Voyage humanitaire à Bali : entre rêve et réalité


Cet été, du 5 juillet au 3 août, j’ai effectué un voyage humanitaire à 12 000 km des côtes françaises, sur une île indonésienne. Retour sur cette aventure extraordinaire, entre rêve et désillusion.


Quitter le confort occidental

J’avais tant envie de quitter l’Occident. Quitter ce confort de vie, où je possède un accès presqu’immédiat à tous mes besoins et envies. Me mettre en difficulté, me retrouver dans des situations que je n’aurais jamais connues si je ne m’aventurais pas au delà des frontières européennes.

Ainsi, nous avons décidé, avec 3 amies, de partir avec l’organisme humanitaire WEP (World Éducation Program). Notre mission consistait en l’enseignement de l’anglais à des élèves de primaire, deux heures par jour, en échange de quoi WEP nous logeait et nous nourrissait pendant trois semaines.

Arrivées à Bali, après quelques difficultés concernant le Visa, papier que WEP ne nous avait pas indiqué comme nécessaire, nous arrivons à Penestanan, où nous dormirons 3 semaines, à une dizaine de minutes d’Ubud, le centre touristique balinais.

Là-bas, nous mettons un point d’honneur à ne pas loger dans une grande chaîne d’hôtels touristiques. Nous logeons chez l’habitant, dans une petite maison au sein d’une demeure familiale qui en contient environ 5, disposées autour du temple, et logeant une famille, des arrière-grands-parents aux arrière-petits-enfants. En effet, à Bali, tous les membres de la famille vivent sous le même toit, avec leurs deux ou trois chiens, quatre coqs et trois poules minimum.


S’ouvrir à l’inconnu

Crédits Photo : Pauline Berger

Nous partageons notre « maison des volontaires » à seize : quatre françaises, six italiennes, une américaine, deux allemandes et trois néerlandaises. La différence culturelle entre l’Occident et Bali est immense, les situations rocambolesques à partager ne manquent pas.
C’est dépaysant, comme cette soirée à manger du thon sur la plage, les étoiles et la pleine lune nous éclairant, sans personne à des kilomètres, sauf les trois balinais qui font griller le poisson au feu de bois sous nos yeux. Ou en haut du Mont Batur, après deux heures d’ascension dans la nuit noire, quand nous avons eu la chance d’être les spectatrices du lever du soleil balinais, et quand nous avons croisé des singes sauvages en redescendant la montagne.

Ainsi, nous avons choisi de partir à 4, mais la grande majorité des volontaires sont venus seuls. Au moment de monter dans l’avion s’envolant pour le bout du monde, je pensais que cela devait être compliqué de ne pas avoir quelqu’un avec qui partager le stress du départ. En fin de compte, je pense que si je devais refaire un voyage de ce genre, je partirai seule, ou à 2 maximum, car voyager seul(e) oblige à faire plus d’efforts pour se sociabiliser, alors qu’à quatre, nous avons eu tendance à faire bande à part au début du séjour au moins, par facilité.

Le bénévolat auprès des enfants

A l’école primaire située à Tegalalang, nous nous occupons de seize enfants, entre neuf et dix ans. On leur apprend à se présenter en anglais, du vocabulaire de base comme les éléments du paysage, les aliments ou encore les métiers. 

Nous étions pourtant parties pleine d’ambition, désirant baser nos cours sur l’éducation à la tolérance, au respect, aux valeurs d’égalité, et même de conscience écologique. Malheureusement, leur niveau d’anglais très faible, et nos compétences en bahasa (la langue parlée à Bali) complètement inexistantes, ont fait que nous avons dû nous limiter à des sujets basiques. En effet, impossible de parler de tolérance sans dialoguer avec les enfants…

En revanche, nos différences culturelles et la difficulté à échanger, n’ont pas empêché que l’on s’attache réellement aux enfants. Même sans pouvoir communiquer, nous avons appris à les connaître et à adapter notre attitude en fonction de chacun.

Crédits Photo : Pauline Berger

L’école étant pourtant obligatoire, nous avons croisé beaucoup d’enfants qui n’avaient pas la chance d’y être inscrits, notamment dans les villages pauvres comme Penestanan. Les élèves que nous avons rencontrés ont conscience de la chance qu’ils ont d’aller à l’école, et cela se ressentait réellement pendant les cours à travers leur enthousiasme à apprendre.

L’envers du décor

Que vous vient directement en tête quand on vous parle de Bali ? Des plages de sable blanc interminables, une ambiance propice à la fête, aux rencontres, des locaux accueillants par leur grande simplicité, un paradis sur terre en général.

Cependant, à la lisière des forêts, des montagnes de déchets s’amassent. Les enfants s’y amusent, pieds nus, un grand sourire éclairant leur visage, car ils n’ont pas idée de l’ampleur du désastre écologique que représente la pollution plastique à Bali. 

Il suffit de tourner la tête pour comprendre pourquoi l’Indonésie est classé deuxième pays dans la liste des pays qui rejettent le plus de plastique dans les océans, après la Chine. Là-bas, pas de poubelles dans les rues. Les guides balinais jettent leur bouteille en plastique dans la nature alors qu’ils sont en train de nous en faire découvrir les paysages les plus grandioses. Mais comment leur en vouloir alors que le salaire moyen mensuel d’un balinais à Denpasar, la capitale, est d’à peine 175€ ? La pauvreté oblige à se concentrer sur les besoins primaires…

Ce n’est pas enlever de sa beauté à Bali que d’en évoquer et d’en montrer l’envers du décor. Il faut avoir conscience des progrès écologiques et économiques qui pourraient être réalisés à Bali, de la sensibilisation à ces problématiques indispensable là-bas.

Nous tenons notre part de responsabilité. L’Occident, en effet, se débarrasse d’une grande partie de ses déchets en les envoyant aux pays en développement notamment d’Asie du Sud-Est, eux-mêmes ne possédant pas les ressources pour les traiter de manière appropriée. Ceux-ci atterrissent dès lors dans les océans puis déferlent sur les plages.

 » don’t live for your presence to be noticed, but for your absence to be felt », a dit Bob Marley. L’économie alimentée par le tourisme permet d’offrir des milliers d’emplois aux balinais et donc à l’île de vivre, et l’aide humanitaire pourvue par des organisations tel que WEP ne peut être que bénéfique. Ces deux éléments ne doivent donc pas disparaître. En revanche, la présence de l’Occident ne devrait, selon moi, pas y apparaître à travers ses déchets qui détruisent la nature balinaise.


Pauline Berger




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