Le début d’une aventure pharaonique…

Ça peut sembler un cliché, une image éternellement évoquée, mais le voyage en taxi de l’aéroport jusqu’au cœur de cette ville gigantesque et inconnue restera très fortement gravée dans mes souvenirs du Caire.

Le taxi se faufilant entre les six autres lignes de voitures sur une route qui en est faite pour en tenir trois, vitres ouvertes laissant passer les odeurs de pétrole, de pollution et une chaleur écrasante, le chauffeur est étonné d’apprendre que nous resterons un an dans sa ville. Il nous prendra bien sûr plus que double du prix que cela devrait coûter, mais avec nos quatre valises on s’en tape un peu, il faut arriver à destination. La ceinture de sécurité est coincée entre les sièges, donc impossible de s’attacher dans une voiture qui va beaucoup trop vite mais en fait ça ne me dérange pas du tout, comme si les dangers de la route que j’ai appris par cœur en France (ayant enfin réussi mon code cet été) ne pouvait pas m’atteindre ici dans cette terre lointaine. C’est faux, complètement faux, parce que l’Égypte a un taux d’accidents de la route énorme et on voit tous les jours des accidents de tuk-tuk en bas de chez nous, mais bon, on arrive à oublier ces dangers-là, parce qu’il y a plein d’autres choses à voir… 



Vue depuis la Pension Roma… la pollution se voit clairement à l’œil nu ! 

Le bruit et la saleté du Caire

J’ai toujours vécu à la campagne, au milieu des vignes dans la mignonne petite région du Languedoc Roussillon (Biterroise de cœur), et donc faire le choix de m’installer pour dix mois dans une des villes les plus grandes et polluées du monde n’a pas été évident. Alors que j’ai été très bien briefée avant mon départ j’ai surtout été très frappée par la saleté dans les rues. Mais maintenant, après trois semaines au Caire, ça ne me dérange pas du tout. Ça ne m’étonne même plus. On arrive en fait à passer outre tout ça, c’est pareil pour les bruits de klaxons et fantaisies sonores improbables des voitures et taxis : ça ne cesse presque jamais, mais on ne les remarque plus. 

Pendant nos premiers jours, avant de trouver un appartement, nous sommes restés à la Pension Roma, une institution apparemment pour tout voyageur étranger s’apprêtant à découvrir le Caire. Situé à Downtown, donc en pleine cœur de la ville, c’est un hôtel très simple mais qui donne une ambiance du temps des mythiques égyptologues du XIXe siècle. La première nuit a pourtant été difficile : n’ayant pas prévu assez d’eau, je me suis réveillée assoiffée avec seulement une petite bouteille achetée dans un Felfela et qui était en fait de l’eau du robinet… L’eau du robinet en Égypte, comme dans quasiment tout le Moyen-Orient, est absolument imbuvable pour les étrangers. Ça serait suicidaire d’en boire un verre ! 

La nourriture

Il faut aussi du temps pour s’adapter à la nourriture, parce que les Taameya (sortes de falafels mais avec les haricots « foul » égyptiens au lieu de pois chiches) sont très bons. Par contre, mission impossible lorsqu’il s’agit de trouver de la viande qui inspire confiance… Peut-être c’est parce que je suis un peu obsédée par l’hygiène alimentaire, mais je suis quasiment devenue végétarienne depuis mon arrivée. Difficile aussi à avoir du choix dans les supermarchés. Nous avons été très surpris en découvrant que tout était vendu dans des sachets minuscules, le café soluble étant par exemple dans des sachets uniques pour une tasse ! Mais en fait, c’est pas si dramatique que ça parce que nous avons appris très vite que la nourriture en Égypte s’achète dans les marchés et petits magasins spécialisés : la boulangerie dans notre rue est délicieuse, avec du pain et des sucreries frais à toute heure de la journée, un petit magasin de fruits et légumes nous permet d’avoir une alimentation (plus ou moins) équilibrée. Il ne faut pas oublier les centaines de stand de jus de fruits qui s’adaptent aux fruits du moment. Un jus de mangue frais fait oublier toute mésaventure (surtout lorsqu’il ne coûte que 80 centimes !). 

Le parc Al-Azhar

Ne pouvant pas encore parler un arabe égyptien compréhensible, nous communiquons beaucoup en anglais. Mais je sens que je suis en train de développer un « broken english » très prononcé (alors que l’anglais est ma langue maternelle !), au fur et à mesure des discussions avec les chauffeurs de taxi et employés de magasins. 

Une blanche aux cheveux blonds

On m’avait aussi mis en garde contre l’attention que j’allais peut être susciter dans la rue avec mes cheveux blonds, mes yeux bleus et ma peau blanche d’anglaise (qui d’ailleurs a beaucoup soufferte après avoir touché au liquide vaisselle et ayant développé une bonne petite dermatite de contact aïïeee). J’appréhendais un peu cela, mais ce sont au pire des regards un peu insistants, et les « hello, what is your name ? » « you are beautiful ! » des petits écoliers qui sont complètements inoffensifs voire plutôt mignons. Un enfant portant un plateau énorme de pain frais s’est mis un jour à faire le chemin avec nous et après avoir appris que nous étions français, il s’est mis à citer tous les joueurs de foot français qu’il connaissait. Il aurait continué longtemps si nos chemins ne s’étaient pas séparés ! Mohamed Salah de Liverpool FC est aussi une grand icône ici : nous avons une magnifique vue de sa tête peinte en grand chaque fois que nous nous posons sur notre terrasse. 

Il me reste encore plein de choses à voir et à apprendre (espérons l’arabe un peu quand même, ça serait utile !!) mais je sais déjà en quoi cette nouvelle vie exaltante, passionnante et extrêmement fatigante va changer mon ancienne vie de campagne. Et c’est plutôt cool de pouvoir vivre l’opposé complet de ce qu’on connait… à voir à la fin de l’année ce que ça donne ! 

Edie Bridge

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