« 多事之秋 » – Un automne mouvementé à Shanghai

Après une rétrospe’crit de qualité, Mélissa reprend ses bonnes habitudes en retournant à l’aventure, à la rencontre de nos chers Aixpats. Aujourd’hui, c’est Mathilde Lahor qui nous ouvre les portes de la mégapole de Shanghai.

Mardi 15 janvier 2019, aéroport international de Shanghai, 23h30. Je m’apprête à monter à bord de l’avion qui me ramènera, sinon en France, du moins à la réalité, et marquera ainsi la fin de mon périple en Terre du Milieu. Ce n’est que quelques jours après être rentrée et, une fois les joies des retrouvailles passées, que je me rends compte de la chance inouïe que j’ai eue d’effectuer mon premier semestre dans la capitale économique de la Chine.

Je crois que la nature ambivalente de la ville est ce qui m’a d’abord le plus fascinée outre sa grandeur, puisque sa superficie est tout de même 60 fois supérieure à celle de Paris… Berceau du Parti Communiste Chinois, Shanghai est aussi une excellente vitrine du monde capitaliste. Que ce soient la possibilité de paiement par wechat, accepté dans tous les magasins (et ce jusqu’aux plus petites échoppes), les publicités présentes sous toutes les formes possibles et imaginables – allant de la projection d’images à travers les vitres du métro pendant que celui-ci est en mouvement à la présence de « rabatteurs » électroniques censés interpeller les potentiels clients dans la rue – ou encore le rôle proéminent joué par Ali Baba, le « Amazon chinois » qui a réalisé un chiffre d’affaires de 27 milliards d’euros pour la seule journée du 11 novembre (jour des célibataires), tous les ingrédients d’une parfaite économie de marché sont réunis. Pourtant, le stationnement de gardes rouges dans les avenues, le système de surveillance hyper développé (on peut citer à titre d’exemple les camions de police équipés de multiples caméras sur le toit et depuis lesquels les agents veillent au respect de l’ordre public), et la réticence des Chinois à parler de politique ne peuvent faire oublier le caractère autoritaire du régime. En revanche, aucun signe visible d’un quelconque culte de la personnalité du Président malgré tout ce qu’on a l’habitude de dire en Occident…

Ayant seulement voyagé 3 jours à Pékin fin septembre, je préfère me cantonner (cantonnais ?) à Shanghai afin de ne pas me laisser aller à la généralisation. Aussi, je ne peux vraiment savoir ce qu’il en est dans les autres régions du pays mais une des choses qui m’ont beaucoup étonnée est le rythme de vie des Shanghaïens qui se lèvent aux aurores et, en toute logique, se couchent également très tôt. Calquée sur le cadran solaire, Shanghai est alors une ville dont les jours s’épuisent vite, en témoignent la fermeture de la cantine universitaire à 18h ou, pire encore, la quasi impossibilité de trouver un restaurant ouvert après 22h.

Le dynamisme des parcs est toutefois réellement incroyable. Si ces lieux sont de véritables poumons au sein de la mégalopole, ceux-ci le sont moins par leur verdure que par le souffle vital qu’ils dégagent. On y trouve alors des retraités pratiquant le Tai Qi, des hommes s’adonnant à des jeux d’argent en tout genre, des femmes réunies pour danser et/ou chanter, des enfants courant dans tous les sens… Y sont également organisés, tous les samedis matins, des « marchés aux parapluies » où des centaines de célibataires de tout âge viennent présenter leur CV détaillé (même si la prééminence des chiffres en font plutôt des fiches techniques…) dans l’espoir de trouver leur âme sœur. Ces jardins viennent rompre avec la morosité que peuvent laisser transparaitre les Chinois dans leur quotidien et animent la ville. Ils impressionnent par leur sacralité…

Enfin, en ce qui concerne la Shanghai International Studies University, l’université de langues dans laquelle j’ai uniquement suivi des cours de mandarin, j’ai personnellement eu la chance de tomber sur des professeurs très attentionnés qui ont contribué au fait que je puisse pleinement profiter de ce semestre. Malgré des difficultés relatives à la langue qui peuvent être vraiment handicapantes parfois, j’ai honnêtement adoré le pays et les Chinois, et ce même s’ils poussent dans le métro et qu’ils crachent dans les rues ; j’y retournerai au plus vite !

A très vite pour de nouvelles aventures de nos Aixpats !

Bambou et panda,

La bise de Mélissa

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