Dessine-moi un mouton…

Vous le connaissez déjà grâce à la rubrique « L’image de la semaine »; aujourd’hui nous sommes allées à la rencontre d’un dessinateur made in Sciences Po, Vincent Erario, aussi connu sous le pseudonyme de Véra. L’occasion donc de voir le travail de dessinateur de l’intérieur et de vous donner quelques conseils si vous souhaitez vous lancer dans l’aventure du dessin d’actualité…

  • Comment t’es venu la passion de dessiner l’actualité voire de la dénoncer par ce biais ?

J’ai toujours aimé dessiner depuis tout petit, mais le véritable déclic fut lors des attentats de janvier 2015 et l’attaque contre Charlie Hebdo. A l’époque, je ne connaissais pas l’histoire de l’hebdomadaire satirique dans les détails et en avais seulement entendu parler à l’occasion du procès qui avait été intenté contre le journal pour la publication des caricatures de Mahomet. Mais le 7 janvier 2015 fut un véritable choc, je ne pensais pas que des dessinateurs pouvaient se faire tuer pour leurs dessins. Au lendemain des attentats, j’ai donc pris le crayon et le feutre et j’ai commencé à publier mes dessins sur mon profil Facebook. Puis durant l’été 2015 m’est venu l’idée de créer un blog WordPress où je pourrais commenter l’actualité à ma manière et m’engager sur certains sujets. J’ai donc créé Mousse et Pampre, que j’ai alimenté en dessins et en articles pendant quelques mois, avant de lever le crayon.

 

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  • Pourquoi penses-tu que le dessin est un médium pertinent pour parler d’actualité ?

Le dessin est un médium intéressant dans la mesure où c’est immédiat et personnel. Lorsqu’il est réussi, le lecteur n’a pas besoin de beaucoup de temps pour le comprendre, l’apprécier ou au contraire le rejeter. En ce sens, c’est un médium un peu binaire. Personnellement, j’aime bien l’écriture, mais je ne retrouve pas la même liberté que dans le dessin. Tout en restant concentré sur les faits, le dessinateur a davantage l’occasion d’affirmer sa singularité. La forme compte tout autant que le fond. C’est ce qui est stimulant. On est obligé de faire preuve de créativité. On ne peut se contenter d’évoquer un fait d’actualité, il faut aussi évoquer une image concrète et expressive qui interpelle.

  • Quels conseils pourrais-tu donner à quelqu’un qui souhaite se lancer dans le dessin de presse (amateur ou non) ?

Je dirai avant tout à celui ou celle voulant se lancer dans le dessin d’actualité de croire en ses capacités. Pas besoin d’avoir la précision de quelqu’un qui étudie les beaux arts, il suffit d’avoir sa propre technique. Très vite, j’ai abandonné l’idée de dessiner des personnages aux caractéristiques physiques très réalistes, pour plutôt opter pour des personnages le plus souvent sans visage, tout juste munis d’yeux, d’un nez et de cheveux. Un peu comme des mannequins en silicone. C’était une manière pour moi de gagner du temps mais également de dessiner des personnages indifférenciés auxquels chacun peut s’identifier. Je lui conseillerais également d’être bien informé afin de pouvoir croiser les actualités. Quand on est en manque d’inspiration, le plus simple reste de juxtaposer plusieurs faits d’actualité pour créer des situations insolites et comiques. Et bien entendu, il ne faut pas oublier de prendre du plaisir !

  • Quels dessinateurs t’inspirent ?

Parmi les dessinateurs qui m’inspirent il y a les dessinateurs de Charlie Hebdo, les regrettés Cabu, Wolinski et Charb, et celles qui ont repris leur flambeau, Coco et Catherine Meurisse. J’aime également les dessins de Plantu pour le Monde et de Petillon pour Le Canard Enchaîné. Étant fan de BD, j’ai de une affection particulière pour les dessinateurs Hergé, Uderzo ou ZEP. Mais j’apprécie également les dessins de Riad Sattouf dans l’Arabe du futur ou encore les illustrations de la dessinatrice et blogueuse Emma. Enfin, un de mes récents coups de cœur est le dessinateur John Callahan, dont j’ai découvert l’histoire grâce à son biopic au cinéma, Don’t Worry He Won’t Get Far On Foot.

  • Parmi les dessins que tu as réalisés, lequel est ton préféré ?

Concernant mon dessin préféré: peut-être mon dessin sur le destin tragique du petit Aylan Kurdi. Je ne crois pas avoir directement représenté la mort dans d’autres dessins, ni même dessiné d’autres personnes le corps sans vie. Il y avait donc une émotion particulière. Il fait partie de mes premiers dessins sur Mousse et Pampre et est paradoxalement l’un des rares à avoir quelques couleurs.

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Le lien de son blog : mousse-francaise

Nous remercions Vincent Erario et nous lui souhaitons une bonne continuation dans l’univers du dessin d’actualité!

Loane Watrelot

 

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