Colombie: « Ne donnez pas la papaye »

Destination très prisée cette année par des 2A en quête d’aventures à l’autre bout du monde, la Colombie est aujourd’hui notre escale. Merci à Juan Esteban Vargas pour son témoignage et ses superbes photos.

« Ne donnez pas la papaye ! ». J’ai pensé mettre cette expression typiquement colombienne comme titre, car elle est répétée à longueur de journée par les Colombiens, surtout aux étrangers qui débarquent dans le pays ! Elle résume parfaitement, et d’une façon très poétique, le principal conseil de sécurité que vous donneront les gens : « No dar papaya ! », traduisez « Ne tendez pas le bâton pour vous faire battre ». En gros, ils veulent gentiment vous dire de ne pas vous balader dans la rue en montrant votre Iphone dernier cri, de faire attention à vos affaires lorsque vous vous posez quelque part, d’éviter les quartiers et les zones du pays que les locaux vous déconseillent ou encore de ne pas rentrer tout seul la nuit après une soirée !

Il s’agit de conseils basiques, que nous n’avons peut-être pas l’habitude d’appliquer en France, et encore moins à Aix, mais qu’il suffit de suivre pour que tout se passe bien. Après 6 mois passés ici, rien ne nous est arrivé ni à moi, ni à aucun Français ou Colombien que je connaisse, et je ne me suis jamais senti en danger. L’image d’un pays violent que certains peuvent encore avoir en tête ne correspond plus du tout à la réalité. C’est un pays magnifique qui a tant de belles choses à offrir, entre les beaux paysages, tous les climats possibles et imaginables, des gens aimables et toujours disposés à vous aider et un grand nombre de cultures et particularités locales dont vous vous souviendrez à tout jamais !

L’aspect sécurité étant vu, je peux passer aux côtés plus sympathiques et festifs de la Colombie, qui feront que vous vivrez une 3A inoubliable !

En ce qui me concerne, je suis arrivé en Colombie le 17 août, mais j’ai commencé la fac que le 19 janvier, car j’ai fait mon stage au S1, à la Chambre de Commerce et Industrie France Colombia, à Bogota (c’est d’ailleurs une iépienne aixoise, Luisa Ravoyard, qui a été prise en stage pour le S2).

Jusqu’à très récemment, l’IEP d’Aix n’avait qu’un seul partenariat avec une université colombienne, soit l’université Externado de Colombia (où se trouvaient les collègues aixois Arnaud Dot, Marie Polisini, Camille Mulot et Pierre-René Lavier). Cependant, l’année dernière a été signé un nouveau partenariat avec l’Université de Los Andes. Ainsi, avec Baptiste Astor, nous sommes les premiers de l’IEP à venir en échange à cette fac. Parmi les 180 étudiants en échange ici, 45 sont français, et la proportion est la même dans les autres facs de Bogota. Il s’agit d’une université privée, qui compte environ 20 000 étudiants, ce qui en fait l’une des plus grandes de Colombie.

L’intégration s’est déroulée sur 3 jours, durant lesquels on assiste à toute une série d’activités : présentation des particularités culturelles du pays, conseils de destinations touristiques, tour des bâtiments de la fac, forum des associations, soirée d’intégration, initiation aux danses latinas (salsa, bachata, reggaeton). Maîtriser un minimum ces rythmes est un must si vous voulez enflammer les pistes de danse colombiennes !

Puisque nous sommes en parcours hors Erasmus, nous n’avons pas de crédits à valider, mais un nombre minimum de cours à suivre, soit 4 par semestre. La charge de travail n’est pas énorme, mais vous devrez tout de même faire des lectures pour préparer les cours, des quizz et rendre des devoirs écrits, ainsi qu’un travail final (en fonction des cours que vous prendrez), mais en général, c’est assez chill, et avec un minimum de travail, vous vous en sortirez assez facilement. En fonction des cours que vous choisirez, vous serez inscrit dans une « Facultad ». Dans mon cas, il s’agit de la « Facultad de Administracion ».

Tous les cours sont en espagnol, donc il faut quand même avoir un niveau intermédiaire pour suivre, même si l’espagnol colombien, et surtout l’accent de Bogota, est très facile à maîtriser et l’adaptation se fait assez rapidement.

Ainsi, je n’ai cours que mardi, mercredi et jeudi, ce qui me permet de profiter de longs week-ends de 5 jours. Je rentre d’ailleurs du Carnaval de Barranquilla (côté Caraïbe), deuxième plus grand carnaval d’Amérique Latine après celui de Rio, à seulement une heure de vol depuis Bogota. Tout compris, billets d’avion inclus, j’ai eu pour 700 000 pesos pour ce voyage, soit environ 230 euros. L’année dernière, j’ai pu également profiter de quelques jours dans la zone cafetière du pays et j’ai quelques voyages en préparation pour cette année (côte Pacifique, Amazonie et Caraïbes). Tous les recoins du pays sont accessibles par avion, et la plupart en bus, mais les trajets par la route peuvent être assez longs (jusqu’à 24 heures de bus pour faire les 1 000 kilomètres qui séparent Bogota de la côte Caraïbe contre 1h10 d’avion).

Pour les aspects de la vie pratique, sachez d’abord que les facs proposent un service de taxi à votre arrivée, qui vous conduira dans le lieu de votre choix dans Bogota. Généralement, les premiers jours, les étudiants en échange décident de loger dans des « hostal » qui se trouvent dans le quartier de La Candelaria (quartier colonial), pour ensuite trouver une collocation dans ce même quartier, ou bien à Teusaquillo. Les facs se trouvent dans le centre-ville, et il est préférable d’habiter pas trop loin, les transports en commun étant plutôt mauvais, mais il faut faire attention dans le choix du quartier. Sur Facebook et Internet il est possible de trouver plein d’offres pour des collocations, souvent avec d’autres étudiants étrangers. Conseil pratique : Uber est une application indispensable à Bogota et, tout comme les taxis, c’est relativement peu cher : course aéroport / centre-ville : environ 25 000 pesos, soit 8 euros, pour une course d’environ 30 minutes.

N’oubliez pas que Bogota se trouve à 2 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, donc il est probable que les premiers jours vous soyez essoufflés, même en ne montant que quelques marches !  (cc Thibault Menut)

Pour terminer, vous l’aurez compris, par rapport à la France, les prix sont relativement faibles : vous pouvez manger en dehors de la fac pour environ 2 euros, sans parler du prix des fruits et des légumes qui sont 4 fois moins chers qu’en France, le ticket de bus coûte environ 0.65 centimes, l’entrée en boîte avec open bar (#Theatron), 10 euros. Pour un loyer, comptez maximum 1 million de pesos par mois, soit environ 300 euros. En général, tout se fait par cash, les proprios vous demandant seulement de donner un mois de loyer en caution, qu’ils vous rendront à la fin de votre séjour. Si vous venez avec des économies, vous pourrez faire des très beaux voyages, tant en Colombie, comme à l’étranger.

J’espère que ceux qui ont la chance de passer ne serait-ce qu’un semestre en Colombie seront rassurés dans leur choix par cet article, et surtout, j’espère avoir donné envie à certains d’entre vous de s’y rendre. Pour conclure, je dirais que la Colombie est un pays qui rassemble le meilleur de deux mondes, car c’est un pays en voie de développement, mais qui offre la plupart des conforts et standards de vie que l’on connaît en Europe (en fonction du quartier évidemment), mais qui a su garder et préserver une grande partie de sa culture, racines et identité.

Je suis évidemment disponible pour répondre à toutes les questions que vous auriez sur le pays.

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Juan Esteban Vargas

#QLB

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