Michigan « Les Américains ont définitivement le goût de la démesure ! »

Après cette première vague de partiel, Mélissa revient pour te donner des nouvelles de nos Aixpats ! Sans plus tarder Mélissa laisse la parole à deux Aixpats d’exception : Elsa Bouterin et Valentin Vivant.

Elsa : 24 août 2018, 8h du matin, c’est le grand départ. La 3A, c’est plus demain (tout le monde comprendra cette référence, obviously). La 3A, c’est maintenant. Mais ce séjour, on s’y est préparé bien à l’avance. Notre affectation, on la connait depuis décembre. Le 1er semestre s’effectuera aux États-Unis, au sein de l’Université du Michigan (oui oui celle dont on vous parle lors des réunions pré-3A pour vous dire qu’on ne rigole pas avec l’IELTS). Et ceci aux côtés du one and only Valentin Vivant (don’t worry, il fait son apparition dans quelques lignes, mais comme toute célébrité qui se respecte, il sait se faire attendre). A nous deux, nous formons la Michicoloc. Et ensemble, nous sommes partis à la recherche du rêve américain.

Guide de survie en terres américaines

Elsa : Réputée comme étant l’une des meilleures universités publiques des États-Unis, l’Université du Michigan a de quoi faire rêver, autant sur le papier que dans la réalité. Mais vivre l’American Dream, ça se mérite ! Du coup, voici quelques règles à suivre à la lettre pour un voyage outre-Atlantique, si ce n’est réussi, tout du moins réalisable :

  • Assidument le dossier de candidature tu rempliras, ton cœur, ton âme, ton compte en banque, tu y mettras ;
  • Munis de ton plus beau sourire une visite à ton banquier tu rendras, afin qu’il certifie à l’immigration que tu as les moyens de survivre chez l’Oncle Sam ;
  • Le yoga tout autant que le cross-fit tu pratiqueras, afin de sortir indemne des démarches administratives nécessaires à l’obtention de ton visa (aka le Saint Graal);
  • Bien accroché ton cœur sera, car face au prix de l’immobilier et de l’assurance maladie, des mini crises cardiaques régulièrement tu feras ;
  • Avec une balance et tes valises tu te battras (ça c’est seulement si tu ne veux pas te battre avec un monsieur aigri à l’aéroport, et je t’assure, tu n’en as pas envie).

Dans l’avion, tous ces efforts deviennent insignifiants. L’aventure commence maintenant et elle en vaut largement la peine !

Quand le rêve devient réalité

Valentin : Quelle fantastique entrée en matière ! En effet, partir étudier aux États-Unis ça se mérite, et à raison. C’est en découvrant le campus de l’Université que l’on comprend ce que signifie réellement l’American Dream. Outre sa taille phénoménale (il rassemble près de 70 000 étudiants et membres du personnel sur plus de 80 km2), ce dernier se caractérise par son architecture imposante d’inspiration grecque et sa configuration centrée sur le bien-être de l’étudiant.

L’Université met tout en œuvre pour offrir à l’ensemble de sa communauté un environnement et une qualité de vie exceptionnels. Parce que l’optimisation est un maître-mot, le campus a été conçu pour que tout soit facilement et rapidement accessible aux étudiants. Des restaurants branchés aux jardins botaniques en passant par les complexes sportifs, les théâtres, les salles de travail et leurs ordinateurs et tableaux interactifs dernier cri, les bibliothèques aux allures de grande salle de Poudlard, les cinémas, l’Apple Store, sans oublier l’immense boutique de produits dérivés (le M-Den pour les intimes), rien n’est laissé au hasard et tous nos besoins sont anticipés.

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Elsa : En ce qui concerne la vie sur le campus de manière plus globale, les Américains ont définitivement le goût de la démesure. Si l’on met de côté un style vestimentaire qui a su mettre en contraste notre élégant et raffiné Valentin (préparez-vous à assister à une véritable ribambelle de pyjamas et à vous faire arrêter dans la rue à coup de « HO MY GOD ! I LOVE YOUR OUTFIT ! » face à votre audacieux choix de mettre un jean aujourd’hui), les films ne mentent pas. Le sport est une religion, le café une addiction et la vie grecque (aka les fraternités) une tradition. Pour l’ambiance, et pour avoir l’honneur d’arborer votre plus beau t-shirt bleu pétant et jaune poussin (oui, même Valentin l’a porté), il vous faut assister à un match de football américain dans le grandiose stade du campus (The Big House pour les intimes). Pour une expérience encore plus authentique, participez au Tailgate, un before matinal mais somme toute sympathique, à l’image des Américains.

L’étudiant au centre du système éducatif

Valentin : La priorité donnée à l’étudiant se retrouve aussi dans le système éducatif américain. Une large gamme d’enseignements nous est offerte, de la civilisation américaine aux gender studies, en passant par l’histoire de l’art et la rhétorique. Les étudiants sont libres de choisir les cours qu’ils souhaitent suivant leurs envies et leur projet professionnel et se retrouvent au centre de l’enseignement. Une grande partie des cours prend la forme de discussions informelles entre les étudiants et le professeur, dont le rôle est avant tout de guider les élèves dans leur réflexion et dans leurs recherches.

Elsa : En effet, préparez-vous à participer à l’oral et à vous rendre en office hour pour discuter avec votre professeur tant de votre assignment à rendre dans 1 semaine que de ce que vous avez prévu de faire pour Thanksgiving. Trigger warning, ça finit parfois par un petit hug avec votre prof à la fin du rendez-vous. Si la méthode éducative américaine a ses défauts, elle a pour mérite d’instaurer une proximité élève/professeur troublante mais définitivement pédagogique. Attention, le niveau reste exigeant et il vous faudra du courage et de la persévérance pour venir à bout des centaines de pages de readings à lire chaque semaine. Cependant, le campus regorge de ressources utiles : chat en ligne avec un bibliothécaire à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, centre d’aide à la rédaction pour les étudiants internationaux, système de parrainages avec des étudiants américains et bien d’autres.

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Le prix de l’excellence

Valentin : Cependant, ce système éducatif, souvent réputé comme l’un des meilleurs au monde, a un prix. Bien que notre établissement soit public et reçoive des subventions considérables de la part de l’État, ces équipements à la pointe de la technologie et ces multiples ressources sont aussi financées par les frais de scolarité, pouvant atteindre jusqu’à 50 000 dollars à l’année [1]. Malgré les aides financières dont disposent certains étudiants, avoir recours à un prêt est souvent nécessaire et certains doivent parfois travailler plusieurs années avant de pouvoir s’acquitter des frais de scolarité, d’hébergement, d’assurance (obligatoire) et se procurer les manuels nécessaires, dont le prix atteint parfois plus de 100 dollars. L’accès à de tels établissement de prestige demande des efforts considérables, tant sur le plan académique que financier, souvent considérés comme gages de mérite et de persévérance ; deux qualités faisant partie intégrante de l’idéal américain.

[1] https://admissions.umich.edu/costs-aid/costs

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Elsa : De fait, préparez-vous à découvrir un univers différent de celui auquel nous sommes acculturés. Si le dépaysement ne sera pas radical, vous serez confrontés à un système éducatif différent, à des structures de cours et de devoirs à rendre différents, à des mentalités différentes. Ici, l’Université fonctionne comme une entreprise, l’éducation est un véritable investissement financier, et ceci se reflète dans la manière d’envisager l’éducation supérieure. Mais ne vous inquiétez pas, notre formation à la française nous rend bien armés pour faire face à ce nouveau mode de fonctionnement, et s’y adapter finit par n’être qu’une énième source d’enrichissement. Alors surtout, n’oubliez pas de prendre aussi le temps de profiter des à-côtés de la vie de campus à l’américaine, les soirées (trigger warning aux moins de 21 ans, c’est pas un mythe, ils rigolent pas avec ça), le sport, les activités, les voyages, car au final, c’est ceci qui rendra votre expérience unique en son genre.

Derniers conseils de futurs anciens 3A

Elsa : Si vous aimez donner de généreux pourboires à des serveurs qui vous servent de l’eau glacée en décembre, si votre rêve est de ressembler au Bibendum Michelin dès début novembre et que votre but ultime est de vivre entouré d’écureuils obèses, le Michigan est fait pour vous ! Mais surtout, si vous souhaitez bénéficier de structures et de cours d’une valeur de 50 000$ à l’année, si vous souhaitez mettre à l’épreuve concrètement votre internalisation du rêve américain, et si vous avez une véritable envie de développer un esprit critique sur ce que cela signifie vraiment de vivre au sein de la « plus grande puissance mondiale », alors le Michigan est fait pour vous ! Je ressors de cette expérience grandie, tant des étoiles dans les yeux que les pieds refixés à deux fois sur terre, et ceci, à mes yeux, est le signe d’une 3A réussie.

Valentin : Un dernier conseil pour nos futurs 3A : cette année, c’est la vôtre, celle dont vous vous souviendrez toute votre vie. Alors rêvez, osez, et surtout profitez. L’opportunité qui vous est offerte est exceptionnelle, alors sachez en tirer le meilleur. Yes, you can.

Elsa B & Valentin V

Merci à Elsa Bouterin et Valentin Vivant d’avoir partagé cette expérience avec Saport’Actu!

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