La Colombie ? « Un país muy chévere »

Alors que les journées printanières s’enchaînent en Provence, Mélissa a délaissé la farniente pour partir à la rencontre de nos chers Aixpats. Aujourd’hui, direction la Colombie où Johanna Rouquet, avec la complicité de Diane Rémy, nous livre des anecdotes sur son semestre sud-américain.

Mélissa : « Si tu devrais décrire la Colombie en un mot, lequel choisirais tu ? »

Johanna :  » Je vais taper dans le cliché mais “chévere” me semble être le mot idéal. Il est typiquement colombien, les locaux l’utilisent dans la majorité de leurs phrases. En français, on pourrait traduire ça par “génial”, “incroyable” ou “magnifique”, tout dépend de l’utilisation et du sens que vous voulez lui donner. C’est un pays aux paysages incroyables, où l’ambiance (cc le fameux reggaeton latino) est toujours au rendez-vous et où les habitants sont toujours très accueillants ! Un país muy chévere en somme ».

M : « Avec autant de destinations de 3A possibles, pourquoi la Colombie ? »

J : « Je voulais absolument partir en Amérique Latine pour ma 3ème année, j’ai toujours été particulièrement attirée par ce continent. Et connaissant déjà un peu le Pérou grâce aux missions humanitaires d’Interface, je me suis tournée vers la Colombie. Ma meilleure amie, après 6 mois à voyager sur le continent, m’a racontée que les Colombiens étaient les personnes les plus adorables et accueillantes, ce que j’ai pu constater à mon tour. La Colombie est un pays très sous-estimé qui pâtit encore d’une mauvaise réputation à cause du conflit armé passé, celui-ci a pris fin il y a 3 ans désormais. Pourtant, c’est un pays qui regorge de richesses et d’une joie de vivre permanente. Rien que pour cela, je le conseillerai à n’importe qui comme destination de 3A ou pour un voyage ».


« La diversité des paysages était aussi un atout décisif dans mon choix. Jungle amazonienne, désert aux airs du Sud-Ouest américain, océan Pacifique, mer des Caraïbes ou montagnes enneigées, il y en a pour tous les goûts et le tout à quelques heures de la capitale ».

M : « Revenons aux choses sérieuses, quelles sont tes impressions sur l’Université de Los Andes ? »

J : « L’atout de l’Université ? Son campus. On se croirait dans une université américaine ! Il est immense, et pour être honnête, je ne pense pas l’avoir visité dans sa totalité pendant les 6 mois de mobilité. Toutes les filières sont présentes , de sciences politiques à l’économie en passant par l’ingénierie et médecine. Nous étions donc beaucoup d’étudiants, mais on ne s’en rend pas si compte à cause de la grandeur du campus ! Les infrastructures sont très modernes, sans parler du complexe sportif : six étages consacrés à la pratique du sport, du squash au billard, en passant par les trois salles de musculation et la piscine avec vue imprenable sur Bogotá. En somme, de quoi compenser les repas riz et poulet frit. Au niveau des cours, je les ai trouvés très intéressants. Pour ma part, les professeurs étaient très compréhensifs avec les internationaux, on avait même un prof français ! La quantité de travail n’est pas si lourde que l’on peut croire : quelques tests de lecture, exposés et DMs, mais on s’en sort facilement, même si on part voyager le week-end. Enfin, on a été très bien accueillis par les Hermanos Sin Frontera, des étudiants volontaires qui intègrent et accompagnent les étudiants internationaux. Ils proposent sans arrêt des événements comme des séances de cinéma, des repas, des soirées ou encore des randonnées et sont de très bons conseils et tout en fournissant de bons plans ! »

M : « Quels tips donnerais-tu pour s’intégrer à la fac ou encore trouver un logement ? »

J : « Pour la Fac, je vous conseille de rassembler les cours sur deux jours. Cela vous laisse de longs week-ends de quatre-cinq jours qui permettront d’avoir le temps de bien découvrir Bogotá mais aussi les différentes régions du pays, parce que le temps passe très vite mine de rien ! Au niveau du logement, il existe une multitude de résidences étudiantes où se réfugient plusieurs internationaux comme R10 et Livinn. Personnellement, bien que je sois en colocation avec un autre aixois, cc le grand Lilian Eudier, je recommande de faire une colocation avec des internationaux ou avec des Colombiens. Cela permet de mieux pratiquer la langue et de faire quelques nouvelles rencontres, même si on s’en sort très bien sans ! Je conseille surtout d’habiter dans le quartier de la Candelaria, le plus touristique de la ville mais surtout le plus agréable et authentique à mon sens : maisons coloniales colorées, cafés et bars à chaque coin de rue, le tout situé en plein centre, près de la Plaza Bolivar et de l’université. Le quartier vous rappellera Aix, mais avec une touche colombienne. Enfin, en ce qui concerne Bogotá, c’est une ville très active et immense, 17 fois Paris selon Lolo, ambiance capitale oblige. Mais l’avantage, c’est qu’il y en a pour tous les goûts ».

M : « Pourrais-tu nous donner quelques adresses ? »

J : « Mon conseil numéro un : goûter les empanadas de chez Henry, à deux pas de l’Université, les meilleures du pays pour moins d’un euro. Après cela, on part prendre une petite bière sur la Pola ou à l’Irish Pub de la Candelaria avant de partir en soirée. Pour les fans de reggaeton, le Candelario est l’endroit idéal. Pour ceux qui préfèrent taper du pied, le BAUM, le Video Club ou l’Armando sauront vous ravir. Il y a aussi le Theatron et son open bar, la boite gay la plus grande d’Amérique Latine : avec 5 étages et 13 salles, il y en a pour tous les goûts ! Mais avant tout ça, prenez le temps de vous reposer à l’arrivée : les 2600 mètres d’altitude vous feront vite comprendre pourquoi ! »

M : « Quels ont été tes trois meilleurs trips du semestre ? »

J : « En haut de la liste et sans aucune hésitation, le Chocó et plus particulièrement la côte Pacifique. Nous sommes partis 2 semaines avec Lilian et ce fut l’un des plus beaux voyages du semestre. Plages immenses de sable noir où la jungle rejoint l’océan qui se déchaîne sur des rochers volcaniques, balades de quelques heures sur les lanchas pour observer l’aspect sauvage de la région et quelques baleines pour les plus chanceux, des vagues parfaitement dessinées pour être surfées, des couchers de soleil éblouissant sur l’océan, sans oublier les nuits dans des hôtels au bord de l’eau ou dans des auberges tout au bout de la plage et près des cascades, de quoi profiter de la vue dès le réveil. Vous serez subjugués par la beauté des paysages du matin au soir ! Mon plus beau souvenir? Une petite session de surf au coucher de soleil à El Valle, avec une plage déserte pour une vue imprenable. Honnêtement, retrouver le soleil et l’océan quand on vient du Sud, après trois mois à Bogotá, ça fait le plus grand bien ! Suivant de très près, notre voyage en Amazonie. Nous sommes partis avec Lilian, Diane Rémy, Lola Martinez et une amie de Paris-Dauphine, Camille. Malgré la chaleur étouffante et les moustiques voraces, on a vécu des expériences incroyables. Nous sommes partis pendant quatre jours en pleine jungle pour un trek avec un guide hors-pair, Gaël. Rencontre avec une communauté indigène qui nous a fait goûter à quelques-unes de leurs traditions. Je pense aux gusanos au feu de bois ou encore le Mambe, soit de la poudre de coca au goût amer mais qui permet de redonner de l’énergie. Nous avons passé une nuit dans une cabane à 35 mètres de haut, fait de la tyrolienne au dessus de la jungle, kayak et baignade dans l’Amazone, puis balade en bateau jusqu’à Zaragoza au Pérou, en passant par Benjamin Constant au Brésil. On a sué mais on a profité et on s’est créés de beaux souvenirs. On n’oubliera pas non plus les Caïpirinha à 5 000 pesos qui ont eu raison de plus d’un ! Pour finir, l’expédition au désert de la Tatacoa pour le fameux festival du même nom. Malgré une arrivée pluvieuse et un contrôle à l’entrée du camping digne de Licorne sécurité (cc le CRIT lyonnais), le festival en valait la peine. Niveau programmation, pour être honnête, c’était apéro à midi puis festival de 15 heures jusqu’au petit matin pour les plus motivés. Et même si un petit virus a raccourci mon séjour, assister à un festival de musique au beau milieu du désert reste quand même assez insolite et plutôt inoubliable.

Je rajouterais juste un voyage, hors Colombie, mais j’ai eu la chance de visiter le Costa Rica où j’ai rejoint Adèle Hoï qui était en mobilité au Mexique. Bien que les prix soient plus chers qu’en Colombie, la beauté des paysages fut subjuguante. Le pays est principalement constitué de parcs nationaux où la faune et la flore sont très développées, puisque le gouvernement y accorde une grande importance. Paresseux, singes hurleurs, caïmans, ratons laveurs et singes voleurs, on a eu la chance d’observer un grand nombre d’espèces, de profiter de longues balades en lancha et canoë dans les mangroves. Du Pacifique au volcan « Arenal » en passant par le Rio Celeste d’un bleu éclatant, nous n’avons eu que 10 jours, mais cela ne nous a pas empêché de voir du pays ! »

M : « Revenons à la Colombie : quels sont les trois principaux endroits à voir ? »

J : « Les 3 endroits à voir absolument en Colombie ? Une fois de plus, je metrais le Chocó en haut de la liste, plus particulièrement la côte entre Nuquí et Bahia Solano, pour les mêmes raisons qui font de cette région ma préférée de Colombie sans aucun doute ! Pour enchaîner, je dirais la côte côté Caraïbes. Je n’ai pas encore eu la chance d’y aller mais c’est prévu pour très bientôt. Plages de sable blanc et 35°C garantis, nuit dans des hamacs près de la plage, visite de Carthagène ou du parc national de Tayrona près de Santa Marta, surf sur toute la côte et séjour coupé du monde à Necoclí, il faut prévoir un voyage de plusieurs jours voire plusieurs semaines afin d’avoir le temps de tout faire ! Il paraît que les paysages sont incroyables, surtout quand on s’approche de la mer. Le seul hic, c’est le tourisme, la côte est très prisée donc il faut connaître les bons endroits pour trouver un peu de tranquillité. Beaucoup m’ont conseillé cette région alors je compte bien en profiter en juin prochain, dès que mon stage sera terminé ! Pour finir, je pense qu’il faut aussi visiter l’Eje Cafetero, l’une des régions les plus connues de la Colombie réputée pour son café. Elle se caractérise par ses vallons verdoyants, ses cultures de café mais aussi de bananes et de canne à sucre. Il faut aussi prendre le temps de visiter les petits villages de la région comme Salento, Filandia, Salamina ou Aguadas, très colorés et typiquement colombiens, avec ses maisons coloniales et ses boutiques d’artisanat. Il faut aussi partir en trek dans la vallée de Cocora, réputée pour ses hauts palmiers de cire et son bosque de palmas. De même que pour les Caraïbes, je n’y suis pas encore allée, mais cela ne saurait tarder ! »

M : « Retourneras tu en Colombie ? »

J : « Il se trouve que j’ai tellement aimé ce pays que je suis restée faire mon stage à Bogotá, pour avoir le temps de visiter les régions restantes du pays et de profiter un peu plus de l’ambiance chaleureuse et de la chaleur sud-américaine. J’ai prévu beaucoup de voyages pour le second semestre : la côte Caraïbes, el Eje Cafetero, San Gil, Cali et ses alentours, la Guajira … J’aimerais vraiment pouvoir visiter la majorité du pays car c’est le moment où jamais d’en profiter pour partir sans aucun regret. Et même si je ne sais pas encore si je reviendrais un jour en Colombie, ce qui est sûr c’est que je compte visiter tout le continent sud-américain ».

M : « Quelle est la chose la plus insolite découverte durant ce semestre ? »

J : « J’ai été étonnée par la diversité des paysages et des climats. On peut passer de la chaleur tropicale des Caraïbes au climat plus tempéré de Bogotá en seulement 45 minutes d’avion, ou encore de la chaleur étouffante de l’Amazonie au froid glacial du Cocuy. A chaque fois que l’on prend l’avion, on a l’impression de visiter un autre pays tant rien ne se ressemble et je trouve ça incroyable ! Il y a l’Aguardiente aussi, un alcool au goût anisé bien prononcé, qui se boit cul sec et dont raffolent les Colombiens. C’est un passage obligé pour vous intégrer dans le pays, avant d’aller danser la salsa, autre rituel colombien qu’on se doit d’apprendre pour se fondre dans la masse ! »

Mélissa remercie Johanna pour ce guide bien complet de ce qui semble être le paradis sur terre ! A bientôt pour de nouvelles aventures de nos Aixpats !

Thibaut Keutchayan

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