En route pour la « Nation arc-en-ciel »

Nous prenons cette semaine l’avion en direction de l’Afrique du Sud, à l’extrémité sud du continent africain, pour y découvrir la Rhodes University avec Léa Biou. Petit coin de paradis où la vie étudiante est plus qu’agréable, c’est une destination de 3A faite pour les amateurs de grands espaces et de diversité culturelle.

« Un soir de Janvier j’apprenais mon affectation à Rhodes University pour un an. Après les quelques formalités de base –appeler sa famille en sanglotant de joie, poster une photo sur Facebook pour révéler sa destination (aucune originalité), faire le Visa et les vaccins– moi et mes quelques 40kg de bagages embarquons pour mon tout premier grand voyage en-dehors de l’Europe. Destination : l’Afrique du Sud, un pays dont je ne connaissais que quelques bribes d’histoire (Apartheid et Mandela, en somme).

Grâce à mon amie Pauline (<3) j’étais plus que rodée : j’avais préalablement choisi mes cours en m’aidant du site Internet de l’université et je m’étais renseignée sur les règles de vie en résidence universitaire. Rhodes University (dont l’appellation est amenée à changer dû au Monsieur-Fort-Peu-Sympathique qui lui a donné son nom) jouit d’une bonne réputation parmi les autres facs du pays. C’est également la plus petite université avec ses quelques 8000 étudiants. Le campus est conséquemment de taille raisonnable et quelques jours suffisent pour se familiariser avec les lieux. Les « exchange » sont logés en résidence étudiante, toutes situées sur le campus même (avantages : pas besoin de chercher un appart).

Les cours sont eux un peu moins passionnants que la vie universitaire. Rien de dramatique (après tout qui part en 3A pour vraiment bosser ?) mais j’ai été quelque peu déçue : le choix de cours est réduit et certains sont ennuyants. Le niveau reste plutôt facile et les exchange s’en sortent généralement bien aux exams. Pour autant, l’emploi du temps reste chargé comparé à d’autres destinations de 3A : avec 4 matières au premier semestre je totalisais 21h de cours par semaine. Chaque matière s’accompagne de plusieurs amphis par semaine ainsi qu’un TD pour lequel il faut travailler régulièrement (« papers » à rendre chaque semaine qui s’appuient sur des lectures assidues). Quelques astuces pour se dépatouiller des quelques difficultés : jouer la carte du Français qui n’avait pas compris ou qui n’était pas au courant afin de susciter la compassion des profs, toujours prêts à vous aider !

La commune de Grahamstown, située à 2h de route de la plus grande ville, Port Elizabeth, est idéalement petite pour la provinciale que je suis. On n’y trouve peu de choses à faire (peu d’activités culturelles par exemple) ce qui laisse tout le temps d’arpenter les bars situés à deux pas du campus. Les prix défiant toute concurrence (shots à 0.15€ le jeudi soir), c’est là que je passe, honteusement peut-être, le plus clair de mon temps. Les lieux sont toujours bondés d’étudiant-e-s et, contrairement aux idées préconçues, les rues sont plutôt safe même de nuit, à condition de garder un œil sur vos effets personnels. Si les dimanches matins sont trop mornes, la ville offre également plus d’une quarantaine d’églises de différentes confessions qui lui attribuent le surnom de « City of Saints ». Vous n’y trouvez pas d’immenses centres commerciaux mais les boutiques et supermarchés sont suffisamment nombreux pour vous procurer tout le nécessaire. Petit plus pour les fans de poulet : 2 enseignes KFC trônent fièrement en centre-ville. La société de location de voiture Avis vous propose des tarifs abordables pour vos escapades de fin de semaine.

L’heure des voyages sonne en effet dès l’arrivée lorsque l’on comprend qu’on a vite fait le tour de « Gtown ». La ville est relativement isolée due aux très grandes distances ; l’Afrique du Sud est immense et l’on se rend rarement au Cap pour un week-end seulement. Néanmoins, de très nombreux coins valent la peine d’être visités dans la région du Eastern Cape et les paysages sont magnifiques. Petit plus non négligeable pour les amoureux de l’océan : Gtown est à 45min en voiture de la plage la plus proche. Le climat, lui, est très capricieux mais se plaindre de la pluie peut-être malvenu quand on apprend que le pays manque cruellement d’eau. Si les locations de voiture restent le moyen le moins cher pour voyager c’est parce que les compagnies aériennes connaissent peu la mode du « low cost » et les prix pratiqués dans cette catégorie ne sont pas beaucoup moins chers que les compagnies de base. Oubliez le train et le bus.

Quid du feeling général ? C’est certainement l’une des destinations les plus enrichissantes de part la diversité de sa population. 11 langues officielles et autant d’ethnies ont donné au pays le surnom de « nation arc-en-ciel ». La langue la plus parlée dans la région est le Xhosa et l’anglais est rarement la première ou seule langue d’un étudiant sudaf ; il arrive souvent de devoir tendre l’oreille pour comprendre les commerçants hors campus qui n’ont pas le niveau d’étude des étudiants ou des professeurs d’université. Résultat : vous améliorez considérablement votre compréhension de l’anglais et vous n’êtes pas pénalisés à l’oral ou à l’écrit pour ne pas avoir un anglais parfait puisque c’est souvent le cas des étudiants locaux. C’est une destination qui a du caractère et qu’on peut appréhender si on se concentre sur les très grandes différences qu’il existe avec l’Europe : la pauvreté est omniprésente (80% de la population de Gtown vit dans les townships), les infrastructures générales sont rarement en bon état, les coupures d’eau/d’électricité sont fréquentes sur le campus, et la fin de l’Apartheid est loin de signifier la fin du racisme.

Pour autant, les sudafs ont beaucoup à nous apprendre sur le vivre-ensemble et sur l’hospitalité. Au-delà de sa population, le pays vous offre donc des paysages à couper le souffle, l’occasion de progresser en anglais au même titre que dans des grandes facs américaines, tout ça dans une monnaie locale qui rend cette destination financièrement abordable et vous évite la banqueroute ! »

 

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