« Tribulations d’une 3A en Chine »

« J’écris ce témoignage dans un train partant vers le Huangshan (ou « Montagnes Jaunes »), après une bonne dizaine d’heures allongée sur une couchette qui se rapprocherait d’une planche de bois niveau confort et entourée de Chinois. Très « filmesque » comme situation.

Shanghai était mon premier choix qui soit « sensé ». En vérité niveau villes chinoises, il y en avait qui me tentaient davantage, comme Canton pour des raisons personnelles (Mais je ne me sentais pas encore capable de continuer mon apprentissage du mandarin ET d’apprendre le cantonais, réputé plus difficile). Quoi qu’il en soit, je ne voulais pas partir à Pékin mais passer mon premier semestre dans le « Pays du Milieu ». En réalité, qu’importe la ville de Chine que l’on choisit, il y aura toujours un choc culturel, ce sentiment de partir à l’aventure dans notre quotidien et même pour de simples choses du quotidien, que ce soit pour expliquer ce que l’on cherche dans un magasin, pour trouver un endroit que l’on cherche (Timeout Shanghai devient alors le meilleur ami de l’expatrié dans cette ville pour tous les bons plans).

J’atterris à l’aéroport de Shanghai Pudong après deux jours de correspondances et d’avion début septembre. C’est la fin de journée et la chaleur est étouffante comme en été. Je me fais arnaquer à moitié par un taxi pour aller au district de Hongkou où se situe la SISU, l’un des districts historiques de la ville. Le trajet a duré une heure et là pour la première fois je suis frappée par l’immensité de Shanghai. Récemment j’ai eu à nouveau cette sensation en traversant la ville en bus pour aller à Nanxun (un village d’eau à trois heures de Shanghai) car, prenant habituellement le métro, je ne remarque pas forcément à quel point c’est grand.

Je me suis sentie perdue les premiers jours et mes maigres notions de mandarin ne m’ont pas aidée, je me suis vite sentie désœuvrée et dus faire face à plusieurs petits obstacles qui, parce que je ne comprenais pas très bien la langue (et parce que par exemple le personnel du logement sur le campus pour les étudiants internationaux ne parlent bizarrement pas anglais et vous le font comprendre d’une manière fort peu sympathique), m’ont fait vite perdre mes moyens. Cependant, ayant de la famille en Chine, celle-ci a pu m’aider à résoudre ces quelques problèmes. À partir de là, j’ai pu commencer à apprécier pleinement mon semestre à Shanghai.

Concernant les cours, les étudiants internationaux sont répartis en groupes de niveau après avoir été confrontés à des tests, un oral et un écrit. Je me suis retrouvée en Élémentaire 1 mais je n’eus pas à réapprendre les bases du chinois (enfin je revois de la grammaire déjà vue lors de mes deux années de mandarin à l’IEP mais j’ai l’impression d’avoir fait des progrès de fou en un mois de cours et d’immersion complète en Chine). Les cours de chinois (tous les matins au nombre de trois heures) sont comptés dans les crédits à valider pour le semestre et il faut choisir en plus deux ou trois options en anglais dans le domaine des Sciences politiques. Les professeurs étant assez exigeants, il y a un volume de travail personnel important à fournir mais c’est aisément surmontable et cela n’empêche pas de profiter de la vie shanghaïenne. Concernant les activités de l’université pour les étudiants internationaux, je ne les trouve personnellement pas très nombreuses. Il y a eu un voyage samedi dernier à Nanxun pour ceux qui désiraient y participer (« Autumn Trip », il y en aurait aussi un pour le printemps), il y a aussi deux jours de compétition sportive (que je rate actuellement pour aller au Huangshan), un concours d’éloquence et de lecture (en chinois sinon ce ne serait pas drôle) et l’on aura droit à un gala d’hiver avant nos examens de fin de semestre. Cependant, je trouve personnellement dommage c’est le fait que les étudiants internationaux soient séparés des étudiants chinois, puisque répartis dans deux campus distincts (Hongkou pour les étrangers, Songjiang pour les chinois) ce qui rend les rencontres compliquées mais pas impossibles.

J’ai gardé le meilleur pour la fin. J’avais peur, en choisissant Shanghai, de trouver une ville trop moderne, sans histoire ou du moins qui a été effacée pour laisser place au développement comme c’est le cas pour certaines villes chinoises. Et je me suis trompée. Le mot parfait pour décrire Shanghai serait « contrastes« . Cette ville en est remplie. Elle est à mi-chemin entre l’Occident et l’Orient, le premier de par son histoire de concessions aux puissances étrangères comme la France (preuve en est à Xintiandi), le second parce qu’elle reste une ville chinoise, l’on peut oublier parfois que l’on est à Shanghai, la première ville chinoise pour les expatriés quand l’on voit des gens nous pointer du doigt ou prendre des photos de nous de manière flagrante (c’est surprenant au début, agaçant ensuite et enfin habituel). Entre l’ancien et le nouveau parce que si les gratte-ciels pullulent et continuent d’être construits, il y a des endroits historiques qui valent le coup d’œil à condition de sortir des sentiers battus. Entre communisme et capitalisme, l’endroit qui me vient à l’esprit pour ce contraste, c’est le Bund, d’où l’on peut apercevoir l’une des plus célèbres « skylines » du monde, étalage de la puissance économique chinoise, reflet d’un certain capitalisme et juste face à cette vue, se trouve une statue du « Petit Timonier » que l’on ne présente plus.

Shanghai est également connue pour sa vie nocturne chantée par Zhou Xuan. Adeptes de boîtes de nuit, de bars, de restaurants tranquilles ou de karaokés, le choix est présent pour passer une bonne soirée. C’est une ville qui est bon marché pour les expatriés mais plutôt chère pour les chinois (l’on voit bien le gouffre entre riches et pauvres à Shanghai), où la nourriture est très bonne et vraiment pas chère, de même pour les transports (je n’ai jamais autant pris le taxi) et il n’y a aucun moment où je me suis sentie en danger (excepté au moment de traverser la route où il faut être aux aguets et extrêmement vigilant à moins de vouloir se faire renverser). La pollution de l’air peut cependant poser problème mais je ne sens pas tellement la différence. Un auteur a écrit que Shanghai était la « ville qui ne s’assied jamais« , il y a en effet toujours quelque chose à découvrir, des choses à voir hors des sentiers battus, ne pas avoir peur de discuter les prix pour payer moins cher (au Fake Market notamment). Même si la barrière de la langue peut très souvent poser problème, le fait que les chinois regardent souvent bizarrement les étrangers voire les prennent en photo de manière ostentatoire comme des attractions touristiques peut gêner… tout cela n’empêche pas d’apprécier la ville, la culture et le pays.

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Aux futurs Aixpat à Shanghai, le dépaysement sera garanti ! »

Célia Hoarau.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s