Atelier de l’OMAF : « Ce n’est pas un cours de danse, c’est un partage culturel »

Le mercredi 6 novembre, de 12h à 14h, l’Observatoire des Mondes Africains (OMAF), l’association de SPX qui vise à faciliter la compréhension des enjeux géopolitiques du continent africain et à promouvoir les cultures africaines, a organisé un atelier intitulé « Initiation aux danses africaines« , en SAP206. Cet atelier s’inscrivait dans le cadre de la Semaine Internationale organisée par Alain Ternationale, l’asso Internationale de Sciences Po Aix.

Nous avons participé, pour vous, à cette rencontre avec le danseur ivoiro-français Ibrahima Koné de la Compagnie Décalé Koné.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, nous avons demandé à Mathilde, trésorière de l’OMAF, de nous éclairer sur les origines de cet atelier.

« La danse est apparue comme une évidence » – Mathilde

Pourquoi l’OMAF a-t-il choisi d’organiser un atelier de danse afin de découvrir une culture africaine ? Tout d’abord, il fallait un atelier en accord avec le premier cycle de l’année qu’ils organisent intitulé « art et culture ». A partir de cet impératif, »la danse est apparue comme une évidence« , explique Mathilde. « Ce n’est pas uniquement un concert, c’est plus concret, puisque cela permet de faire participer les gens et d’aborder un certain savoir-faire. » De plus, comme Sciences Po Aix présente de nombreuses associations de danse (Contemporaine, Hip Hop, Orientale, Rock…), la danse est une valeur sûre pour intéresser les étudiants !

Dans leur recherche de compagnies de danses africaines à Aix, la politique d’Ibrahima Koné et de sa compagnie Decale Kone ont totalement conquis l’OMAF. Il ne proposait pas uniquement un cours mais une véritable découverte d’une culture africaine. Les étudiants participent à une immersion dans l’histoire africaine : l’atelier va au delà de la simple pratique, du savoir-faire. De plus, celui-ci se conclut par un échange où les participants peuvent poser leurs questions, approfondissant cette découverte. Enfin, cela fait une vingtaine d’année que Monsieur Kone enseigne les danses africaines en France, il organise des ateliers avec de nombreux publics, tels que des mineurs en prison, des jeunes en situation de handicap, des élèves de primaire… Il a donc une véritable expérience d’élaboration d’ateliers pour des jeunes de tous les horizons.

Un moment d’échange à la fin de l’atelier et, à l’arrière, le Djembé
Crédits Photos : OMAF

Il n’existe pas de cours de « danse africaine ». -Ibrahima Kone

Mr. Koné tient à mettre les points sur les i, concernant quelque chose qui sonne « comme une pointe dans ses oreilles quand il l’entend » : il n’existe pas une unique danse africaine. Ici, il va nous apprendre une certaine danse de Guinée, par exemple. L’Afrique, en effet, est composée de 54 Etats, et chacun possède une multitude d’ethnies. En Côte d’Ivoire, par exemple, il existe 62 ethnies, et chacune possède plus d’une cinquantaine de danses ! Même si certains pas peuvent se retrouver entre danses, elles sont toutes différentes puisque porteuses d’une certaine tradition. En danses africaines, l’important n’est donc pas l’esthétique, mais le ou les messages véhiculés dans la danse, qui se transmettent de générations en générations. « Ce n’est pas le Conservatoire, je ne vais pas vous demander de calquer un mouvement ! C’est vous qui apprécierez la beauté de votre mouvement, c’est à vous de vous valoriser. », encourage Ibrahima Koné.

Avant de danser, il rappelle une autre donnée très importante : il existe beaucoup de clichés concernant les danses africaines : qu’elles sont violentes, très physiques… Néanmoins, « l’important, c’est la santé« , affirme-t-il : il faut sentir ses limites et, dans tous les mouvements, même très énergiques, savoir s’écouter, être indulgent avec sois-même, en toute liberté.

« Avant de venir je ne savais pas quelle danse vous proposer, mais là en vous voyant, je sais » -Ibrahima Koné

Après ces paroles rassurantes, l’atelier peut commencer. Ibrahima Koné nous explique qu’en nous observant l’idée lui est venue de nous apprendre quelques mouvements de danse de Manjanis : des jeunes filles de 7 à 14 ans qui, en Guinée, représentent leur village et leur culture dans les compétitions de danse entre villages. Au delà d’une danse énergique et d’intimidation, c’est donc une danse de responsabilités. Chacune des participantes (car malheureusement il n’y avait que des filles parmi la quinzaine de personnes présentes à l’atelier…) peut se lâcher, en suivant les mouvements de Ibrahima Koné et le rythme du Djembé, et… cela fait un bien fou.

Un atelier de danses africaines dans la bonne humeur avec Ibrahima Kone
Crédits Photos : OMAF

Cet atelier a été très riche, humainement, culturellement, ponctué par des apprentissages passionnants sur des aspect des cultures africaines. Si vous souhaitez découvrir ou approfondir ces enseignements, l’OMAF organise le jeudi 14 novembre à 13h en SAP206 une conférence animée par Ibrahima Kone sur « la véritable place des danses africaines dans les populations africaines« . See you there !

Eléonore Servantie

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