[Européennes] Mélissa part à la rencontre de Jean-Christophe Lagarde (UDI)

Alors que les européennes approchent, Mélissa est partie à la rencontre de Jean-Christophe Lagarde, Président et tête de liste de l’Union des Droites et Indépendants (UDI), qui a officiellement lancé la campagne de son parti le 5 mars à Aix.

Considérations sur la situation interne du pays :

Dès les premières minutes, le ton est donné. A peine Jean-Christophe Lagarde a-t-il pris le micro en main dans la salle du Val-de-l ’Arc qu’il lance la première salve : « la France représente aujourd’hui environ 1% de la population mondiale, elle ne pourra pas se défendre seule ».

Avant de lancer son programme européen, le président du groupe « UDI-Agir et Indépendants » à l’Assemblée nationale est revenu sur quelques points de l’actualité française.

Le grand débat national ? « Une occasion d’offrir 60h de direct à la télévision sans que personne ne lui réponde. Ce n’est pas le rôle du Président que d’y consacrer autant de temps ». L’ex-maire de la commune francilienne de Drancy n’était pas favorable à la tenue du Grand débat national, qu’il associe à « la morphine : au début ça fait du bien, mais quand c’est fini, gare à la dépression ».

« Arrêtons de reprocher aux autres de défendre leurs valeurs : retroussons-nous les manches et défendons les nôtres ! ».

Les mesures annoncées en décembre pour augmenter le pouvoir d’achat des Français ? L’erreur principale est de ne pas avoir explicitement engager une réduction d’autres dépenses publiques en contrepartie des 10 milliards d’euros avancés. « Le premier combat reste de baisser une dette publique exorbitante proche des 2300 milliards d’euros. A terme, cette mesure sera contreproductive pour les Français, d’autant plus qu’il est hors de question d’augmenter les impôts ».

Un « paradoxe de l’Etat » : pour Jean-Christophe Lagarde, « à force de vouloir s’occuper de tout, il ne s’occupe plus des pouvoirs régaliens (police, santé, justice) pour lesquels il est seul à être compétant ». De plus, une décentralisation accrue serait nécessaire pour répondre « à une fracture territoriale qui ne cesse de s’amplifier. Son propos est illustré par l’exemple de la taxe carbone, utile à l’ensemble du territoire sauf la Bretagne, et qui fut abandonné « en toute logique » suite aux mobilisations dans cette région. « Avec une décentralisation et une prise en compte des spécificités de chaque territoire, la mesure n’aurait souffert d’aucune contestation majeure » selon le candidat. Enfin, il s’agirait d’accroitre la solidarité entre territoires et la connexion entre les grandes métropoles et leur environnement proche « pour éviter que chaque ligne ferroviaire ou centre hospitalier non bénéficiaire soit amené à fermer ».

Un objectif clair, celui d’une « Europe forte et protectrice à l’extérieur, ouverture à l’intérieur ».   

A ces constats sur la situation intérieure s’ajoute la question centrale, avec une échéance dans deux mois maintenant, des élections européennes : « l’instrument européen est indispensable, mais cela ne veut pas dire que l’Europe va régler la majorité de nos problèmes quotidiens, qui sont avant tout franco-français ».  Et de souligner dans un contexte particulièrement tendu du Brexit de « ne pas oublier que les Le Pen, Dupont-Aignan, Mélenchon et autres Wauquiez applaudissaient à deux mains le Brexit. Regardez l’état des Anglais aujourd’hui : ce n’est pas la solution ».

Pourtant, l’Union européenne a de nouveau montré ses limites en refusant la fusion Alstom/Siemens, ce que fustige J-C Lagarde : « cette Europe est devenue ultra-libérale, et cette mesure va à l’encontre des intérêts européens ». Pour le francilien, « Alstom Siemens aurait produit 35 trains par an, tandis que China Railways va être en mesure d’en fabriquer 450 : l’UE leur ouvre grand la porte ! Nos grands-parents ont créé Airbus ou encore Ariane pour nous donner ce pouvoir de décider, par notre puissance et supériorité technologique. Aujourd’hui, cet héritage se dilapide ».

Sa vision de l’Europe repose sur une union suffisamment puissante pour s’imposer face aux Etats-Unis, la Chine ou encore l’Inde, ce à quoi ne répond par l’Union actuelle davantage concernée par « la vitesse à laquelle clignotent les clignotants, ou la question du changement de l’heure ».  Jean-Christophe Lagarde croit en la fin du « multilatéralisme au profit de rapports intercontinentaux, c’est la volonté des Etats-Unis et de la Chine : il nous faut donc un continent fort. Il faut évacuer de l’Europe tout ce qui n’est pas indispensable et qui peut être fait au niveau national ».

Autre ambition du candidat de l’UDI : accélérer la Recherche, notamment dans les énergies renouvelables et les modèles de production. « Ce qui a fait la force de l’Europe c’est son climat, notamment pour l’agriculture. Nous devons faire de la recherche notre arme économique, avec des savoirs qui pourront ensuite être diffusés et revendus ».

En termes de politique migratoire, le candidat plaide pour la création d’un ministère européen de l’immigration. « Cela permettrait d’adapter la répartition en fonction des besoins de chacun : l’Allemagne a besoin de plus de 100 000 travailleurs, pas l’Espagne qui connaît jusqu’à 25% de chômage dans certains secteurs. Il faut prendre exemple sur le Canada et faire venir les gens dont on a besoin avec telle compétence dans telle région du pays. C’est mieux que d’accepter quelqu’un, de ne pas avoir de travail à lui proposer et le laisser vivre dans la misère ».

Jean-Christophe Lagarde est également favorable à la création d’un FBI et parquet européen. « Le cas de Salah Abdeslam est évocateur pour coordonner les services de police, car les Belges l’avaient déjà identifié quand la France avait déjà échoué deux fois à l’arrêter faute d’informations sur lui ».

Il se présente enfin contre la proposition d’Emmanuel Macron favorable à un bouclier social et un salaire minimum européen. « Le smic européen le plus bas est en Bulgarie avec 260€. Une harmonisation est impossible, cette mesure ne servirait à rien ».

Autres mesures énoncées par Jean-Christophe Lagarde :

  • « Je suis pour un Président de la Commission et des commissaires choisis par les représentants des citoyens européens et non par les égoïsmes nationaux ».
  • « Il nous faut une UE démocratisée, recentrée sur des questions stratégiques, respectueuses de nos modes de vie : notre manière de produire, nos ambitions écologiques, une autosuffisance alimentaire européenne. Cela afin de se protéger des influences américaines, chinoises ou encore indiennes ».
  • Dissolution de la brigade franco-allemande « qui est trop peu mobilisée depuis 30 ans et ne sert à rien aujourd’hui. De même pour la création d’une armée européenne : il y a trop de différences dans les intérêts stratégiques des Etats membres ».
  • Accentuer l’investissement européen sur le continent africain dans la lignée de Jean-Louis Borloo, membre fondateur de l’UDI : « L’Afrique contiendra 2,5 milliards d’individus en 2050. Si nous n’investissons pas massivement aujourd’hui pour accélérer leur développement, nous aurons à gérer des flux migratoires insoutenables. Je préfère compter 2,5 milliards de clients que de migrants potentiels ».

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s