Interview quatre étoiles avec Jean-Victor Roux, auteur de « La Table, une affaire d’Etat »

Aujourd’hui Saport’actu revient avec une interview pour le moins inédite. En effet, nous (Jade et Loane ndlr) avons eu l’opportunité de poser quelques questions à Jean-Victor Roux, ancien élève de notre bonne maison et qui vient de publier son premier livre en avril 2017 aux éditions Cerf : La Table, une affaire dEtat. C’est à travers cet ouvrage que l’auteur raconte les anecdotes étonnantes des grands dîners d’Etat qui ont changé la face de l’Histoire. Si le sujet est pour le moins original, nous sommes sûres que cette interview vous donnera envie de dévorer son livre.

Pour vous mettre dans le contexte (au cas où vous voudriez faire exactement le même parcours que ce jeune auteur au futur très prometteur), Jean-Victor a eu son bac en 2010, et après une année en fac de droit, il a réussi les concours d’entrée des IEP de provinces. Comme la plupart d’entre nous, il a été très vite charmé par notre bel Aix, mais aussi et surtout par les lieux dans lequel nous étudions et la vie associative de l’école. Concernant son année de mobilité, Jean Victor est allé en Grande Bretagne, à l’université de Surrey, afin de découvrir la culture et la langue de Shakespeare (ou de Mister Bean, ça marche aussi). Au retour de cette année loin de la Provence, il s’est spécialisé dans un master portant sur les affaires publiques. C’est particulièrement dans ces années de master et de mémoire que l’idée centrale de son livre a germé dans son esprit.

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Jade : Bonjour Jean-Victor, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions à propos de ton livre. Ce livre a dû te demander beaucoup de temps et un travail d’historien en amont. Nous voulions savoir quand est-ce que ce travail avait débuté ? Véritablement, as-tu commencé à l’écrire alors que tu étais étudiant ?

Jean-Victor (JV) : J’ai commencé à travailler sur ce thème pour mon mémoire de 4A. Ce qui m’a conduit à réaliser des entretiens que j’ai pu exploiter dans le cadre du livre, notamment avec Guillaume Gomez, le chef de la présidence de la République.

Jade : Et le titre de ton mémoire était similaire?

JV : Il tournait plutôt autour de « gastronomie et politique ». La table, une affaire d’Etat désigne vraiment le livre. A ce propos, mon directeur de mémoire était Richard Ghevontian (professeur de vie politique pour ceux qui ne sont jamais allés en amphi ndlr).

Jade : Parmi les rencontres que tu as effectuées, est ce que tu considères que des personnes comme Guillaume Gomez ont été essentielles dans la poursuite du développement de ce sujet?

JV : La plupart des connaissances se trouvent dans les livres, il y a tellement à lire tant le sujet est vaste et les recherches parcellaires ! Je dirais plutôt que c’était nécessaire de rencontrer des « praticiens » pour confirmer et contextualiser la connaissance. C’est notamment pour ça que je me suis entretenu avec Jean-Louis Debré au Conseil Constitutionnel, je voulais quelqu’un qui connaisse bien la vie politique. J’avais aussi eu l’occasion de rencontrer Raphaëlle Bacqué, grand reporter au Monde.

Loane : Ça a dû être un moment fort dans l’écriture de ton livre !

JV : Oui, très. Elle m’avait donné envie de m’intéresser à des sujets liés à la vie politique. Raphaëlle a suivi mon travail dès l’époque du mémoire et j’ai la chance d’avoir une préface de sa part dans mon livre !

Loane : D’ailleurs quelle a été, concrètement, ta collaboration avec Raphaëlle Bacqué sur cet ouvrage ? T’a-t-elle suivi durant l’écriture de ton livre ?

JV : Je la connaissais un peu avant,  je lui avais fait dédicacer un ouvrage. Nous étions en contact de temps à autres. Elle a suivi de près mon travail.

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Jade : En soit comment l’idée de marier la table, meuble assez anodin, et la politique, moyen d’accéder au pouvoir presque sacralisé, t’est-elle venue ?

JV :  Mon livre traite des liens entre la gastronomie et le pouvoir. J’avais une vague idée préconçue selon laquelle les repas avaient été importants dans l’histoire politique, surtout les banquets républicains. En plus, le salon de l’agriculture me paraissait un passage obligé des politiques, donc je me suis dit qu’il y avait quelque chose à creuser, que ce thème recoupait de multiples dimensions (diplomatie, campagnes électorales) … Personnellement, je suis passionné de vie politique et gastronome pratiquant. J’ai donc décidé de m’y intéresser. J’avais ce sujet en tête dès ma deuxième année.

Loane : Un projet mûrement réfléchi donc ! Et justement est ce que tu penses que ce parallèle est spécifique à la France, ou est-ce que l’on peut le retrouver dans d’autres cultures ?

JV : Je pense que table et politique sont liées dans de nombreux pays, singulièrement en France par la gastronomie, qui occupe une place particulière dans notre culture nationale, en raison de l’excellence de nos productions, de notre diversité de spécialités, de notre art de vivre… Mais aux Etats-Unis, quand Barack Obama décide de sortir de la maison blanche pour acheter des burgers à emporter c’est aussi quelque chose qui correspond particulièrement à la société américaine, même si ce n’est pas forcément de la gastronomie et que je ne vois pas du tout un président français en faire de même.

Loane : En parlant de l’international, est-ce que les dîners d’Etat sont une forme de softpower à tes yeux ?

JV : Tout à fait, une grande part de l’image de marque de la France se forge dans ces agapes. C’est constant dans l’histoire, au moins depuis l’excellence des plats que faisait servir Talleyrand au Congrès de Vienne !

Jade : Justement, dans livre tu reviens sur plusieurs moments clés de l’histoire marqués par la gastronomie. Véritablement si tu devais retenir une seule anecdote laquelle serait-elle?

JV : Une anecdote : le fait que l’Elysée sous le général de Gaulle n’était pas un relais gastronomique par manque de moyens. Un jour, alors que deux convives s’étaient ajoutés à une délégation au dernier moment, les cuisiniers n’avaient pas assez du même plat pour tout le monde. Contrairement à tous ses hôtes qui mangeaient du pigeon, de Gaulle, dubitatif, s’est retrouvé nez à nez avec un steak mis à cuire dans l’urgence.

Et des histoires comme celle-ci, son livre en est rempli ! Alors courez vite dans vos librairies pour acheter cet ouvrage, qui en plus d’avoir un sujet très original, a un auteur fort sympathique. Melissa remercie Jean-Victor pour sa participation et son enthousiasme à nos questions !

Jade Iafrate et Loane Watrelot

Pour acheter le livre en ligne c’est par ici: https://www.amazon.fr/Table-une-Affaire-dEtat/dp/2204118745 

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