous ont fait changer plusieurs fois de chambre avec Cyrielle. Un Koh Lanta permanent !  Nous y avons fait aussi nos plus belles rencontres…

Moscou, la capitale slave aux multiples facettes 

L’architecture orthodoxe et historique n’ont cessé de nous fasciner pendant ce semestre riche en émotions. Très régulièrement, nous nous rendions sur la Place Rouge pour admirer le Kremlin et le symbole de Moscou, la basilique Basile-le-Bienheureux construite en 1555. 

Photo de Cyrielle, Andréas et moi devant la basilique Basile

Les Moscovites aiment faire la fête. Les bars et les discothèques ne manquent pas pour se réchauffer avec les – 20 parfois atteints en décembre. Moscou est une ville complète, forte de son identité slave et pleine de surprises. Son dynamisme, ses grandes avenues enneigées et son immensité continuent encore de nous faire rêver, presque un an après notre retour….

Une mention spéciale à l’extraordinaire métro moscovite orné de statues, de fresques et de lustres, une véritable œuvre d’art ! 

Notre vie quotidienne : entre vie universitaire et voyages

Notre aventure universitaire avait pourtant mal commencé : nous étions arrivés à la fête de la rentrée au moment où les étudiants remballaient les stands ! En effet, notre référente nous avait indiqué la mauvaise heure mais cela ne nous étonnait guère…

Durant ce semestre, nous avions décidé de suivre des cours en russe. Nous étions surpris par la gentillesse et la curiosité dont nos camarades ont fait preuve. Cependant, la barrière de la langue était parfois trop forte pour tenir de vraies conversations. En outre, ils parlent très peu et mal anglais. Leur bienveillance nous a surpris, surtout quand nous devions faire des exposés en russe et qu’ils ne devaient comprendre environ que 10% de notre présentation. Les méthodes d’examen ont aussi été surprenantes : inexistantes ou propices à la triche. 

Au total, nous avons fait trois voyages. Le premier à Vladimir à deux heures de Moscou dans la campagne russe où l’authenticité nous a touchés. Puis, nous avons eu le droit à notre « Very Bad Trip » à Sotchi, au bord de la Mer Noire. Une folle soirée où nous avons failli y laisser notre vie. La vodka, servie dans des grands verres a presque eu raison de nous. Enfin, nous avons rejoint les autres 3A à Saint-Pétersbourg, la ville des tsars où la magie de la ville nous a envoûtés. Ces magnifiques séjours illustrent la diversité des paysages et des trésors dont regorge la Russie. 

Mention spéciale à la visite du « Parc Patriote », à une heure de Moscou, exposant des chars, des tanks et des avions. Nous avons Disneyland, ils ont le « Parc Patriote ». 

Photo au Parc Patriote, inauguré en 2016

En conclusion, ce semestre a été aussi éprouvant que magique. Je suis passée de « je veux rentrer chez moi maman ! » à des torrents de larmes au moment du départ. Aimer la Russie a été un long processus car la Russie se mérite, elle met du temps à se dévoiler. Ce fut également le cas des Russes, peu démonstratifs. A notre rencontre, notre précieux ami Evguéni nous avait déclaré « je ne serais jamais ami avec des filles ». Ainsi, nos amis, aussi bien russes qu’internationaux, font désormais partie intégrante de notre famille. Par ailleurs, un lien spécial et indestructible s’est créé entre Andréas, Cyrielle et moi. Je n’ai qu’une hâte : y retourner ! 

Marie Lorgeoux

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