WWOOFing en Ecosse, voyager autrement

Le wwoofing. Cela ne vous dit peut-être rien mais cela va devenir votre meilleur ami si vous aussi vous faites partie des étudiants qui rêveraient d’explorer les quatre coins du monde mais qui sont vite rattrapés par leurs banquiers (on connait le dicton, « une pinte par ci, une soirée par là ; vive les pâtes dès le 10 du mois »).

WWOOFing, késako?

WWOOF est l’abréviation de World Wild Opportunities in Organic Farms. En résumé, ça consiste à travailler gratuitement dans des fermes bio n’importe où dans le monde, et d’être logé(e)/nourri(e) en contrepartie. Pour ma part je vais vous parler d’un cas particulier de woofing puisque j’ai utilisé la plateforme Workaway.com qui permet de travailler dans des domaines plus divers (faire la cuisine, jardiner, aider dans l’informatique, enseigner dans une école etc…). J’ai donc embarqué pour une aventure dans un hôtel perdu sur une île écossaise qui m’as permis, grâce au salaire versé par l’hôte, de rembourser complètement mon voyage, tout en m’imprégnant au maximum de la culture de ce pays gratuitement pendant un mois.

L’organisme qui m’a mise en relation avec ma patronne est payant puisqu’il faut avancer 36€ pour un an d’abonnement. Ça peut paraître beaucoup mais au final le coût est plutôt dérisoire puisque, contrairement au Woofing classique, pas besoin de régler une inscription différente par pays. Or il y a des offres sur tous les continents (dans environ 150 pays) et vu les endroits époustouflants que vous pourrez ensuite découvrir et les économies que vous réaliserez pendant vos voyages, les frais d’inscriptions seront vite rentabilisés. De plus on peut postuler à autant d’offres que voulues (avec 38 000 offres différentes) plusieurs fois dans la même année ; ce qui permet donc de multiplier ses possibilités pour voyager à bas coût.

Mon expérience

Durée du volontariat : 4 semaines
Période du volontariat : du 29 mai au 28 juin 2019

Lieu du volontariat

L’hôtel dans lequel j’ai été employée est le « Dunard Hostel », qui se situe à Caseltbay sur l’ile de Barra en Ecosse. C’est une île tout au sud de l’archipel des Hébrides extérieures qui est notamment connu pour son aéroport où les avions atterrissent sur une plage. Malgré le fait qu’elle ne fasse que 30km de circonférence c’est une petite merveille naturelle. Totalement coupée de la civilisation, les côtes ne sont qu’un enchainement de magnifiques plages de sable blanc à l’eau turquoise digne des Caraïbes – tant que tu n’y trempes pas un orteil– et de champs désertés par tous, à l’exception de quelques moutons, qui font le paradis des golfeurs.

Crédits photo : Luana Le Stir

Déroulé d’une journée de travail 

Je m’occupais de l’hôtel pendant 4 à 5h par jour, chaque matin. J’avais 3 grandes missions : faire le ménage des pièces communes (salles de bains, cuisines, salons, …), m’occuper des check-in/check-out et faire la lessive des draps dans les chambres. J’avais en général un jour « off » par semaine qui n’était pas forcément le dimanche puisque l’hôtel à besoin de travailleurs en continu. En dehors de ça toutes mes après-midis étaient libres. 

Activités réalisées en dehors du travail 

J’ai eu de la chance puisque les propriétaires de mon hôtel géraient aussi un groupe de tourisme sportif. J’ai donc eu un accès, totalement gratuitement, à des vélos, des kayaks et même des planches de surfs – avec, bien sûr, les combinaisons allant avec (l’eau est beaucoup plus froide, si proche du Groenland). J’étais plutôt libre dans mes mouvements donc je pouvais aussi simplement rester à l’hôtel pour profiter à ma guise du temps dont je disposais (en rattrapant le retard pris dans mes séries pendant les partiels, par exemple).

Les échanges avec les locaux

Comme tu vis chez l’habitant c’est le meilleur moyen de faire des rencontres, de découvrir une nouvelle culture et de progresser dans la langue locale. Cet échange de services comporte de nombreux avantages, car il permet de découvrir des endroits insolites avec des locaux qui pourront vous faire découvrir tous les recoins secrets d’une ville. En plus de cela, ayant travaillé dans un hôtel, je pouvais discuter chaque jour avec des personnes différentes qui venaient de tous les horizons ; et ainsi profiter d’un partage de cultures mais également d’expériences de « globe trotters ».

Les conditions d’hébergement 

J’étais logée dans une cabane privatisée juste derrière l’hôtel. A l’intérieur j’avais tout le confort nécessaire soit un lit double, une petite cuisine et du rangement pour mes affaires. Les douche et toilettes étaient dans le bâtiment principal que je pouvais rejoindre simplement en traversant le jardin. Dans l’hôtel en lui-même j’avais le droit d’utiliser tous les équipements dont disposaient les clients « normaux », cela gratuitement. Wifi, laverie, salle commune avec livres et jeux de sociétés, et même un accès à la grande cuisine où je pouvais utiliser les fours et autres ustensiles de cuisine plus élaborés.  

Le(s) point(s) fort(s) de mon expérience

Sans aucun doute, le contexte géographique. L’île sur laquelle j’ai échouée, plutôt par hasard pour être honnête, s’est avérée sublime. Je ne compte même plus le nombre de balades sur les plages totalement désertes ou les magnifiques couchers de soleil sur les collines. Chaque paysage sur place était à en faire baver les plus grands photographes. En plus de ça l’île était très sauvage et j’ai donc pu observer des animaux atypiques dans leur habitat naturel de très proche, comme des loutres ou des phoques.

Le deuxième point positif est la liberté de mouvement. En dehors de mes heures de travail je n’avais aucune réelle contrainte. Je pouvais faire exactement ce que je voulais, quand je le voulais – tant que je rentrais à l’heure pour travailler. Même de ce côté, mes patrons m’ont très vite donné de l’autonomie (dès le deuxième jour en réalité) et je me suis rapidement retrouvée en pause-café à discuter avec des marcheurs sans vraiment faire attention à mon travail. J’avais des responsabilités mais sans la pression d’un travail « classique ».

Crédits photo : Luana Le Stir

Le(s) point(s) faible(s) de mon expérience

J’ai d’abord été un peu déçue par le contact humain avec la propriétaire. Katie était rarement sur place, je ne m’y attendais pas. De ce fait, je n’ai pas vraiment eu le temps de créer de réelles affinités avec elle. Heureusement, à côté de ça, l’ambiance était bonne avec les autres travailleurs – tous des locaux – et les différentes personnes qui dormaient à l’hôtel.

Un deuxième aspect négatif a vite été la solitude. Même si je savais dans quoi je mettais les pieds, je ne m’attendais pas à ce qu’elle pèse autant dans la balance. Étant dans un pays où la langue est différente, les discussions peuvent rapidement perdre en fluidité ; et les voyageurs ne restant rarement plus d’une nuit certains après-midi coupées du monde ont pu être compliqués à gérer. Je conseille donc à toute personne voulant tenter l’expériences de choisir une ville plus animée, ou les rencontres humaines sont plus faciles, si vous décidez de partir seul(e). Une autre option est de partir en duo – une majorité d’hôtes préfèrent même que les personnes ne viennent pas seules pour éviter qu’elles s’ennuient.

En bref : quelques conseils pour ceux qui voudraient se lancer

Il peut arriver que l’échange se passe mal avec certains hôtes, ou que l’environnement ne vous convienne pas. Dans ce cas il ne faut pas hésiter à partir explorer d’autres horizons. Le travail étant souvent rémunéré en liquide, pas d’obligation de rester. Personnellement je suis partie 3 jours plus tôt que convenu pour explorer Édimbourg et aucun contrat ne m’en a empêché !

Si vous partez pour la langue, partez seuls. C’est le meilleur moyen de faire de vrais progrès. Même si vous avez un caractère plutôt asociale à l’origine – comme c’était mon cas – vous viendrez rapidement à parler avec les personnes qui vous entoure pour combattre la solitude.

Si vous voulez une offre ou vous serez payés, renseignez-vous d’abord sur le nombre de WWOOFers qu’il y aura en même temps que vous : s’ils sont déjà trop nombreux les proprios risquent de ne chercher que de la main-d’œuvre gratuite.

Luana Le Stir

Une réflexion sur “WWOOFing en Ecosse, voyager autrement

  1. Pingback: Woofing en Irlande : un dépaysement total | Saport'actu

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