Stage’Portactu #2 : 1 mois et demi au sein d’une ONG au Maroc

Cet été, j’avais envie de changer d’air et le stage obligatoire de 6 semaines était la meilleure excuse pour partir à l’étranger. Attachée à la culture arabo-musulmane et sensible aux grands problèmes contemporains, j’étais à la recherche d’un secteur dynamique où faire mon stage, dans lequel je pourrais me rendre utile. 

Après quelques entretiens, j’eus l’opportunité de partir au Maroc et plus précisément à Casablanca en tant que stagiaire au sein d’EMA, Enfance Maghreb Avenir, une ONG de solidarité internationale qui opère dans les écoles publiques marocaines des quartiers défavorisés du Grand Casablanca. Réaliser un stage au sein d’une ONG m’apparaissait comme une chance à ne pas laisser passer. Je souhaitais découvrir, en interne, ce qui se cachait derrière ce terme ; comment les actions étaient menées sur le terrain ainsi que toute la partie administrative et juridique de l’association. 

Période du stage : 1er juillet au 10 août 2019
Organisme : Enfance Maghreb Avenir, association située à Casablanca (Maroc) 
Missions : visite des chantiers, rédaction  des comptes rendus officiels pour le ministère de l'éducation, prise en charge totale d'un projet d'accompagnement 
Entrée du terrain de sport de l’école Ouled Cheikh

Lorsque j’arrive le 1er juillet à l’aéroport Mohammed V de Casablanca, c’est Najate Limet, la présidente de l’association qui m’accueille chez elle. Dès le lendemain matin, nous voilà parties sur les chantiers. Dans la voiture, elle m’explique que le système éducatif marocain est en danger. Les écoles publiques marocaines sont délaissées par les classes aisées et tombent en ruines année après année ; les écoles sont délabrées et certaines privées du réseau d’assainissement, d’eau et d’électricité, les classes sont en sureffectifs, l’abandon scolaire ne cesse d’augmenter, les communes rurales ne sont pas couvertes par l’enseignement secondaire collégial, le manque d’enseignants est préoccupant… 

À la vue des écoles, je n’en reviens pas. Comment est-ce que les pouvoirs publics peuvent-ils fermer les yeux à ce point là ? Une des écoles m’a particulièrement touchée : Ouled Cheikh, dans la commune de Bouskoura. Les classes en préfabriqué se délitent, les plafonds sont gonflés d’eau par le manque d’étanchéité, l’amiante (isolant cancérigène interdit en France depuis les années 90) s’éparpille dans les salles de classe, le matériel pédagogique est vieilli et seulement deux sanitaires servent les 800 élèves qu’accueille l’établissement. C’est en me rendant sur place que je vois l’importance du travail de l’association. Sur cet école, le projet s’étale sur plusieurs années : construction de sanitaires, rénovation de la cour, construction de nouvelles salles de classe…

Portes décorées des salles de classe

Au fil de mes discussions avec Najate, je prends conscience de l’importance de l’éducation dans une société et elle me rappelle que « l’école est un droit et non un privilège ». Chaque enfant a le droit de se rendre à l’école tous les jours pour étudier dans des conditions décentes. Il faut rendre leur dignité à ces enfants, la plupart issus des bidonvilles, des banlieues avoisinant Casablanca. 

Plafonds gonflés par le manque d’étanchéité libérant de l’amiante toxique pour les élèves

Au cours de mon stage, j’ai donc assisté Najate sur tous les chantiers, pu voir l’évolution de chacun d’eux, au cours de mes 6 semaines de stage. L’association pérennise ses actions avec des projets d’accompagnement. L’opération « Bouquiner au Maroc » m’a été confiée. Le principe est simple ; des coffres remplis de livres sont offerts aux écoles pour chaque niveau. L’objectif est de sensibiliser les élèves à la lecture et leur donner accès au savoir. Au Maroc, le livre est symbolique, à caractère sacré. Mon travail a été d’inventorier les coffres de toutes les écoles et de les remplir avec de nouveaux livres si besoin. J’ai également pu prendre part à des rendez-vous avec des grands groupes comme Vinci ou Colas afin de conclure des partenariats pour le financement de projets. On m’a également demandé de faire un rapport suite à ma rencontre avec la commission du Ministère de la Santé pour un futur projet de santé scolaire dans la région. 

Au final, j’ai pu toucher à tous les domaines et voir le fonctionnement de l’ONG dans son ensemble. 

Deux sanitaires bouchés pour 800 élèves

Ce stage fut une expérience incroyable pour moi. J’ai eu l’occasion de découvrir le Maroc autrement : un pays en développement, plein de contradictions, mais où les gens qui ont si peu nous parle avec le cœur. J’ai vu la misère des bidonvilles et ai échangé avec beaucoup de marocains. Qu’ils soient ouvriers sur les chantiers, employés dans une grosse compagnie, artistes peintres, photographes, ou bénévoles, chacun m’a fait découvrir une facette de son pays. 

Point positif : je n’ai plus envie de rentrer en France.

Léa Rigaud

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