¡Vamos a América Latina!

Aujourd’hui, un dernier article dans cette séquence spéciale dédiée aux choix de mobilité et Melissa s’envole pour l’Amérique du Sud, destination très prisée des étudiants de sciences po Aix. Deux élèves ont eu la gentillesse de partager avec nous leurs expériences dans la région et de nous faire part de leurs précieux conseils : Albane Pitout a passé un semestre dans la capitale du tango à l’Université de Buenos Aires. Eliot Torres, quant à lui, a séjourné dans le pays du foot et de la samba, élève à l’Université Pontificale Catholique de Sao Paulo.

Où êtes vous partis et combien de temps?
Albane : « Je suis partie à Buenos Aires au premier semestre, exactement du 22 juillet au 24 décembre. Fin juillet ça fait tôt donc ne vous calez pas sur vos potes qui partent en Europe, stage ou autre pour préparer votre 3A : prévoyez! »
Eliot : « J’ai étudié cinq mois à la PUC-SP. L’Université Pontificale Catholique de Sao Paulo.»

Albane, pourquoi avoir choisi Buenos Aires ?
A « J’ai choisi Buenos Aires parce que je voulais partir loin. Ayant habité en Nouvelle-Calédonie pendant 6 ans, je connaissais déjà l’Australie et la Nouvelle-Zélande (de toute façon mon niveau d’anglais ne me l’aurais pas permis…). Les États-Unis ne m’attiraient pas, l’Asie j’y partais au second semestre pour mon stage, et niveau Amérique Latine, Buenos Aires restait quand même réputé pour sa dose d’occidentalité, donc je gardais une certaine zone de confort. »

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Plaza de mayo, Buenos Aires (crédit photo:Albane Pitout)

 

Et toi Eliot, pourquoi avoir choisi le Brésil ?
« Je souhaitais partir dans un pays d’Amérique du Sud. N’ayant jamais appris l’espagnol, l’unique possibilité était le Brésil. Fan de football, amoureux du soleil et de la musique, je ne pouvais pas mieux espérer. »

Comment se déroulent les cours là bas?
Albane : « Déjà on est dans une Université de sciences sociales, malgré tout les cours sont ultras variés. Tu peux aussi bien choisir des cours de droit, que de socio, de criminologie, de marketing, de communication…Donc c’est un point ultra positif! Chaque cours c’est 3 ou 4h, donc en multipliant par 3, je vous laisse faire le calcul ça fait pas grand chose : autre point positif. Niveau difficulté, ce qui est un peu dur au début c’est que leur méthode de travail est basé à 90% sur des lectures à faire chez soi. En moyenne par cours chaque semaine je devais lire 30-40 pages (en espagnol bien-sûr). C’est un peu chiant mais ça permet de s’améliorer assez rapidement en espagnol. A côté de ça les modalités d’examen varient selon les matières et profs. Ça peut être un exposé en groupe, un devoir maison, un devoir en classe.. Il y a 2 ou 3 examens comme ça au cours du semestre. Si on a plus de 6 (sur 10) à l’ensemble des examens on échappe à l’examen final qui est en décembre (et donc à nous l’opportunité de voyager!) »

Eliot : « Je n’avais pas beaucoup de cours. J’avais à valider 4 cours sur le semestre. Avec Romane, on s’est débrouillés pour rassembler tous nos cours le lundi et le mardi. On avait donc deux journées pleines mais c’était cool puisqu’on avait du coup des week-ends de cinq jours. Les cours n’étaient pas trop compliqués, bien que l’on ne maîtrisait pas très bien le portugais. On a pu progressé à ce niveau là. »

Votre première impression en arrivant sur place?
Albane : « Il faisait FROID. Je suis arrivée à 5h du matin et la température devait être aux alentours de 10-15 degrés. Les rues étaient complètement vides du coup donc pour être honnête c’était pas la grande forme! À ça tu rajoutes le décalage horaire, la durée du voyage, les amis et la famille que t’as quitté… bref il faut pas trop idéaliser notre arrivée je pense. »

Eliot : « Avant d’arriver à Sao Paulo, j’ai commencé en août par deux semaines de vacances à Rio et Rio, c’est à part. Je suis parti sans a priori, je ne connaissais pas les brésiliens, bien qu’en France le discours autour de moi était « fais attention, c’est chaud etc. » »

Eliot, peux tu nous parler de ton impression sur le Brésil à la fin de ton séjour ?
E : « Aujourd’hui, avec le recul, le Brésil me manque beaucoup. Je suis devenu fan du pays, de ses paysages certes, mais surtout des brésiliens et de leur mode de vie. C’est unique. C’est quelque chose à part, vraiment. Tous les préjugés sur la fête, la joie de vivre, l’ouverture d’esprit, tout ça : c’est vrai. »

C’est facile de sympathiser avec les locaux et de se lier d’amitié avec eux ? Vous avez des remarques sur les codes sociaux?
Albane : « Les argentins sont vraiment « buena onda », gentils, accueillants et curieux de découvrir des personnes étrangères à leur quotidien. Ils sont aussi fêtards, vraiment pas prise de tête et pas du tout basés sur l’apparence, notamment dans mon Université (assez gaucho avec des manifestations régulières, des affiches politiques placardées aux murs, etc…). »

Eliot : « Il n’y a rien de plus facile que de s’intégrer au Brésil et de sympathiser avec des brésiliens. Ils sont tellement ouverts d’esprit, j’ai rarement vu ça. Ils sont très communicatifs, très festifs : au Brésil, toutes les conditions sont rassemblées pour se faire des amis. »
Albane, parles nous de la vie nocturne en Argentine :
A : « Tout se fait en décalage d’environ 3h plus tard par rapport aux soirées françaises. C’était souvent petit « asado » (barbecue) en guise de before, finissant en boîte (on y arrive vers 3h pour en ressortir au lever du jour). Les filles ne sont clairement pas pudiques, ce qui peut être même un peu choquant au début mais on s’y fait ! Au niveau des ambiances, il y a des boîtes pour tous les goûts. Pour les soirées plus soft, y’a des petits bars super sympas et plutôt locaux, avec des fois des concerts, dans le quartier de l’Université (Indépendencia). Si vous cherchez une ambiance davantage à l’européenne allez à Palermo Soho. »

Eliot, comment fait on la fête au Brésil ?
E : « A Sao Paulo, il y a deux types de soirées : ou bien on passe la soirée dans une des multiples grandes boîtes de nuit de la ville, très réputées pour la musique techno qui y est passée, ou bien on ère dans certaines rues de certains quartiers. Au Brésil, dans chaque ville, il y a une 2/3 rues célèbres pour la fête. Pour ma part, j’étais beaucoup plus partisan du deuxième plan.»

Pouvez vous nous parler du coût de la vie dans votre pays d’accueil ?
Albane« De manière générale je pense que le coût de la vie est comparable à celui d’Aix. Niveau logement j’étais à 450 euros par mois. J’étais à Palermo, quartier plutôt cher et où se concentre une grande partie des expats. Ma résidence comprenait une piscine et un gardien h24. J’étais en collocation avec deux autres françaises, que je ne connaissais pas du tout avant. J’ai trouvé l’annonce sur le groupe Facebook « Français à Buenos Aires ». Niveau bouffe, comme partout ça dépend ce que tu manges. La viande rouge coûte pas cher, les empanadas non plus, après si tu tapes dans les produits français là tu te fais allumer. Les transports en commun c’est pas cher, et le Uber non plus d’ailleurs. Pour le visa, je sais plus exactement mais c’est pas excessif non plus, dans les alentours de 70euros pour 6 mois. Si vous comptez voyager dans les pays voisins prévoyez aussi un petit budget vaccins. Et si vous devez faire le vaccin contre la fièvre jaune faites le en Argentine et pas en France car là-bas il est gratuit! »

Eliot : « Le coût de la vie au Brésil est tout de même élevé pour un pays d’Amérique du Sud. A Sao Paulo, le coût de vie est presque au même niveau que dans une grande ville européenne. Pour le logement, j’ai fait confiance à Romane qui a trouvé avant de partir sur Facebook deux chambres de disponibles dans une « Republica », une grande maison où cohabitent une dizaine d’étudiants. C’était un très bon plan, d’autant plus que nous étions les seuls étrangers de la colloc, on a ainsi bien pu progressé en portugais. »

Justement Eliot, tu parlais un peu portugais avant d’arriver ?
E : « Je ne parlais pas du tout portugais avant d’arriver. Je savais seulement dire deux mots. Par ailleurs, ma petite amie est franco-portugaise et elle parle en portugais avec sa famille. Inconsciemment, le fait d’avoir entendu parler portugais pendant 4 ans avant de partir m’a beaucoup aidé. Une fois sur place, l’italien m’a aussi beaucoup aidé à vite progresser. Enfin, il faut l’avouer : il n’y a rien de mieux pour progresser que se lancer, parler avec des brésiliens. On progresse tellement vite. Aujourd’hui, je pense avoir atteint un bon niveau, surtout à l’oral. »

Eliot, des remarques sur la société brésilienne ?
« La société brésilienne est une société « melting-pot » aux ressources inimaginables. Le problème actuel est celui de la corruption au niveau des hautes sphères où se prennent des décisions politiques et économiques importantes. Cela empêche l’appareil d’État de mettre en place des politiques sociales nécessaires. »

Avez vous pu voyager dans le reste de l’Amérique latine durant votre séjour? Si oui vous pouvez nous en parler?
Albane : « Sachant que je n’avais cours que le mardi et le mercredi, ça m’a permis de faire la Pampa avec un Sciencespiste Grenoblois, la Patagonie avec ma colloc et enfin les chutes d’Iguazu et le Brésil en solo (je faisais pas mal de couchurfing, ce qui me permettait d’être avec des locaux). Ensuite à la fin de mon semestre j’ai fait un roadtrip de 2 mois, seule avec mon backpack et mon mini budget. J’ai fais la boucle suivante: Buenos Aires, Salta (Désert au nord de l’Argentine), Chili, Pérou (Canyon de la Colca, Cuzco, Machu Picchu), Bolivie (La Paz, désert de sel) et retour à Buenos Aires. Les distances sont énormes, c’était à coup de 20h de bus entre chaque stop, on se rend pas compte avant de partir. Il y a énormément de jeunes backpackeurs en Amérique Latine, ce qui fait que les ambiances en auberge de jeunesse sont géniales et qu’on est en réalité jamais seul. »

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Machu Picchu

 

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Désert de sel chilien

 

Eliot : « J’ai eu la chance de bien pouvoir voyager durant mon séjour. Cependant, j’ai préféré consacrer l’ensemble de mes voyages au Brésil plutôt que d’explorer d’autres pays pour une courte durée, j’ai trouvé que ça ne servait à rien. Je ne suis pas partisan de la course aux tampons sur le passeport haha ! Du coup j’ai bien voyagé au sein du Brésil. J’ai découvert les chutes d’Iguaçu, toute la région de Rio et de Sao Paulo, l’Amazonie et le Nord-Est du Brésil (fabuleux). »

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Pain de sucre, Rio

Une expression marrante ou typique apprises durant votre séjour?
Albane : « Les argentins en ont des centaines! Les expressions qui m’ont le plus marqués et dont vous découvrirez le sens sur place: – Buena onda – Che boludo – Dale »

Eliot : « « Valeuuuuuuuuuu » qui est l’équivalent de « ça marche » mais qui est omniprésente dans les bouches des paulistanos. »

Eliot, quels sont les lieux incontournables à visiter?
E : « À Sao Paulo, je dirais le parc ibirapuera qui est un véritable havre de paix en plein milieu de la folie de Sao Paulo. Sinon au niveau du Brésil, je conseille l’Amazonie. C’est un délire à part. On se sent vraiment seul au monde, au milieu de la nature. »

On prévoit quoi dans sa valise avant de partir?
Eliot : « Des maillots de bain certes, mais des vestes également car Sao Paulo en hiver, c’est « muito frio ». Emmenez vos maillots de foot également, c’est pas une légende : là-bas, tout le Brésil vit au rythme du football. »

Et on ramène quoi dans sa valise de retour en France ?
Albane : « Drapeaux, maillot de foot, dulce de leche et tous mes autres souvenirs des autres pays (poncho, havainas…). »

Votre pire souvenir?
Albane : « A mon départ de Buenos Aires lorsque mon arnaqueur de proprio a refusé de me rendre ma caution de 500 dollars »

Eliot : « Honnêtement ? Je ne pense pas qu’il y en ait eu. Je ne garde que des bons souvenirs de ce séjour et je conseille cette destination à tout le monde. »

Votre meilleur souvenir?
Albane : « En Bolivie, avec des amis rencontrés sur la route nous avons rencontré une famille locale très catholique qui nous a accueillis chez elle. Cette journée a été mémorable, ils ont tout donné pour nous, mis les petits plats dans les grands, à coup de prières pour nous bénir toutes les 10 minutes, nous ont offert une bible à chacun, et j’en passe. Ce moment est même inexplicable, il fallait le vivre pour comprendre. »

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Eliot : « Mon meilleur souvenir reste une nuit passée chez une famille d’un petit village perdu au Nord-Est du Brésil. Le petit village s’appelle « Atins », il est entouré de marécage, se situe proche des Lencois et n’est atteignable qu’en bateau. J’ai rarement vu un endroit aussi beau et l’expérience fut d’autant plus belle que j’ai vécu deux jours dans une des quelques familles du village. On a joué quelques « reais » le soir aux dominos, c’était simple mais ça reste un souvenir très marquant. »

Avez vous des bon plans et des conseils pour ceux qui souhaitent y séjourner?
Albane : « Ne cherchez pas votre logement avant d’être sur place : faites des visites. Renseignez vous sur le sérieux de votre proprio auprès des anciens locataires, car tout se fait au black. Prenez des pulls, voire manteaux, mais essayez aussi de ne pas trop charger à l’aller pour pouvoir ramener tout ce que vous aurez accumulé. Essayez de de pas vous contenter de la communauté française en Argentine (qui est assez importante). »

Eliot : « Ne prenez pas de taxi le premier jour en arrivant à l’aéroport haha. Je me suis fait avoir dès mon arrivée à Rio en août par un faux taxi. J’ai payé la course trois fois plus qu’il ne l’aurait fallu. Il faut se méfier tout de même. Par ailleurs, je sais qu’il n’y a pas de portugais enseigné au sein de l’IEP. Pour tous les élèves qui hésitent à partir au Brésil au vu de leur niveau de portugais, ne vous inquiétez pas. Je n’avais pris que 5 heures de cours avant de partir et j’ai appris sur le tas. C’est une langue latine, il n’y a rien de plus simple. »

Qu’est ce que ce séjour vous a apporté?
Albane : « De la maturité, de l’indépendance. Avant de partir j’étais clairement la petite fille à sa maman qui n’avait jamais quitté le cocon familial plus de 3 semaines. (même si ça faisait 2 ans que j’étais à Aix, je rentrais très régulièrement, si ce n’est pas tous les week-ends, chez moi à Nice). Des compétences linguistiques. Une ouverture d’esprit (L’Europe n’est pas le centre du monde !). Des rencontres extraordinaires (argentines bien-sûr mais aussi des expats). De la débrouillardise (Quand tu atterris à Rio et que la compagnie aérienne a perdu ta valise, papa n’est pas là pour gérer la situation) »

Eliot : « Je retiendrai de ce séjour la joie de vivre et l’ouverture d’esprit brésilienne. Je retiendrai toutes mes rencontres et les paysages fabuleux que j’ai eu la chance de découvrir. »

Albane, une anecdote rigolote pour finir en beauté?
A : « Un défaut de communication avec une coiffeuse péruvienne à qui j’ai demandé de me couper les pointes : je suis ressortie rousse. Et aussi, une demande en mariage par un péruvien dans un village de 10 habitants perché sur une montagne où la 3G n’existait pas ! »

En espérant que ces articles vous auront guidés ou confirmés dans vos choix. Mélissa espère que tous vos voeux de mobilité seront réalisés. On sera de retour pendant l’année pour vous partager les retours de nos 3A Aixpat, à l’aventure en ce moment même !

Léa Pignot

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