Amman : une oasis au milieu du désert

Le week-end dernier, la ville a connu ses premiers et surprenants flocons de neige de l’année et il faut dire que plus on approche les fêtes, plus on se caille en ce bon pays d’Aix. Et il faut bien dire que les partiels et les contrôles de TD n’arrangent pas les choses. Néanmoins, Mélissa te ramène au soleil auprès de Nastassia pour avoir un aperçu de sa troisième année en Jordanie, ce pays qui en fait tant rêver parmi vous! On lui laisse alors la parole, et on la remercie pour ce joli témoignage qui nous donne envie de prendre un billet sans retour direction Amman.

« Pour ma 3e année, j’ai fait le choix de partir à Amman, à la fois pour l’apprentissage de la langue mais aussi pour découvrir la vie en pays arabe. En effet, le fait de vivre dans un pays arabe vous immerge dans ce quotidien si différent du nôtre. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la Jordanie, aussi petite qu’elle soit, a son identité bien à elle qui la différencie de ses voisins. De la même manière, Amman est une ville pleine de charme et de surprises, à l’image du pays dont elle est le centre.

Tout d’abord, c’est une ville située en plein désert, de sorte que, quand mon avion a atterri, j’ai cru me poser au milieu de nulle part. Ce n’est qu’une fois dans le taxi que j’ai pu apercevoir la ville dans laquelle je m’apprêtais à passer 9 mois. La « ville aux sept collines » porte bien son nom, car pour arriver jusqu’à mon futur chez-moi, j’en ai traversé 4 ou 5. La ville est en réalité construite sur 19 collines, ce qui transforme tout déplacement à pied en véritable séance de sport. Dû à sa géographie quelque peu difficile, il n’y a que très peu de transports en commun, la plupart des trajets s’effectuant en taxi (leurs prix étant relativement faibles). Etant arrivée quelques jours avant le début des cours, mes premiers jours ont été ponctués de découvertes. J’ai pu me faire une première impression de la ville en découvrant mon quartier (Jabal el’webdeh), mais aussi d’autres quartiers, d’expats ou non. En effet, la ville est découpée en quartiers, pour beaucoup correspondant à la colline sur laquelle ils sont perchés, tous très différents les uns des autres. Certains regroupent la communauté d’expats, alors que d’autres nous permettent d’entrer plus facilement en contact avec des jordaniens. C’est le cas du quartier dans lequel se situe le souk, que j’ai pu découvrir les premiers jours, et dans lequel nous faisons nos courses aujourd’hui, quand nous ne voulons pas nous ruiner. Car en effet, la vie est relativement chère ici, en particulier en ce qui concerne les produits « occidentalisés », mais en trouvant les bonnes adresses on arrive à s’en sortir sans perdre un bras. Pour ce qui est de l’ambiance locale, elle diffère assez de ce que l’on connaît en France. En effet, les gens sont assez chaleureux et avenants.

24882850_1540616059321583_1745497938_o

La citadelle d’Amman 

De plus la religion est assez prégnante mais pas pesante. Il y a des mosquées un peu partout, aux heures de prières le muézin chante (à 5h30 du matin aussi, oui oui) et les femmes sont pour beaucoup voilées. Je ne trouve pas cette présence de la religion pesante car il n’y a aucune obligation pour les femmes de se voiler (on ne nous a jamais demandé de le faire), et plus globalement le fait de ne pas être musulman n’est pas du tout un poids. De plus, en ce qui concerne les femmes, l’ambiance est moins lourde que dans d’autres pays musulmans (notamment l’Egypte ou certains d’entre nous sont allés). En effet, bien que la tenue vestimentaire doit être assez couverte (exit les minijupes ou les crop tops), cela reste assez libre, même si cela dépend du quartier ou de la ville.

Au-delà de la géographie ou de l’ambiance de la ville, le contraste entre son histoire très ancienne mais aussi très actuelle est frappant. En effet, en se promenant dans Amman (mais aussi en Jordanie plus largement), on trouve de nombreuses ruines romaines. Néanmoins, la quasi-totalité de la ville a été construite très récemment, ce qui fait que l’architecture entre quartiers est très similaire. Ainsi, je conseille fortement la Jordanie pour les passionnés de la Rome antique, car le pays recèle d’innombrables vestiges. De plus, un autre avantage de la Jordanie est le fait que c’est un petit pays et qu’il est donc très facile d’y voyager. Amman étant quasiment au centre du pays, il est possible de faire l’aller-retour presque partout dans la journée. De plus, la Jordanie étant en paix avec ses voisins, et au centre du monde arabe, il est assez facile de voyager dans la région à moindre coûts. Il est même possible d’aller en Palestine ou en Israël assez facilement. De plus, le fait de parler quelques mots d’arabe est assez utile pour voyager dans la région, tout le monde ne parlant pas anglais, comme par exemple en Egypte où nos quelques mots nous ont permis de nous faire comprendre ne serait-ce qu’un petit peu.

24946474_1540616069321582_264768806_o.jpgEn ce qui concerne les cours, car nous sommes tout de même ici pour ça, nous sommes submergés par l’arabe. En effet, que ce soit à l’IFPO ou à l’Université Hachémite, nous n’avons que des cours d’arabe (en tout cas au premier semestre). L’IFPO se situe au centre d’Amman, près de l’ambassade de France. Nous sommes mélangés à d’autres étudiants (français ou non), tous là pour apprendre ou perfectionner leur arabe. Nous avons 10h de cours par semaine ce qui nous permet de faire des progrès assez rapides, ce qui est utile étant donné que beaucoup de jordaniens ne maîtrisent pas ou peu l’anglais. Ainsi nous faire comprendre dans leur langue nous permet de communiquer, de se lier d’amitié plus facilement, ou tout simplement de se faire moins arnaquer. De son côté, l’université Hachémite, qui n’est pas à Amman mais dans une ville proche, a un apport complètement différent. Nous y suivons, pour le premier semestre des cours d’arabe, néanmoins, moins efficaces qu’à l’IFPO. En revanche, nous sommes entourés d’étudiants jordaniens (étant donné que nous sommes les seuls expats) qui n’hésitent pas à venir nous parler, en anglais voire en arabe, ce qui nous permet de faire des progrès en dialecte. De plus, le cadre de l’université est assez agréable, le climat y étant plus chaud qu’à Amman et le campus étant bien aménagé et comportant des espaces « vert » (l’herbe étant fausse, étant donné la sècheresse du sol). Le bilan de ces premiers mois est assez positif que ce soit du point de vue de la vie sur place ou des cours que l’on a. Malgré quelques difficultés dues à l’installation dans un nouveau pays, l’éloignement de la France, etc… nous nous sommes tous adaptés à la Jordanie et apprécions notre vie ici. Je conseille donc la Jordanie à tout apprenti arabisant, amoureux de la culture arabe ou tout simplement curieux de connaitre ce monde tant mystifié. En espérant que vous fassiez le bon choix ;).»

 

Nastassia

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s