Jean-Victor Roux : « Dans chaque ville, il y a une figure tutélaire qui se dégage de par sa longévité, son héritage et sa postérité »

Jean-Victor Roux, ancien étudiant de notre Bonne Maison et élève administrateur à l’Institut National des Etudes Territoriales (INET), a sorti son second livre, « Les Sentinelles de la République ». Une histoire de six grands maires de France qui ont marqué leur commune et la fonction. 

Originaire du Vaucluse près d’Avignon, Jean-Victor Roux a fait ses études chez nous. En sortant de Sciences Po Aix, il étudie un an à Dauphine en prépa ENA puis intègre l’Institut National des Etudes Territoriales (INET). 

« C’est l’équivalent de l’ENA pour les hauts fonctionnaires des collectivités territoriales. On est basé à Strasbourg aussi et on a 15% de notre formation qui est commune. Mais, à l’INET, il n’y a pas de système de classement de sortie. Les offres sont publiques et c’est à toi de postuler en fonction de tes appétences. Il y a de plus en plus de mobilité avec les corps de sortie de l’ENA » explique Jean-Victor. 

Mais, l’ancien sciencepiste reste attaché à notre Bonne Maison où il revient donner des cours pour la prépa ENA, en droit et gestion des collectivités territoriales. 

Jean-Victor Roux
DR

Il y a quelques semaines, Jean-Victor a sorti son second livre. Après « La table, une affaire d’Etat » en 2017, il publie « Les Sentinelles de la république. Une histoire des maires de France »aux Editions du Cerf. Un ouvrage ancré dans l’histoire et dans l’actualité. Le livre est introduit par un chapitre qui montre à la fois l’intérêt du sujet et de la fonction de maire. S’ensuivent six portraits de maires qui ont marqué l’histoire de leur commune et du pays. 

Des figures tutélaires

Le livre se penche sur six figures municipales majeures. Par souci de temps, nous dit Jean-Victor, il fallait faire un choix. 

« J’ai choisi des maires qui ont eu des fonctions éminentes au niveau national, des figures connues des gens mais aussi des personnalités et des villes qui m’intéressaient. Dans chaque ville, il y a une figure tutélaire qui se dégage de par sa longévité, son héritage et sa postérité. » affirme Jean-Victor.

Il nous montre la nécessité de prendre du recul historique pour comprendre les enjeux actuels : «  Ces maires ont pu initier des choses qui permettent de comprendre l’état actuel des communes. Par exemple, personne ne peut dire qui, à Montpellier, a succédé à Georges Frêche. C’est pareil à Lille où Martine Aubry a succédé à Pierre Mauroy. Elle l’a fait dans la continuité de ce que lui a initié. On peut encore dire la même chose à Bordeaux de Jacques Chaban-Delmas à qui a succédé Alain Juppé ». 

DR

Des sentinelles réhabilitées

Le titre du livre, évocateur, fait écho à l’actualité récente qui a replacé la fonction de maire sur le devant de la scène nationale. 

« Dans l’idée de sentinelle, il y a cette idée d’être sur le qui-vive, en éveil, de scruter la ville pour en voir les tendances et aussi pour se maintenir au pouvoir. Etre maire, cela demande une attention et une vigilance permanente » résume Jean-Victor. 

Dans le contexte d’actualité, le futur haut-fonctionnaire affirme que les maires ont été réhabilités comme remparts de la République. « Ils n’ont jamais eu aussi peu de moyens. Et pourtant quand il a fallu trouver des interlocuteurs, on s’est tourné vers les maires » rappelle-t-il à propos de la crise des Gilets Jaunes. En effet, Jean-Victor revient dans l’introduction de son livre, sur les 100 jours pendant lesquelles Emmanuel Macron a sillonné la France à la rencontre des élus locaux. Un périple qui leur redonne de l’importance et témoigne de la nécessité de l’échelle municipale. 

Quels enjeux à Aix ?

A Aix-en-Provence, Maryse Joinssains-Masini est maire depuis 2001. Elle se représente cette année dans la course pour la mairie. En effet, alors qu’en 2018, elle est condamnée pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts, sa peine d’inéligibilité a été annulée par la Cour de Cassation en février 2020, lui permettant de briguer un nouveau mandat. Mais, un nouveau procès devrait avoir lieu d’ici 6 à 8 mois devant la cour d’appel de Montpellier…

Jean-Victor ne semble pas avoir la réponse sur les enjeux que pose cette prochaine élection. Mais, il recentre le débat : « La vraie question est celle de l’après Joissains. Comment peut se recomposer la droite après elle ? Si elle est réélue, ce sera son dernier mandat, alors, trouvera-t-elle un successeur ? Je n’en suis pas certain. Si elle est rendue inéligible, qui va surgir pour la remplacer ? ». 

Autant de questions auxquelles les élections de dimanche nous permettront peut-être de donner une première réponse.. A vos urnes ! 

Clara Grouzis

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