Israël : une année en terre sainte

Aujourd’hui Mélissa vous livre le témoignage de Nathan et Mathias, deux 4A qui ont séjourné dans le pays où coulent le lait et le miel.

Nathan a passé quatre mois à Tel Aviv en stage dans la rédaction d’un journal français. Mathias, quant à lui, a passé un semestre à l’IDC( le centre interdisciplinaire) d’Herzliya, une ville du nord de Tel Aviv . Bien qu’ayant séjourné dans le même pays, les deux garçons ne semblent pas l’avoir appréhendé de la même façon, à l’image d’une société complexe, souvent incomprise. En tout cas, Israël est une destination qui ne laisse pas indifférent. De quoi nous donner envie d’en savoir plus sur leur expérience…

Pourquoi avoir choisis Israël? Vous le recommandez? 

Nathan : « J’étais déjà parti une fois en Israël et j’avais envie de découvrir le pays d’avantage. J’ai beaucoup aimé l’expérience et je la conseille vivement. Israël permet de découvrir un mode de vie mi occidental / mi moyen-oriental. »

Mathias : « J’ai choisi Israël car je ne connaissais rien de ce pays alors qu’il prend une place importante dans l’actualité internationale. »

Votre première impression en arrivant en terre sainte? 

Nathan : « J’y étais déjà allé du coup je n’étais pas trop surpris en arrivant. Je dirais quand même la chaleur (je suis arrivé en août sous 35 degrés). »

Mathias : « Ce qui m’a impressionné c’est cet aspect très occidental, notamment en ville. On n’a pas la sensation d’être au Moyen Orient. Assez impressionné par la sérénité et l’assurance des israéliens dans une région particulièrement tendue, peut-être un excès de zèle parfois notamment en ce qui concerne la sécurité. »

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Tel Aviv (crédit photo : Nathan) 

Vous parliez un peu hébreu avant d’arriver? comment s’est déroulé votre apprentissage?

Nathan : « Je savais lire l’hébreu en partant mais ne le comprenais pas. Je n’ai pas eu l’occasion de prendre des cours d’hébreu sur place (sauf à la toute fin de mon séjour) mais j’ai quand même réussi à apprendre les bases avec un guide de conversations et au contact des israéliens. A la fin de mon séjour j’étais capable de demander mon chemin (pas toujours de comprendre la réponse …) ou de demander une bière dans un bar !
Autrement les israéliens parlent bien anglais et on peut se débrouiller sans parler hébreu. Israël a trois langues officielles (l’hébreu, l’arabe et l’anglais) et tous les panneaux routiers sont écrits dans ces trois langues, pas de problème sur ce point ! »

Mathias : « Je ne parlais pas hébreu et je ne l’ai pas appris. J’ai choisi des cours uniquement en anglais. »

Mathias, quel cursus as tu suivi en Israël et comment se déroulaient tes cours ?

M « J’étais à IDC, l’université d Herzliya, avec 8000 étudiants. J’avais 12h de cours par semaine majoritairement des cours de contre terrorisme et de droit, l’ensemble était assez facile. Les professeurs sont assez souples surtout avec les internationaux. C’était seulement des cours d’amphi. L’intégration des internationaux est assez facile. J’ai participé à un programme « IDC connect » qui permet à chaque étudiant étranger d’avoir un parrain ou une marraine. »

Nathan, comment a tu trouvé ton stage?

« Je savais que les éditions locales de « LePetitJournal.com » prenaient des stagiaires de 3A. J’ai donc envoyé des mails aux éditions implantées dans les villes qui m’intéressaient et j’ai finalement choisi Tel Aviv. »

Comment se déroule une journée de stage ?

« De fait de la (très) petite taille de la structure, il n’y avait pas vraiment de journée type. Des missions m’étaient fixées à l’avance et j’organisais moi-même mes semaines. C’est sur ces points que mon stage m’a le plus apporté, l’autonomie et l’organisation. »

C’est facile de sympathiser avec les israéliens et de se lier d’amitié avec eux ? Des remarques par rapport aux codes sociaux ?

Nathan : « Au premier abord oui ! La vie israélienne est rythmée par les fêtes juives et j’ai souvent été invité chez des gens que je connaissais à peine pour un repas de famille (ça fait parfois du bien quand on est longtemps loin de chez soi).
Au niveau des codes sociaux, il faut savoir que la grande majorité des commerces ferment le chabbat (à partir du vendredi en milieu d’après-midi). C’est la même chose pour les transports en commun, ils sont à l’arrêt du vendredi midi au samedi soir (et les taxis en profitent pour augmenter leurs prix !). Il faut donc organiser ses week-ends et ses voyages en y faisant attention. »

Mathias : « J’avais plus d’amis étrangers qu’israéliens. Après les états d’esprits sont différents de la France et de l’Europe en général, car on est face à des jeunes de 22-24 ans qui sortent du service militaire, 3 ans pour les hommes et 2 ans pour les femmes. Ils sont plus matures et ont des avis très arrêtés. Cependant il n’y a pas de sectarisme d’un point de vue de l’orientation religieuse au contraire, ils aiment faire découvrir leur culture. »

Pouvez vous nous parler de la vie nocturne en Israël ?

Nathan : « On dit de Tel Aviv qu’elle est la ville qui ne dort jamais, je souscris totalement ! À Tel Aviv, les soirées commencent par un petit apéro sur la plage (parfois avec une guitare et un petit feu) et se prolongent en boite. Il y en a pour tous les goûts ! J’ai aussi fait quelques soirées à Jérusalem. Le shouk de la nouvelle ville se transforme en bar et l’ambiance y est très sympathique. »

Mathias : « Les jeunes israéliens sortent beaucoup jusqu’à 4-5h du matin. On trouve des bars reversés à différentes tranches d’âge: 18, 20, 22, 24 ans. En général, ils font chabbat en famille les vendredi soir puis sortent entre amis. C’est assez marquant de les voir faire la fête toute la nuit alors que des affrontements quasi quotidien ont lieu aux frontières du pays. »

Vous pouvez nous parler du coût de la vie? Comment avez vous trouvé un logement?

Nathan : « La vie en Israël est relativement chère. Pour se loger à Tel Aviv, il faut prévoir à peu près la même chose que pour se loger à Aix mais ne pas s’attendre au même standing. Pour ma part, j’ai vécu 3 mois dans le quartier arabe (Yafo) situé au sud de la ville. En règle générale, les quartiers situés au sud de la ville sont moins chers que les quartiers modernes du nord. »

Mathias : « Le coût de la vie est assez élevé qu’il s’agisse de la nourriture, du logement ou des sorties. J’ai pris un logement étudiant de l’université. J’étais en colocation avec deux américains. »

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Le quartier de Yafo (crédit photo : Nathan) 

Avez vous ressenti l’importance qui est portée aux traditions et à la religion au quotidien ? Si oui pouvez vous nous l’expliquer ?

Nathan : « À Tel Aviv, la religion est très peu présente. On ressent quand même son poids dans l’organisation de la semaine : le week-end dure du vendredi au samedi et les israéliens recommencent à travailler le dimanche.
À Jérusalem, les choses sont un peu différentes, la ville est beaucoup moins libérale et les religieux y jouent un rôle plus important (notamment dans la vieille ville). »

Mathias : « La religion a plus ou moins d’importance en fonction du lieu. Assez absente, excepté pour les fêtes traditionnelles, à Tel-Aviv ou Herzliya, elle est plus présente à Jérusalem en raison d’une communauté orthodoxe très importante. »

Avez vous pu voyager dans la région ?

Nathan : « J’ai beaucoup voyagé en Israël. Les bus quadrillent bien le pays, et il est possible de voyage sans se ruiner. Du fait de la très petite taille du pays on peut facilement partir une journée ou un week-end. A titre indicatif il faut une heure pour traverser le pays d’ouest en est (aller de tel Aviv à Jérusalem) et cinq heures pour aller à Eilat (station balnéaire de la mer rouge au sud du pays).

Pour aller à l’étranger les choses sont plus compliquées. Beaucoup de pays de la région interdisent l’accès aux personnes venant d’Israël (la frontière avec le Liban est fermée). Il est cependant possible de voyager en Égypte et en Jordanie mais le Ministère des Affaires Étrangères déconseille de passer les frontières seul (sans faire partie d’un groupe touristique). J’ai passé la frontière avec la Jordanie seul et j’ai pu constater que le ministère français avait raison (je suis resté 8 heures à la frontière à mon retour en Israël).
On peut aussi voyager dans les territoires palestiniens relativement facilement avec un passeport français. »

Mathias : « J’ai pu un peu voyager dans le pays, comme à la mer morte. Ce qui m’a le plus marqué c’est la traversée de la Cisjordanie où les miradors de Tsahal côtoient les villages arabes. Je recommande de visiter Jérusalem, et de se rendre à la mer morte. »

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La mer morte, station Ein Guedi (crédit photo : Nathan) 

Nathan, une expression marrante ou typique en hébreu que tu as appris durant ton séjour?

N « « Sababa » ! Le mot veut dire « cool » mais les israéliens l’utilisent absolument à toutes les sauces. »

Mathias, parle nous de ton meilleur souvenir :

« Mon meilleur souvenir reste la mer Morte, c’est assez marrant de s’y baigner. »

Et le pire ?

M  « Mon pire souvenir est le jour où les officiers de sécurité israéliens ont failli me faire rater mon vol à cause d un contrôle assez poussé. »

Nathan, selon toi, quels sont les lieux incontournables à visiter ?

« Jérusalem évidemment ! J’ai aussi pu aller dans le plateau du Golan (dans le nord du pays), les paysages y sont très beaux et très verts, ça change du reste du pays qui est très sec. Une journée à la mer Morte et une nuit dans le désert sont aussi des incontournables! »

J’imagine qu’au quotidien on ressent le conflit avec la Palestine, non ? pouvez vous nous l’expliquer ?

Nathan : « Absolument pas ! En partant on s’imagine arriver dans un pays en guerre mais le conflit ne pèse pas du tout sur la vie quotidienne. Certes, on croise plus de militaires qu’en France et on est fouillé à l’entrée de tous les lieux publics mais on s’y habitue facilement. »

Mathias : « En ce qui concerne le conflit, c’est du 50/50, les journaux locaux relatent assez peu d’informations concernant la bande de Gaza, et l’opinion est très orientée. Les jeunes en parlent assez peu, et seuls les jeunes appelés en uniforme dans les rues avec le fusil d’assaut en bandoulière rappellent cette réalité. Sinon il faut se rendre à proximité de la bande de Gaza ou en Cisjordanie où les fortins en béton armé côtoient les villages arabes, pour constater les tensions. »

On ramène quoi dans sa valise en partant ?

Nathan : « Malheureusement on ne peut pas ramener de nourriture … Mais le houmous et les falafels valent vraiment le coup ! Ils furent d’ailleurs la base de mon alimentation pendant quatre mois ! »

Mathias : « Personnellement j’ai rapporté du vin. »

Un conseil pour ceux qui souhaitent se rendre en Israël pour la 3A ?

Mathias : « Pour ceux qui souhaiteraient s y rendre et étudier à IDC je conseille de rejoindre le programme IDC connect, il permet de s’intégrer bien plus facilement et de voir du pays. »

 

Léa Pignot

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