« Hoi hoi, Maastricht ! »

Comme vous le savez, chaque semaine, nous allons à la recherche de témoignages exclusifs à l’autre bout de la planète rien que pour vous. Et aujourd’hui, nous vous proposons de vous envoler avec nous vers les Pays-Bas avec Valentine Guigou, qui nous écrit avec humour depuis Maastricht.

« À l’évocation de mon départ à Maastricht, certaines questions sont revenues plus souvent que d’autres : « Mais tu parles allemand ? », « C’est où ? », « C’est pas un traité ? », « Donc tu vas devenir une Maastrichienne ? (lol, HILARANT) ». Bref, on se rend vite compte que notre connaissance sur cette ville est très limitée. C’est pourquoi j’ai décidé de mettre ma main d’aixpat’ à la patte et de pondre un petit article pour quiconque viendrait y faire un tour. Rassure-toi, tout va bien se passer (Mélissa vous le promet aussi).

Maastricht est une ville modérément grande, à taille humaine, dans le sud des Pays Bas. On y parle donc pas du tout allemand, mais néerlandais, qui finalement est un mix bien barbare entre de l’allemand, du danois et de l’anglais. Je vous préviens ça n’est pas très joli à entendre, ou à lire d’ailleurs. Mais finalement, ça n’arrive pas si souvent. Je m’explique. L’université à laquelle j’étudie, FASoS (Faculty of Arts and Social Sciences), et plus généralement le système universitaire à Maastricht est très ouvert aux étudiants étrangers. En effet, sur les 20.000 étudiants de Maastricht, 40% ne sont pas néerlandais. De ce fait, les gens sont beaucoup plus enclins à parler en anglais, car il y a toujours dans le coin quelqu’un d’aussi circonspect que toi face au dutch. Résultat, tu te dégotes très facilement une fine équipe d’internationaux prêts à se mettre des caisses chacun à sa façon (nb : tu apprendras très vite qu’il ne faut jamais défier un Polonais dans un bar). Finalement, j’ai compris à quel point le fait que l’U.E. soit née à Maastricht avait du sens, car une chose qui m’a vraiment frappée ici, c’est que les gens se sentent bien plus Européens que Néerlandais.

Maintenant, la question est de savoir : es-tu fait pour vivre à Maastricht ?

Tu veux voyager à bloc pendant ton Erasmus ?

Si oui, continue à lire parce que Maastricht est vraiment hyper bien située si tu veux voyager. À mi-chemin entre Bruxelles-Charleroi et l’aéroport d’Eindhoven, tu peux totalement te permettre des petits trips de temps en temps.

Tu aimes Disneyland ?

Si oui, tu es au bon endroit. Si non, tu es probablement nazi. Moi qui viens du Sud, je pensais ne jurer que par les tuiles rouges et les tomettes, je me suis vite surprise à adorer les vieilles briques de la ville et ses clochers. En vérité, je citerais ma compagne de vie E. Peigné : « cette ville c’est Disneyland ». Tout est mimi-trop-choupi, quand les clochers sonnent les heures tu as le droit à de jolies petites mélodies, les gens sont gentils comme tout… En plus de ça, l’architecture est super typique des Pays Bas, et je dois l’avouer : c’est vraiment très joli.

Tu n’as pas peur des clichés ?

Si oui, tu ne vas pas être déçu.e. Attends-toi à devoir faire face à des situations très particulières telles que te faire draguer en rentrant chez toi à vélo et te voir proposer un date dans un coffee-shop. Oui, ces choses-là arrivent.

Tu aimes la bière et la bouffe de gros porc ?

Si oui, non seulement tu peux continuer à scroller, mais tu dois aussi savoir que tu as trouvé le véritable sens de la vie. Si non, tu peux retourner à ton sac de carottes et à ton thé détox.

Je suis tout de suite tombée amoureuse de la ville : son grand pont en pierre, ses apéros sur la Meuse, ses 12 pages de bières différentes au menu du Gouverneur, ses frites, ses gaufres… Vous l’aurez compris, venir à Maastricht ne fera de bien ni à votre foie ni à votre compte en banque, et ce n’est pas ici que vous vous lancerez en tant qu’instagrammeur.se healthy non plus. Passez à midi au Reitz pour des frites au saté, laissez-vous enivrer à 16h dans la rue commerçante par l’odeur des gaufres qui cuisent et donnez-vous rendez-vous à 20h pétante pour entamer la soirée avec une pinte autour du billard du Shamrock.

Tu aimes te tizer la gueule en public et l’ambiance inté ?

Si oui, reste là mon doux. Si non, que fais-tu à Sciences Po Aix ? J’ai tout de suite compris qu’ici, on ne rigole pas avec la fête. À notre arrivée nous avons été accueillis par une semaine d’intégration appelée INKOM (lien vidéo). Quand tu viens de l’école de l’ambiance, tu n’oses pas trop espérer mieux qu’une après-midi à te prendre des œufs sur le crâne et passer des heures à chanter une bonne vieille paillade (comment ça une « bonne vieille » paillade ?!). J’étais bien au-dessous de tout ça. Ici, il faut croire que l’intégration est une religion, et les soirées se transforment très vite en festivals. Tes « mamans » ou « papas » (bizuteurs) de l’intégration t’emmènent aux soirées de leurs assos, t’offrent des bières en veux-tu en voilà, et t’initient à la culture néerlandaise. Tous les jours/soirs, un programme différent, une nouvelle salle, un nouveau Dj, des nouveaux goodies, bref, PAS LE TIME. Après cette période de faste qu’est l’INKOM, pas d’inquiétude tout se met en route. C’est aussi là qu’on reconnait le charme des villes du Nord dans Maastricht. Tu te balades en ville un samedi soir, tout semble tranquille et pourtant tous les bars sont bondés, les gens chantent et boivent dans un joyeux bordel qui fait du bien à voir.

Bref, vous l’aurez compris, Maastricht mérite d’être bien plus connue qu’elle ne l’est.

Cependant, il demeure un problème très particulier, inhérent à cette ville dont il faut que vous soyez au courant si vous venez y habiter : le syndrome de Maastricht. On en parle trop peu, et pourtant il détruit des vies ici. Comme je l’ai dit plutôt, à Maastricht il y a beaucoup d’étudiants, à qui on demande de pas mal bosser. La plupart des étudiants (là je parle surtout des Néerlandais et des Allemands) sont tellement stressés par leurs études qu’ils en délaissent leurs activités sociales. Encore une fois, attention ça n’est pas le cas de tout le monde. Niveau études, je n’ai pas forcément l’impression de bosser beaucoup plus qu’en 2A et même si, évidemment on se la touche beaucoup moins que les copains en Australie (cc les potes), ça reste faisable. Jusque-là pourquoi pas. Le problème est surtout qu’il y a beaucoup plus de filles que d’hommes ici. Résultat des courses : les filles trop frustrées sexuellement se rabattent à peu près sur tout ce qu’elles trouvent.

Il est donc temps de répondre à la dernière question. Mets-toi devant un miroir. Regarde-toi bien.

Tu es une femme ? Tu sais au fond de toi que tu ne mérites que Ryan Reynolds ou Zac Efron ? Il ne vaut peut-être mieux pas que tu viennes ici. Les temps seront durs.

Tu es un homme ? Tes parents t’ont déjà dit « tu n’es pas vraiment beau mais tu as un certain charme » ? Cette ville est faite pour toi ! Prépare-toi à raconter à tous tes potes comment tu as scoré un mannequin suédois !

Je sais que j’ai tendance à tourner ma ville d’adoption en ridicule mais Maastricht est une ville exceptionnelle, tant par la gentillesse de ses habitants que par son esthétique et son patrimoine. Si vous y passez, vous ne serez pas déçus. ❤ « 

 

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Valentine Guigou

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s