La contestation s’organise à Sciences Po Aix : Pourquoi et Comment ?

Vous avez entendu parler de la Loi de Programmation Pluriannuelle de la recherche sans savoir ce que c’était vraiment ? Vous avez compris que les enseignants-chercheurs s’organisaient pour contester ? Saport’actu essaie de décrypter pour vous ce qu’il se passe, pourquoi et comment. 

Le gouvernement projette de réformer la recherche et l’enseignement supérieur. Il est prévu que la loi de programmation pluriannuelle de la recherche soit présentée au Parlement en mars 2020 pour entrer en vigueur en 2021. Les 3 groupes de travail constitués pour le projet de loi ont rendu leurs rapports en septembre 2019, soulevant les grandes lignes que devrait prendre la loi et que sont « le financement de la recherche », « l’attractivité des emplois et des carrières scientifiques », « la recherche partenariale et l’innovation ». Mais, la loi n’en est encore qu’au stade de l’élaboration : le projet n’est pas encore écrit.

Selon ces rapports, il s’agit de repositionner la France sur la scène internationale de la recherche en augmentant les financements de celle-ci et sa compétitivité. La loi aurait donc pour objectif d’adopter certaines méthodes qui sont à l’oeuvre dans d’autres pays, notamment européens. Elle aurait un réel impact sur le fonctionnement de la recherche et de l’enseignement supérieur. 

Il est notamment proposé de revaloriser la rémunération et le statut des chercheurs, doctorants et enseignants-chercheurs selon leurs compétences, de revoir la façon dont sont distribués les budgets aux organismes de recherche ou encore d’organiser différemment la répartition enseignement et recherche des enseignants-chercheurs. Un autre volet concerne « la gestion des ressources humaines » dans l’objectif de renforcer la compétitivité de la recherche. Enfin, les relations entre entreprises privées et recherche publique devraient être facilitées. 

Ces quelques idées ne sont que des aspects évoqués par les groupes de travail, qui ont rendu 3 rapports de 60 pages ! Vous pouvez aller lire les rapports des groupes de travail via ce lien, afin de vous faire une idée par vous-même. 

https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid145221/restitution-des-travaux-des-groupes-de-travail-pour-un-projet-de-loi-de-programmation-pluriannuelle-de-la-recherche.html

Néanmoins, le monde de la recherche et de l’enseignement supérieur se mobilise activement contre ce projet qu’il juge attentatoire à l’université, aussi bien pour les professeurs et chercheurs que pour les étudiants. A Sciences Po Aix, c’est notamment Ad’spo (l’association des doctorants du CHERPA, le laboratoire de Sciences Po Aix) qui se mobilise depuis la semaine dernière, distribuant des tractes, organisant des réunions voire des dispositifs de sensibilisation. 

Crédits : © Tifenn Ripoll / VOST

Une partie des enseignants de SPX dénonce plusieurs points :

  • la précarisation des chercheurs qui seraient obligés de répondre à des appels d’offre au lieu de faire les recherches qu’ils jugent intéressantes comme c’est le cas aujourd’hui
  • La précarisation des enseignants avec des contrats annuels sans cadrage national du nombre d’heures ni des salaires (contrats dits LRU)
  • La mise en concurrence des chercheurs avec la création de pôles qui regrouperaient les meilleurs d’entre eux, et par la même un renforcement des inégalités entre établissements et universités

Ainsi, samedi 8 février, durant la journée Portes Ouvertes de Sciences Po Aix, certains d’entre eux se sont habillés de noir pour sensibiliser à la « mort de l’université ». Un dispositif de sensibilisation déployé au milieu de la cour de l’espace Philippe Séguin devant l’incompréhension des parents et des enfants venus découvrir l’école. 

Crédits : © Tifenn Ripoll / VOST

L’évènement visait certainement à sensibiliser aux dangers que poseraient cette nouvelle loi. En effet, les enseignants tentent d’inclure les étudiants dans la contestation pour produire un dialogue constructif. C’est pourquoi deux réunions ont déjà été organisées à l’IEP pour informer les étudiants et décider des formes que prendrait la contestation. Si la dernière réunion, constituée en Assemblée Générale (AG), mardi dernier a ouvert le dialogue, rien n’est encore décidé quant aux prochaines actions. 

Clara Grouzis

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