Prix Mirabeau: dans les coulisses d’un concours d’éloquence

Crédits: Comité Mirabeau

Mercredi et Jeudi derniers a eu lieu le Prix Mirabeau à Saint Germain en Laye où des orateurs de tous les IEP se sont affrontés par le moyen des mots. La dixième édition de ce concours d’éloquence est l’occasion de traverser les rideaux afin de se plonger dans les coulisses de notre délégation aixoise.

Départ aux premières lueurs du jour pour le groupe d’orateurs aixois ! Mercredi 22 janvier à 8h30, Léo Sehr, Quentin Bétrancourt-Couaillet, Aloé Guichard accompagnés de Florence Kbaier et Julie Fuentez partaient de la gare d’Aix direction Paris. Toutes et tous reçus sur place par des élèves de l’IEP de Saint Germain, l’aventure peut commencer. Seulement, un concours d’éloquence se prépare en amont. Un mois avant, les sujets tombent : Quentin et Aloé doivent défendre à la positive « Les rêves donnent-ils du travail » tandis que Léo cherche à convaincre par la négative « Vouloir être de son temps, c’est déjà être dépassé ». Chacun a sa manière propre de préparer son discours. Si Quentin se fonde sur la méthodologie de la dissertation, Aloé construit sa réflexion au feeling avec les éléments qui l’entourent. De son côté Léo profite des débats notamment dans ses repas de famille pour s’exercer à l’exercice de la joute verbale. Ils ont cependant tous en commun d’user des subtilités de la langue française pour parvenir à construire un discours éloquent.

« Il fait froid sa mère » aurait prononcé Léo en arrivant à Paris. Toutefois, pas le temps de regretter le climat aixois pour le groupe puisqu’ils sont attendus à Saint Germain en Laye pour leur prestation. C’est au sein d’une impressionnante salle de théâtre bleue que débarque les cinq compères. « La salle est magnifique mais émotionnellement c’est trop » commente Léo. Ainsi, les candidats doivent prononcer leur discours devant près de 700 personnes présentes dont le jury présidé par l’ancien Président de l’Assemblée Claude Bartolone.

Claude Bartolone, ancien Président de l’Assemblée Nationale, et le reste du jury. Crédits: Comité Mirabeau
Entre répétitions et stress …

Rapidement, le stress monte. Mais « du bon stress ! » pour Aloé. « J’avais commencé à stresser depuis le Mardi soir » confie Léo. De son côté Quentin se montre plutôt hermétique au stress. Chaque IEP bénéficie ainsi d’une session 10 à 15 minutes pour répéter au calme. Le reste du temps, Aloé, Quentin et Léo doivent se contenter de travailler leur préparation dans des loges partagés. Les étudiants venant de Lyon cohabitent alors avec eux dans la même loge. Si les Aixois se sont bien entendus avec les Lyonnais et les Bretons, une véritable « guerre » contre Grenoble a pris place. Au delà d’avoir volé les petits fours mis à disposition des Aixois, les Grenoblois sont tout simplement leurs concurrents directs. « La concurrence était impressionnante » selon Aloé. Et Julie de constater que chaque IEP a de manière implicite une certaine spécificité. L’usage de l’imitation pour les uns, les jeux de langage pour les autres, c’est dans la « profondeur des mots » qu’Aix se démarque.

Et quand s’approche le moment fatidique de monter sur scène, le stress culmine à son plus haut point. Dans les coulisses, chacun révise une dernière fois. Vient ensuite l’heure d’avancer sur la scène vers le pupitre. Unanimement, les Aixois témoignent d’une disparition du stress à ce moment là. Pour Léo, plus de retour en arrière possible: « C’est trop tard, il faut passer« . Au premier rang, Julie et Florence ne se gênent pas pour faire le bruit des cigales dans l’objectif de soutenir leurs camarades. Puis, désormais bien installé derrière leur pupitre et après une léger exercice de respiration, les premiers mots résonnent. 4 minutes et 30 secondes plus tard, la conclusion s’achève. Selon Quentin, « les derniers mots sont les plus importants car ce sont ceux qui restent dans les esprits« .

L’heure du bilan

Avec du recul, chacun énumère les aspects positifs et négatifs de leurs prestations. Si l’humour ou le style d’écriture font la force de Quentin, Aloé capitalise sur une bonne maîtrise de sa voix et de son sujet. Tandis que Léo brille grâce au langage corporel et une rhétorique tautologique (le fait d’exprimer la même chose sous différents angles). Néanmoins, il considère avoir souffert face à un sujet inapproprié pour une joute et a été perturbé par le monde présent. Selon lui, « parler devant 150 personne dans l’amphi Cassin et parler devant l’ancien Président de l’Assemblée Nationale, c’est pas le même stress, la même émotion« . Aloé pointe quant à elle son langage corporel comme point négatif alors que Quentin évoque le manque de rythme et d’interaction avec le public.

Maintenant, si les Aixois n’ont pas réussi à accéder à la finale, cela ne les a pas empêché de profiter d’un restaurant aux frais du Prix Mirabeau ou d’une soirée sur une péniche. L’occasion pour la délégation de découvrir les étudiants des autres IEP. Ces mêmes concurrents qu’ils pourront retrouver lors d’autres événements inter-sciences po comme Artefact ou le CRIT.

Garis Gentet

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s