Durham : « Shaped by the past, creating the future » !

On continue la rubrique des Aixpats en partant cette fois-ci en Angleterre et plus particulièrement à Durham. Certains d’entre vous diront que ce n’est pas très exotique et que seule la pluie constitue une nouveauté par rapport à notre cher Aix. Mais détrompez-vous! Déjà, parce que la ville de Durham a accueilli des tournages de la saga Harry Potter (et en soit on pourrait s’arrêter là parce que c’est déjà un truc de dingue) et aussi parce que c’est  un véritable voyage dans le temps que d’aller dans cette université qui a plusieurs siècles derrière elle. Aujourd’hui donc, Eliott Mogenet nous décrit l’ambiance de cette école au croisement de l’ancien et du nouveau, des traditions et de l’innovation…

  • Pourquoi l’Angleterre ? Durham était-il ton premier choix ?

« Avant de parler de l’université en soi, j’aimerais raconter une expérience particulière, que chaque étudiant arrivant à Durham, appelé « fresher » (et ce sera peut être votre cas l’année prochaine) garde longtemps gravée dans sa mémoire. Elle résume à elle seule, l’esprit de l’université.

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« Au début de l’année, a lieu la cérémonie de matriculation. Autrement dit, l’adoubement officiel de l’université à votre égard, vous, jeune étudiant, minuscule face aux 1000 ans d’Histoire de cette ville du Nord de l’Angleterre. Aujourd’hui, seules trois universités dans le pays – Durham, Oxford et Cambridge – continuent de perpétuer cette tradition.

« Au cours de cette cérémonie, chaque étudiant se doit de revêtir une grande cape noire, appelée « gown » ; symbole de l’intégration au sein d’une nouvelle communauté, et peut-être aussi le poids des codes et traditions de ce vieux pays tout entier sur les épaules. Silencieuse et solennelle, la longue procession des étudiants avance pas à pas vers l’imposante Cathédrale de Durham, surplombant la ville depuis l’an 1093. Une fois les portes passées, ça donne des frissons… Accompagné par le son des orgues, chaque étudiant regagne sa place et, prenant conscience du moment exceptionnel qu’il est en train de vivre, s’apprête à faire son entrée dans un nouvel âge de sa vie.22834251_1817027361658476_1382311727_n

« Je ne vous raconte pas la suite; si vous voulez savoir ce qui se passe dans cette cérémonie si particulière et mystérieuse, postulez à Durham, vous ne serez pas déçus, c’est promis ! »

  • Niveau ambiance et intégration, est-ce que c’est assez similaire à Sciences Po Aix ?

 » C’est encore mieux ! Une fois arrivé à Durham, un « College » vous est attribué ; pour moi, c’était St Johns : ancien, assez central, en plein coeur du quartier historique. En bref, c’est votre nouvelle famille. Je ne rigole pas, vous avez vraiment « une mère, un père, un oncle… » qui vous attendent, et qui sont là pour que vous vous sentiez de nouveau chez vous. Petite anecdote par exemple, quand je suis arrivé pour la premiere fois au « College », j’ai découvert  que tout le monde portait le même T-Shirt, avec mon nom dessus, et celui des 150 autres « freshers »… Difficile de ne pas se sentir le bienvenu dans une telle communauté !

« Le College est le lieu de toutes les activités. Les rendez-vous quotidiens au bar ou dans les salles très « british », les traditionnels « formal dinners » chaque semaine, reproduction à l’identique du banquet d’Harry Potter en arrivant à Poudlard, ou encore tous les sports inimaginables.

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« Ah le sport ! C’est un élément important de la vie étudiante ici. Il fait naitre la cohésion, l’effort et l’idée de communauté aussi. D’ailleurs, quand 90 étudiants s’inscrivent à l’aviron au début d’année, et qu’aucun ne manque l’entrainement à 6h30 du matin, ça fait plaisir ! « 

  • Qu’est-ce qui te plaît le plus là-bas ? (Et le moins ?)

« La vie au College restera sans doute un des plus beaux souvenir de l’année. C’est un peu la spécificité du modèle anglo-saxon, l’idée d’appartenir à un campus, avec son atmosphère et son décor presque cinématographique. Seul regret : n’y rester qu’un an ! « 

  • A propos des cours, es-tu satisfait ? Y-a-t-il plus de travail qu’à Aix ?

« Par rapport à Sciences Po, la différence est assez flagrante. L’enseignement supérieur en Angleterre part du principe que vous êtes, avant tout, un individu, libre et indépendant, doué d’opinion et de sensibilités ; et non une machine à apprendre et à recracher des connaissances. Autrement dit, les cours sont vraiment sous le format de la discussion, du débat et de l’écoute. Et d’ailleurs, vous avez très peu d’heures de cours (entre 6 et 12h selon les semaines), et durant le reste du temps, vous vaquez aux occupations de votre choix. Vous pouvez vous inscrire à des « societies », faire du sport, passez toutes vos nuits en soirée, ou alors inversement, vous tuez au travail, comme les milliers d’étudiants chinois, qui sont tombés littéralement amoureux de la bibliothèque (qui est très belle, on est tous d’accord).22811277_1817027404991805_636212345_n

« Néanmoins, si vous voulez profiter de votre année pour progresser en anglais (et valider votre 3A au passage), je vous conseille de trouver un juste milieu. Commencez à vous organisez et préparer un minimum vos leçons, parce qu’en cours, on ne vous fera pas de cadeau. C’est d’ailleurs, à mon sens, le meilleur enseignement de Durham: trouver un équilibre entre les opportunités qu’un pays étranger peut vous offrir, et les obligations qui s’y rattachent. Vraiment, ça vous servira toute votre vie ! »

Quel conseil donnerais-tu à un 2A qui hésite à partir à Durham ? Pourquoi cette université et pas une autre?

« Durham a bien plus à vous offrir que toutes les autres universités partenaires réunies… Qu’on le veuille ou non, Warwick, Nottingham ou Birmingham sont assez récentes, et « l’âme » de Durham, avec ses traditions et son esprit très particulier (je ne parle pas de fantômes), n’est présente que dans ses murs. Pour la petite histoire, un jour, j’ai mis mon pull de promo, avec fièrement inscrit l’année de création de l’IEP « 1956 ». Résultat, ils m’ont rit au nez…Quand on pense aux premiers étudiants en 1832, et avant eux, les premiers cours dispensés dans le « college » de Durham en 1657, on comprend vite pourquoi. « Shaped by the past, creating the future », « façonné par le passé, créant l’avenir » comme ils disent dans leur devise. »

 

On remercie Eliott pour sa participation et lui souhaitons une bonne année (et un bon retour parmi les moldus!).

Marie Pouzadoux

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