« Mon année dans la plus grande ville du monde: Tokyo »

Le pays du soleil levant est cette semaine notre destination Aixpat. Témoignage plus que complet et images sublimes, merci à Antoine Finos de nous faire partager ce petit bout de 3A, qui en ferait rêver plus d’un.

« Beaucoup de gens s’imaginent (et moi aussi avant mon départ je le concède) que les étudiants qui choisissent d’aller au Japon sont pour la plupart des « Otaku », c’est-à-dire des fans de la culture japonaise passant leur temps à lire des mangas, regarder des animés et jouer aux jeux vidéos. Or, bien que j’apprécie grandement les jeux Nintendo, je ne me considérais pas comme un « fan du Japon », la raison principale étant que mes connaissances sur ce pays et sa culture étaient relativement faibles et cela malgré mes cinq ans d’apprentissage du Japonais.

C’est donc essentiellement par envie de découvrir ce nouveau monde et cette culture, qu’on me décrivait comme si différente de la nôtre, que j’ai décidé de partir au Japon. J’ai choisi d’aller à Waseda University car il s’agissait de l’université la plus centrale à Tokyo et de plus, celle-ci demandant d’avoir un score de 6,5 à l’IELTS, je me disais que les enseignements dispensés devaient être de qualité. Le fait que l’université propose à la fois des cours de japonais et des cours en anglais me semblait être une bonne option pour progresser dans les deux langues.

Moi qui pensais avoir un niveau de japonais pas trop mauvais, je suis vite redescendu sur terre une fois arrivé à l’aéroport : je suis resté 30 minutes devant la carte du métro avec mes bagages, incapable de comprendre quels kanji (caractères japonais ayant un sens) correspondaient à la station que je recherchais. Et quand je demandais de l’aide, personne ne parlait anglais et ne pouvait donc me guider. Fort heureusement, je me suis aussi vite rendu compte que les Japonais sont extrêmement serviables : même s’ils ne comprennent pas l’anglais, ils vont toujours essayer d’aider et sont très gentils avec les étrangers. Il ne m’est ainsi jamais arrivé de me prendre un refus lorsque j’étais perdu dans Tokyo ou que j’avais besoin d’une information quelconque. Toutefois, les Japonais peuvent aussi être très peu flexibles, notamment dans le domaine de l’administration où ici TOUT est compliqué ; vous créer un compte en banque, acheter une carte SIM, où même juste utiliser la piscine de l’université, les obstacles administratifs sont nombreux (bien pire qu’en France) et ici, même quand on juge une règle stupide, il ne viendrait à personne l’idée de s’y soustraire (comme traverser la route au feu rouge par exemple). On sent vraiment le poids des normes sociales autour de nous et il devient petit à petit naturel de respecter des codes pour de nombreux aspects de la vie en communauté. Les Japonais sont en effet très respectueux et ont un grand sens de la civilité : un matin où le vent avait fait tomber des feuilles sur l’allée de mon université, j’ai pu voir les commerçants et les riverains qui enlevaient ensemble les feuilles afin que tout le monde puisse passer, chose anodine ici qui pourtant paraîtrait exceptionnelle en France.

Au niveau de l’université, j’ai été charmé dès mon arrivée. Les bâtiments sont modernes et assez jolis. Malgré leur nombre et leur taille démesurée (certains bâtiments font plus de 15 étages), on se sent bien dans les locaux et jamais je ne me suis senti oppressé par le nombre d’étudiants qui est pourtant élevé (déjà presque 3000 personnes dont 970 étudiants internationaux seulement pour SILS (School of International and Liberal Studies) qui est l’école partenaire avec SPX).

Pour ce qui est des cours, je dois avouer que j’ai été un peu déçu. Au total, j’ai 15 heures de cours par semaine (9h de japonais et 6h de cours en anglais), ce qui est peu. Ainsi, il est donc possible d’aménager son emploi du temps de façon à avoir plusieurs jours de libres pour voyager ou autre. Le point positif est que le choix des cours est conséquent, en particulier les cours en anglais qui relèvent de domaines très variés (oui j’ai étudié la paléontologie je l’avoue). Néanmoins, il est possible de tomber sur des cours vraiment peu captivants, notamment à cause de certains professeurs japonais qui ne parlent pas très bien anglais et qui ont du mal à structurer leurs cours et à intéresser les élèves. Néanmoins, pour ce qui est des cours de japonais, après un test de placement pour savoir notre niveau, ces cours se sont révélés fort utiles dans ma vie quotidienne même si la quantité de choses à apprendre peut parfois être un peu rude, mais rien de méchant.

Il y a des tonnes d’associations et circles en tout genre à Waseda et les plus grosses assos font tout leur possible pour intégrer les étudiants internationaux à leur arrivée en organisant des événements, sorties, etc. Ce point là est très appréciable car c’est souvent dans ces occasions qu’on rencontre la plupart de nos futurs potes.

Vient maintenant le moment de parler de la vie à Tokyo. Il serait peut être abusif de parler de « dépaysement total » car Tokyo reste une ville moderne avec tout le confort et les infrastructures que l’on peut trouver dans des grandes villes en Europe. Néanmoins, son immensité reste troublante même après plusieurs mois de vie ici. En effet, le réseau du métro est assez complexe au début (même si l’on arrive vite à s’y orienter), certains quartiers comme Shibuya ou Shinjuku font littéralement tourner la tête tant on est perdu dans la succession de grattes-ciels et de néons qui donnent à la ville un air futuriste la nuit venue. Il est vrai que la masse des personnes aux carrefours ou dans les stations de métro aux heures de pointe peut parfois faire peur, mais en rien Tokyo ne pourrait être décrite comme oppressante. On passe d’une rue bondée remplie de magasins à un quartier résidentiel calme très facilement. Il y a plusieurs centre-ville à Tokyo et les choses à faire ou à voir ici sont bien trop nombreuses, au point que je me sens souvent frustré de n’avoir qu’un an pour découvrir cette ville. Tout est intéressant et nouveau ici : on peut décider d’aller se promener dans un parc immense comme Ueno, aller dans des salles d’arcades à Akihabara, admirer le panorama de la baie d’Odaiba ou encore faire la fête intensément à Shibuya. Les possibilités sont multiples et je pense pas qu’il soit possible de s’ennuyer à Tokyo.

Toutefois, il est très possible de se ruiner à Tokyo. En effet, la vie est chère ici. Je paye 85 000 yens (environ 630 euros) pour avoir une chambre de 7m2 dans une sharehouse de 8 personnes (qui cela dit est fortement chouette). Les transports sont également chers si on les prend tous les jours, c’est pour ça que j’ai de la chance de pouvoir aller à mon université à pied. Autre fléau : il est ici très facile d’acheter de la nourriture ou de l’alcool dans les konbini qui sont ouverts 24h/24, c’est pourquoi on se retrouve à souvent revenir dans ces boutiques et à ne pas se rendre compte de tout ce qu’on dépense. Car même si les bières ou cigarettes sont moins chères ici, on en achète ainsi davantage et l’argent part assez vite. Heureusement, j’ai eu la chance de pouvoir toucher la bourse JASSO reversée par le gouvernement japonais qui me soulage beaucoup. J’ai néanmoins commencé à donner des cours particuliers afin de pouvoir me payer mes voyages qui me reviennent assez chers à chaque fois.

Je suis donc extrêmement content d’avoir choisi Tokyo pour ma 3A. Il faut vous préparer à galérer avec le japonais mais pour ma part je sens que je progresse chaque jour (le fait que j’habite avec des japonais m’aide aussi beaucoup). Cette ville est vraiment fascinante et les autres voyages que j’ai effectué jusqu’à présent (Nagano dans les Alpes Japonaises ou Hiroshima par exemple) m’ont également apporté une autre vision d’un Japon plus traditionnel et calme comparé à la folie de Tokyo. J’appréhende déjà mon retour dans le « bourg d’Aix-en-Provence » mais il me reste encore quelques mois pour intensifier mon immersion japonaise et comprendre d’autant plus cette culture si intéressante et enrichissante. »

 

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Antoine Finos

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