« He for She »

Depuis environ deux semaines,  la visibilité du harcèlement sexuel a explosé dans les médias après l‘affaire Weinstein et maintenant #balancetonporc. Chacun y va de son article, du Monde en passant par Libération jusqu’au déchet d’extrême-droite qu’est Atlantico. Les personnalités politiques s’expriment plus ou moins maladroitement (Bruno Lemaire), Eric Zemmour pousse de petits cris aigus largement relayés… Bref, chacun a son mot à dire. Même Jean-Pierre Pernault s’écarte le temps de quelques reportages de la foire au vin de Moissac pour commenter un ou deux reportages laborieux sur le harcèlement. Les langues se délient et de nouveaux coupables se dessinent dans les profondeurs insondables des violences faites aux femmes. Le sujet n’est pas nouveau et a émergé depuis un an environ, avec notamment la médiatisation de l’initiative Paye ta Shnek d’Anaïs Bourdet qui recense tous les témoignages de harcèlement envoyés sur sa page. On lit de tout, partout, de la part de tout type de femmes, agressées par tout type d’hommes. Un schéma classique qui se répète encore et encore avec des personnages et des scénarios différents. En parler, c’est déjà ouvrir un débat et toucher ceux, par la force des médias, que le sujet n’intéresse pas spécifiquement. C’est aussi faire comprendre que ce n’est ni « normal » qu’un homme trouve en lui-même la légitimité de commenter l’aspect physique d’une femme et que cette femme ne se « victimise » pas en le faisant remarquer.

Mais comme tous les phénomènes médiatiques, on le sait, le débat aura marqué quelques consciences et va s’essouffler pour être remplacé par autre chose. Chaque jour pour certains, parfois pour d’autres ou jamais sûrement, on lit des articles et pendant quelques secondes, la colère monte, puis on passe à autre chose. On a tous une vie, des ami.e.s, des cours, des copains/copines/plan cul, autre chose à faire qu’être en colère et militer.

Mais concrètement, que faire ? Aujourd’hui on est pas là pour faire notre promo. A l’IEP, notre star locale (Lucie Luthereau) s’occupe de la mission égalité. C’est normalement obligatoire à l’université, mais tout le monde sait que l’obligation est une notion floue par ici. A force d’insistance, Mme. Luthereau a obtenu la mission égalité mais également toute la charge qu’elle représente (bien qu’elle soit secondée par Camille Boyer). Le but est de promouvoir l’égalité femme/homme à l’IEP, de corriger d’éventuels problèmes liés à des discriminations de genre et sensibiliser.

C’est donc Lucie Luthereau qui gère la mission et nous avons découvert ce matin que mi-novembre se tiendra un débat d’une heure sur les « insultes genrées ». Les heureux participants ont été tiré au sort pour leur plus grande surprise (cc Certic). On connaît Lucie et on a confiance. Cette mission est à suivre de prêt, stay tuned.

Résultat de recherche d'images pour "meme feminism"

Aussi, nous avons demandé à Camille de nous parler un peu plus en détail de cette « mission égalité. Voici sa réponse :

« La mission Egalité Homme-Femme de Science Po Aix a été crée en 2015, Lucie Luthereau en est la référente. Encore en construction, cet organe a pour ambition de poursuivre son développement cette année et surtout dans les années à venir. La mission a pour objectif premier de constituer une zone d’accueil et d’écoute pour tous.tes les étudiant.e.s et membres du personnels victimes de violences liées au sexe et au genre au sein de l’IEP (discriminations, harcèlement etc.). La mission peut aussi constituer une passerelle entre les personnes en difficulté et l’administration. C’est la priorité qu’a  voulu lui insuffler Lucie. Un bureau sera bientôt installé pour pouvoir recevoir les étudiant.e.s et personnels plus facilement. Son second objectif est d’être un acteur de sensibilisation et d’éducation des étudiants aux thématiques liées au sexe et au genre et ce par différents moyens. La mission organisera tout d’abord un premier cycle de conférences intitulées « Femmes et Politiques », dont la première aura lieu le 28 novembre à 18h au sein de l’IEP. L’invitée d’honneur de cette conférence est Camille Froideveaux-Mettrie, auteur du livre « La Révolution du Feminin » et réalisatrice d’un docu-fiction intitulé « Dans la Jungle« . Une deuxième puis une troisième conférence devraient suivre. En outre, la mission veut « obliger » les étudiants à réfléchir aux questions de genre : c’est pour cela que seront tirés au sort 30 étudiants de 2ème année pour un débat qui aura lieu le 14 novembre. Parmi les autres projets, nous réfléchissons à l’organisation d’une « Journée du genre », qui prendrait la forme d’une expérience réflective sur les stéréotypes de genre. Dans cet objectif de sensibilisation, la mission souhaite collaborer avec toutes les associations étudiantes volontaires.
Enfin, la mission veut collecter une base de données quantitative et qualitative pour rendre compte de l’état des relations de sexe et de genre au sein de l’IEP, afin d’orienter avec le plus de précisions possibles ses actions futures. « 

Et bien sûr MG est sur le coup pour de futures coopérations.

Bisous les jeunes.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s