La 3A des oasis

Alors que la plateforme des vœux s’ouvre enfin, et que les choix de 3A deviennent plus réels que jamais, Melissa te propose de tourner ton regard vers l’Orient, et d’écouter les témoignages de Mélissa Testouri et Anna Cichhocki ! De la Jordanie à l’Égypte, voici un aperçu de la vie qui attend nos futurs 3A aux confins du désert !
Entre émerveillement et prise de conscience, Mélissa (…port’actu) te laisse découvrir leurs sages paroles, bien au chaud dans ton canapé avec de ton café turc et de tes falafels

Mélissa Testouri a fréquenté le Département des Études Arabes Contemporaines (DEAC) pendant 1 an, tandis qu’Anna était à l’Institut Français du Proche-Orient (IFPO) à Amman, en Jordanie.

Depuis quand savais-tu que tu voulais partir au Moyen-Orient et pas autre part ?

Mélissa : « Depuis petite, j’ai une fascination pour la culture arabe : les films, les musiques, la danse orientale, la nourriture, la langue, l’histoire. Mes grands-parents sont tunisiens et j’ai toujours voulu apprendre leur langue. […] Au début, lorsqu’il fallait décider en 2A de nos choix de vœux, j’étais assez catégorique : l’Égypte me faisait peur car les médias véhiculaient une image assez négative (insécurités et droit des femmes bafoué). Puis, lorsqu’il fallait rédiger la lettre de motivation pour les pays désirés, inconsciemment, j’ai alors exprimé mon envie de vivre au Caire du fait de sa riche histoire, de son cinéma, de ses chansons etc… J’étais décidée à vivre dans une des plus grandes capitales du monde ! »

Anna rapporte quant à elle que c’est sa volonté de progresser en langue arabe qui l’a poussé à choisir la Jordanie : « Je voulais apprendre l’arabe le mieux possible […] je savais que j’allais y partir pour m’y perfectionner ».

Il y avait-il une barrière linguistique  difficile à franchir ?

Anna : « En Jordanie, à Amman, la plupart des gens ont des notions d’Anglais – mais il vaut mieux parler en Arabe, ne serait-ce que pour moins te faire enfler dans la vie de tous les jours, au niveau des prix notamment. Quand on a deux ans d’apprentissage en arabe classique, ce n’est vraiment pas évident au début, mais en apprenant l’arabe dialectal, on finit par s’en sortir relativement bien. Je sais qu’en Égypte les gens ne parlent pas anglais ou français, mais au Liban si, il n’y a aucun soucis – voire il est dur de parler arabe avec les gens parce qu’ils vont directement passer au français ou anglais s’ils voient que tu galères en arabe. »

Même topo pour Mélissa : « ce niveau était insuffisant pour se débrouiller dans la vie quotidienne ». Heureusement,  l’absence quasi-totale de langue anglaise ou française au Caire l’a vite poussée à apprendre le dialecte Égyptien, qu’elle maîtrisait très bien à la fin de son année : « L’Égypte est l’endroit idéal pour apprendre l’arabe : peu de personne parle anglais ou français. Il faut alors se débrouiller dans la rue ! ». Enfin les cours du DEAC lui ont aussi permis de faire « d’incroyables progrès » en arabe littéral même si « il faudrait vivre 5 ans en Égypte » pour le comprendre parfaitement !

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Comment t’es-tu organisé pour le logement ? conseillerais-tu à un futur 3A de faire pareil ?

Mélissa : « Le logement est très simple à trouver. Le DEAC propose une liste de simsar (agents immobiliers en arabe). Ces derniers font visiter des appartements autour de l’Institut Français, dans le quartier de Mounira et Garden City. L’offre est importante et généralement les appartements d’expats se relèguent chaque année. ». Selon Mélissa il est en plus très facile de se loger dans les hôtels le temps de trouver, et elle conseille le Dahab Hostel, idéal pour rencontrer des français ! Attention aux arnaques depuis la France, donc, vu la facilité sur place et le prix dérisoires des loyers (80/150 € en coloc’) faites-le sur place ! Enfin, Mélissa nous prévient que, malgré leurs tailles, les apparts peuvent quand même être sales, même si très corrects, oubliez le grand luxe !

Quelles découvertes as-tu fais là-bas, à quelles coutumes, habitudes as-tu dû t’habituer qui étaient différents d’ici ? Des délices culinaires en particulier que tu as pu apprécier ?

Anna : « Toute la vie est différente. Ça n’a absolument rien à voir en Jordanie, de la manière de te vêtir, à la manière de faire des courses, de sortir dans la rue, de communiquer avec les gens et de te faire des amis. Le choc n’a pas été si violent que ça sur le coup, mais rétrospectivement c’est clair que la vie là-bas n’a rien à voir. » Concernant la nourriture : « TOUS les plats, mais surtout les cafés turcs et falafels à 50 centimes à chaque coin de rue ! ».

Mélissa : « La culture égyptienne est très éloignée de la culture française. Le Caire est une ville très bruyante, sale, polluée et peuplée de millions d’habitants. Il faut s’habituer à la vitesse des voitures dans les rues (au point de se faire écraser, soyez vigilants), à la prière du muezzin qui retentit dans les haut-parleurs, à l’odeur, au bruit… J’ai découvert un peuple incroyable d’une gentillesse et d’une hospitalité incommensurable ! […] C’est un nouveau mode de vie : les habitants vivent la nuit car la chaleur est parfois écrasante en journée, les échoppes sont ouvertes 24/24. J’ai également été surprise par les chiens qui s’entassent par dizaines dans chaque coin de rue mais également par la pauvreté des habitants. » Mélissa nous met en garde contre la nourriture égyptienne, grasse et rustique : foul (dip de fèves aux épices), du taamia (falafel aux fèves), du kochary (mélange de pâtes, riz, vermicelles lentilles, oignons fris et sauce tomate)… Heureusement que le Caire regorge de restos libanais !

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Amman (crédit photo : Anna) 

T’as pu bouger dans la région, quelles merveilles as-tu découvertes ?

Nos deux ex-3A nous rapportent avoir été en mesure de beaucoup profiter de la région, et avoir beaucoup bougées : pour Anna « J’ai pu aller en Oman, Egypte, et Palestine. Tous ces pays sont splendides, complètement différents les uns des autres. » Son voyage en Palestine l’a particulièrement marqué : « C’est un pays génial, tu y rencontres des gens facilement, et ça te permet de réaliser pas mal de choses sur le fait d’être occidental ou non, les privilèges que tu peux avoir comparé à d’autres… »
« J’ai visité Assouan, Louxor et Abou Simbel, des villes connues pour leurs temples et vestiges pharaoniques. C’était époustouflant ! » dit Mélissa. Mais aussi Marsa Alam pour aller nager avec les dauphins sur les plus belles plages du monde (« si si ! »), les déserts de Fayoum, de Siwa… « Je vous conseille de dormir dans le désert à la belle étoile avec des bédouins : c’était l’une des expériences les plus incroyables de ma vie ! ».

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Temple d’Abu-Simbel (crédit photo : Mélissa)

 

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Coucher de soleil sur la Mer Morte (crédit photo : Anna) 

La plus grosse difficulté rencontrée pendant la 3A ?  et les sentiments de nos aixpats orientaux en retrouvant Aix ?

Anna insiste sur la difficulté de se lier à des personnes qui ne soient pas des expatriés ou des internationaux à Aman : « C’est faisable, mais compliqué car la manière de vivre est très différente, ne serait-ce qu’au niveau du temps que les jordaniens passent en famille et l’importance qu’ils donnent à cela. ». Elle nous met aussi en garde contre l’autonomie des étudiants par rapport à SPX : « L’IEP a signé un partenariat sans assurer quoi que ce soit derrière. On s’est retrouvé.e.s avec des problèmes à gérer toute l’année. C’était vraiment une horreur de ce côté-là (mais les cours en eux-mêmes étaient top). »
Concernant son retour, même sentiment d’ennui : retrouver ses potes c’est cool, ça l’est moins de reprendre la routine des cours, l’épuisement et parfois l’absurdité de leurs fonctionnement…

Mélissa :  « […] Le Caire est une ville difficile et très intense ! Il faut s’acclimater et s’adapter à toutes les situations possibles ! J’ai très mal vécu mon renouvellement de visa pour l’été : […] Accompagnée d’une amie, j’ai renouvelé mon visa au Mogamaa (centre d’immigration en arabe). J’y suis restée pratiquement une journée entière à changer de bureaux toutes les 30 secondes. J’étais réellement sur les nerfs ! Il y avait une foule de monde et personne ne respectait les queues. Par exemple, avec mon amie, nous avions fait pendant 2 heures la mauvaise queue et personne ne nous indiquait le bon bureau. Très mauvaise expérience… ».

Concernant les comportements vis-à-vis des femmes dans la société égyptienne, Mélissa nous rassure : « J’ai entendu des atrocités sur le harcèlement, en réalité pas tant que cela ! Les regards sont insistants, il faut s’habituer mais personne n’a tenté de me toucher ! Tout est une question de culture, il faut éviter les habits courts comme short et jupes et avoir le même comportement avec les hommes français et les hommes égyptiens ». Pas de soucis nous dit-elle pour pour sortir le soir ou bien prendre le taxi/métro seule en temps que femme.

Elle conclue avec ces très belles paroles : « A travers mon année au Egypte, j’ai découvert que le Caire était une véritable personne. Ce n’est pas une ville comme les autres. C’est la première que je ressentais une sensation pareille pour une ville. […] Mes sentiments très contradictoires pour cette ville m’ont marqué. Pour l’instant, retourner au Caire serait trop douloureux pour moi. J’ai vécu la plus belle année de ma vie, j’ai rencontré des personnes incroyables, j’ai visité des lieux magnifiques. Or, revenir trop tôt, ce serait gâcher l’aventure que j’ai vécu avec elle et revivre la même chose sans les mêmes personnes, les mêmes lieux, les mêmes histoires. […] Mon retour à Aix a été (et est toujours) très difficile. Je m’ennuie ici. […] … Maintenant, je suis persuadée que ma vie sera au Moyen-Orient et que de nouvelles aventures m’attendent là-bas ! »

 


Pour une comparaison entre Amman et Le Caire vous pouvez retrouver l’article de Saport’actu de l’année dernière en cliquant ici.

Vous pouvez aussi revenir aux témoignages plus détaillés du Caire et d’Amman :

Le Caire : la fascinante cosmopolite

Amman : un oasis au milieu du désert


 

Paul Imbert et Edie Bridge

 

 

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