Le come back de la promo Arendt

« Partir un jouuuuur, sans retouuuuur » n’est pas vraiment le crédo de la troisième année, et c’est à l’occasion du forum de mobilité de ce mardi, de 18h à 20h, que les étudiants de Sciences Po pourront rencontrer leurs aînés qui sont revenus de destinations toutes plus exotiques les unes que les autres. Mélissa a donc voulu en interroger quelques uns pour avoir leurs sensations post-3A, tant qu’ils sont encore à chaud.

Eh oui, on imagine aisément que ça doit pas être facile de revenir à Aix en sachant que même si tes potes et tes bars préférés t’attendent, y’a aussi un Grand O et un mémoire à pondre qui sont là pour te ramener à la dure et triste réalité. Aujourd’hui donc, Léna Prouchet, Mathilde Nourrain Texier Perenet et Marc Gielblat vous parlent de leur come back et de leurs impressions sur leur 3A. Par ailleurs si vous êtes intéressés par ce que vivent nos actuels troisième année, sachez que la rubrique « Aixpatriés » de Saport’actu reprend très vite ses fonctions et vous livrera les détails croustillants des aventures des Aixois en vadrouille.

  • Présentez-vous et dites nous quelle était votre destination l’année dernière?

Léna: Je m’appelle Léna et je suis en master 1 expertise internationale. J’ai passé ma 3ème année à l’université jésuite ITESO à Guadalajara, au Mexique.

Mathilde : Moi c’est Mathilde. Arrivée en 1A direct après un bac S et aujourd’hui en 4A, M1 métiers de l’Information. Je me suis investie dans la vie associative de l’IEP pendant mes premières années avec le club oeno, la danse orientale ou le rugby. Aujourd’hui je suis dans le bureau de Mauvais Genre. L’an dernier je suis partie dans la baie de San Francisco grâce au réseau ISEP. California State University East Bay est le nom exact si vous êtes curieux.

Marc : Je suis Marc Gielblat. Je suis actuellement en quatrième année, master histoire militaire. L’année dernière pour ma 3A, je suis parti en Jordanie dans le cadre du partenariat IFPO/Université Hashémite où j’y ai passé toute l’année universitaire. Après ça j’ai choisi de partir en Palestine, à Naplouse pour y faire un stage à l’Institut français pendant 2 mois.

  • Pourquoi avoir choisi ce pays en particulier?

Léna: J’avais des critères assez exigeants concernant le choix de ma destination : je voulais parler espagnol, partir loin, pouvoir beaucoup voyager, avoir des cours intéressants à la fac et avoir du soleil et chaud toute l’année. J’avais donc dirigé mon choix vers un pays d’Amérique Latine. Lors du forum de mobilité en octobre, j’ai rencontré une étudiante de 4ème année qui revenait du Mexique, plus particulièrement de Guadalajara. C’est elle qui m’a convaincue d’aller étudier à l’ITESO ; ce que je ne regrette pour un rien au monde !

Mathilde: Amérique du Nord c’était vraiment LE TRUC que je voulais. Mon premier choix était le Canada mais ça m’est passé sous le nez. Cette région (la Californie), c’est parce que je voulais devenir bilingue en anglais et me familiariser avec la culture mais aussi parce que j’avais pour objectif de partir travailler là-bas plus tard.

Marc :  J’ai pris pas mal de temps à me décider définitivement sur le choix de la destination. Faisant du russe et de l’arabe, j’ai d’abord longuement hésité entre Moscou et un pays arabe. Mais j’ai choisi cette dernière option : l’expérience serait plus singulière et dépaysante que celle en Russie. J’étais aussi assez attiré par l’aspect bordélique et nonchalant qu’on se représente du quotidien au Moyen-Orient et je souhaitais également découvrir plus profondément cette région qui, à part pour parler de guerres ou d’attentats, est en réalité très peu connue. Après élimination sur les partenariats que propose l’IEP, j’ai décidé de partir en Jordanie, pays que je ne connaissais alors absolument pas.

  • Un conseil pour les 2A qui doivent faire leur classement ?

Léna: Je pense qu’il faut réfléchir sur ce que l’on souhaite vraiment et ce que l’on veut vivre durant notre année à l’étranger. On sous-estime souvent le climat et le coût de la vie. Si vous êtes dans un super pays mais que vous n’arrivez pas à voyager car vous avez juste assez pour payer le loyer, c’est dommage… Il faut aussi penser que partir loin, c’est souvent découvrir des cultures différentes dans lesquelles on s’adapte plus ou moins. Par exemple, le Mexique est un pays « désorganisé » de notre point de vue : la grande majorité des mexicains prévoient tout au dernier moment, ne respectent pas les horaires ou annulent aussi au dernier moment. Il faut être prêt à s’adapter. Personnellement, je ne regrette pas d’être restée dans le même pays toute l’année car le premier semestre m’a permis de trouver mes marques et de m’adapter au pays et à la langue. Au second semestre, je me sentais déjà un peu « comme chez moi » : ainsi j’étais beaucoup plus à l’aise pendant mes cours ou mes voyages.

Mathilde : Ne confondez pas rêve et réalité ! Faites attention aux législations en vigueur pour l’alcool, les bars, les clopes… Checkez s’il y a une vraie ambiance sur votre campus ou si c’est calme. Moi qui adore SPX pour l’effervescence associative, j’ai passé une année assez frustrante de ce côté là.

Marc :  C’est assez difficile de donner des conseils concernant le classement, cela reste à mon sens assez subjectif. Mais je peux donner mes impressions sur les trois destinations du Moyen-Orient que propose l’IEP : Beyrouth, Le Caire et Amman.  Beyrouth est une ville vraiment fascinante à défaut d’avoir un véritable charme. Il y a de nombreux quartiers aux ambiances très différentes, certains à l’ambiance très européenne avec des bars, des terrasses, des boites ; et d’autres, très populaires à l’ambiance beaucoup plus traditionnelle. La ville, ou le pays dans sa globalité est très intéressant par sa diversité de paysage, de communauté et son histoire complexe. Le pays est riche malgré sa superficie mais seul point noir: on parle facilement français, donc pratiquer l’arabe est moins aisé… Le Caire, c’est autre chose, une ville immense, bordélique pas forcément belle en elle-même, mais qui pour moi a un charme fou. Il y a une richesse et une vie culturelle incroyable. J’ai personnellement trouvé les Cairotes vraiment sympas et accueillants, mais beaucoup n’ont pas eu la même opinion. Amman est une ville beaucoup plus modeste et calme. Le centre-ville, un des lieux les plus anciens de la ville doit dater des années cinquante, mais il y a vraiment une ambiance extraordinaire, avec de nombreux petits cafés populaires pour fumer un narguilé et avec thé. Et même si la ville paraît aux premiers abords sans véritable vie culturelle, on découvre au fur et à mesure des endroits vraiment sympas et une jeunesse de Jordanienne, Palestinienne, Syrienne ou Irakienne qui essayent de faire un peu bouger les lignes dans la région. Le programme entre l’IFPO et l’université Hashémite souffre parfois de petits problèmes de coordination, mais je pense que c’était vraiment une super opportunité. L’IFPO nous a permis d’avoir des bases solides en arabe et l’université Hashémite c’était plus pour la découverte. C’est une université perdue au milieu du désert à une heure d’Amman. Avec les quatre autres aixois, nous étions les seuls étudiants non arabes sur les 30 000 que comptait l’université. Un moyen de faire des belles rencontres même si en se heurtant parfois à des incompréhensions culturelles.

 

 

Concernant ce qu’ils ont préféré pendant leur troisième année, les avis sont divers en raison de leur destinations variées.  Léna a adoré le PAP (Proyecto de Application Profesional olé ndlr.), qui est un programme spécifique de son université et qui permet de faire un stage de fin d’étude d’environ 12h par semaine. Ainsi, elle a pu aller dans un centre éducatif dans un quartier très pauvre de la ville, organiser des activités avec les enfants et faire du fitness avec leur mère. Comme elle nous l’affirme « ce sont des rencontres qui m’ont marquée profondément; je suis toujours en contact avec mes élèves ».  Du côté de la Californie, Mathilde nous a confié que la nourriture venant des quatre coins du monde et la mentalité des californiens sont deux points qui lui manquent particulièrement. Cependant, elle avait quand même envie de rentrer en France (rien ne remplace du bon fromage lol), preuve que le retour de la 3A n’est pas synonyme de dépression nerveuse. Marc lui, du côté du Moyen-Orient, a adoré son expérience en Jordanie et tous les voyages qu’il a pu faire pendant son année. Il a particulièrement aimé le fait d’être immergé dans la culture arabe dans son université, et même s’il nous avoue avoir été un peu déçu de la ville d’Amman au premier abord, il veut absolument y retourner.

Enfin, on imagine très bien qu’il y a beaucoup de choses (en positif comme en négatif) qui sont bien différentes à l’étranger qu’à Aix. On leur a donc posé LA question sur ce qu’ils regrettaient le plus de cette année loin d’Aix. Léna nous a parlé du fait d’habiter dans une grande ville de près de 3 millions d’habitants (ça change d’Aix effectivement) et Mathilde de la bienveillance des Californiens et du lever de soleil sur « Frisco ». Marc nous a expliqué l’hospitalité de la population au Moyen Orient et le contraste avec le métro parisien si froid et impersonnel, qui lui donne envie de repartir aussitôt pour une nouvelle destination loin…. Si tous sont contents de retrouver leurs potes français, un point reste commun à toutes ces expériences : ils se sont fait des amis extraordinaires là bas et ils ont kiffé la bouffe (de vrais Français).

On remercie Léna, Mathilde et Marc pour le temps qu’ils nous ont accordé, et pour leurs réponses : on espère que cela aidera ceux qui partiront l’année prochaine, ou l’année d’après…

Loane Watrelot

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