Nicolas Pacheco : portrait d’un artiste complet, travailleur acharné

C’est dans le cadre du Festival de cinéma espagnol de Marseille, Cine Horizontes, que nous avons rencontré Nicolas Pacheco le 21 novembre dernier. Assis autour d’une petite table de la cafétéria du cinéma Le Prado, le réalisateur nous accorde un peu de son temps afin de répondre à nos questions. Nous découvrons un artiste à l’écoute des autres, réceptif à nos propos et par-dessus tout, engagé et passionné par le théâtre et le cinéma : portrait d’un artiste complet, travailleur acharné. 

Nicolás Pacheco est réalisateur, scénariste et possède sa société de production de films indépendants, La Tapia. Pourtant, c’est au théâtre qu’il fait ses débuts en tant que metteur en scène. C’est en réhabilitant l’association de son lycée qu’il a compris qu’il en ferait son métier. Il décide alors de quitter l’Andalousie de son enfance pour étudier à Madrid, Barcelone puis Cuba. De tous ces endroits différents et de ces formations variées, il a appris à voir la société autrement. 

Jaulas est son premier long métrage et il est le résultat de plus de huit années de travail. Présenté dans de nombreux festivals comme le Festival de cinéma européen de Séville, à Zaragoza, Valladolid ou Marseille, le film nous présente la société espagnole d’une façon que peu connaissent. 

A travers Jaulas, Nicolás Pacheco nous offre une vision critique de la politique sociale espagnole, notamment en ce qui concerne la situation de certains de ses concitoyens vivant à l’extérieur des villes. Il s’engage en mettant en lumière « les oubliés » de l’Andalousie, ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté, ceux qui sont de l’autre côté du périphérique, ceux que l’on ne voit pas. Il est vrai que Jaulas nous offre une vision de l’Andalousie plus sombre que celle que l’on lui connait, mais cela n’entache pas la fierté de Pacheco pour sa région, qu’il s’applique à représenter dans sa globalité à travers son art. 

Si le film relève du drame, certains de ses personnages ne manquent pourtant pas de fantaisie. En eux, le réalisateur nous confie qu’il place un peu de sa propre personnalité, en hommage à l’enfant rêveur et décalé qu’il était, qui se sentait souvent différent du fait d’avoir ce qu’il nous décrit comme « une sensibilité différente ».  

Nicolas Pacheco s’engage donc dans ses films et dans ses pièces de théâtre, en montrant le conditionnement que la société impose à chacun. Cependant, il lutte aussi pour donner un sens différent au cinéma et son industrie espagnole. Ses revendications sont connues de tous ceux qui se battent pour l’accessibilité de la culture et le maintien de son enseignement : plus de moyens et plus d’aides pour les jeunes artistes. Ce qui semble acquis en France est loin de l’être en Espagne et le réalisateur ne manque pas de citer plusieurs fois l’exception culturelle française comme l’exemple à suivre. 

Qu’il s’agisse de son engagement artistique ou de son militantisme culturel quasi politique, Nicolas Pacheco poursuit un seul et même objectif : celui de partager son histoire et ses expériences, de s’enrichir du récit des autres et leurs donner les moyens d’en faire de même. Il aime partager l’amour qu’il porte à son art, à un art bien fait, libre de toutes contraintes, exceptées celles qu’il s’est lui-même imposées. Pour être juste et complet, il faudrait donc ajouter à la générosité, le goût de la liberté pour définir à la fois l’homme et l’artiste, indisociables.

Camille Cantaluppi

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