Si vous s’Avier comme j’aime Sciences Po Aix

Cette semaine, Melissa parcourt notre Bonne Maison pour se rendre à Marceau Long, direction le deuxième étage, premier couloir, porte de droite. Là, après avoir franchi quelques marches, se trouve un des lieux essentiels de notre établissement : le pôle de la vie étudiante. Pour mieux connaître son fonctionnement et ceux qui le font vivre, nous avons rencontré Monsieur AVIER Grégory. Entretien sans langue de bois avec un amoureux de notre Bonne Maison et des calissons.

Saport’actu : Pouvez-vous nous retracer votre cursus ?

Grégory Avier : « Je suis d’abord et avant tout un Aixois. Après mon bac, j’ai fait hypokhâgne et khâgne au Lycée du Parc à Lyon, cursus clôturé par une admissibilité à l’ENS Ulm. Fatigué par le rythme, je n’ai pas souhaité khûber (ndlr : refaire une année de khâgne). J’ai donc passé un examen pour intégrer Sciences Po Paris puis, comme j’avais envie de me rapprocher des miens, j’ai intégré Sciences Po Aix. Je suis fier de la Maison dans laquelle je travaille. J’ai fait mon cursus tranquillement, fait quelques CRIT. A mon époque le cursus se faisait encore en 4 ans. À l’époque, l’année de césure était encore optionnelle. Egalement, les équivalences données en khâgne m’ont permis de poursuivre un master d’histoire durant ma scolarité à Sciences Po Aix. Ensuite, je suis parti en fac d’éco pour travailler l’analyse économique des institutions autrichiennes. Mais, peu convaincu, j’ai fait un deuxième M2 en philosophie économique, toujours à Aix. J’ai pu commencer une thèse en science de gestion. En même temps j’ai enseigné à l’IMPGT, puis à Sciences Po Aix car j’avais envie de revenir dans ma Maison. D’abord en économie puis en Culture Générale, j’ai gravi les échelons pour enseigner désormais en deuxième et 4ème année.

M : Depuis quand travaillez-vous ici ?

GA : (hésitant) Mhm, je dirais 2009, mais c’est certainement depuis 2010.

M : Sciences Po Aix, c’est donc votre maison avant tout ?

GA : Oui, c’est bien ma maison ! J’ai pris des décisions que l’on m’a longtemps reprochées mais c’est ma ville, c’est ici que ma famille vit. Puis lorsque j’étais lycéen, je ne pensais pas pouvoir réussir tout ce que j’ai pu faire, mon objectif était donc humblement d’être à Sciences Po Aix. Je n’aime pas la mentalité de Sciences Po Paris.

M : Si l’on vous proposait d’enseigner dans une grande école parisienne, quelle serait votre réponse ?

GA : J’ai déjà dit non par le passé. Mais peut être que je devrais accepter à l’avenir. Par exemple, j’ai également enseigné à Kedge Marseille durant deux ans, mais la mentalité en école de commerce ne me convenait pas du tout. C’est pour cela que je n’ai pas continué..

M : Depuis quand occupez-vous autant de fonctions auprès des étudiants à Sciences Po Aix ?

GA : J’ai commencé il y a deux ans à aider le directeur des études. Il fallait répondre au besoin d’avoir une libre figure avec laquelle les étudiants pourraient s’exprimer. J’ai reçu le prix de

« l’assistante sociale » l’année dernière et j’en suis très fier : je suis disposé à écouter et échanger, conseiller quand je peux. On a commencé par me demander de l’aide pour l’organisation du gala d’été l’année dernière. Puis avec la création de la DREVE (Direction et Relations Extérieures de la Vie Étudiante), plusieurs postes étaient à pourvoir et j’ai pu l’intégrer le pôle mobilité accueil et vie étudiante. Je m’occupe également de la mobilité sortante sous la direction de Mme Gimet (qui a acquiescé avec un sourire cette affirmation).

M : Comment se passait la vie associative quand vous étiez étudiant à Sciences Po Aix ?

GA : Elle était beaucoup moins riche, les grosses associations restaient les principales actives : BDS, BDE, ainsi que deux « CPX » avec un comité Jean Jaurès et un autre Charles De Gaulle. Cela supposait donc beaucoup moins de vie associative et moins de soirées. Il y avait une grosse compétition BDE/BDS pour savoir quelle serait la plus grosse asso de l’IEP. Le gala d’hiver n’existait pas encore, on faisait seulement une soirée de fin d’examens. Les deux gros évènements de l’année restaient le CRIT et le gala d’été. Pour ma part, j’étais seulement engagé au BDS via les sports que je pratiquais, à savoir la natation et le squash. Ce dernier était alors un sport du CRIT. J’ai d’ailleurs fait partie de la délégation qui avait remporté la compétition à Lyon (2000), la dernière victoire aixoise en date. Déjà, à l’époque, nous étions hébergés assez loin des infrastructures. Cela donne d’ailleurs naissance à beaucoup d’anecdotes!

M : Y a t-il des valeurs qu’il vous semble primordial de transmettre aujourd’hui pour des étudiants souhaitant se lancer dans l’associatif ?

GA : De l’empathie, une attention de tous les moments, ou encore la défense des intérêts de l’association. Par exemple cette année, le BDS avait été accusé par le CSU d’avoir envoyé une équipe jouer un match ivre. Or, après enquête cela était totalement faux. Dès lors, il ne faut pas hésiter à communiquer pour protéger les étudiants, comme les sermonner quand le besoin s’en fait ressentir.

M : Auriez-vous un projet que vous souhaiteriez mener avec les étudiants ?

GA : Selon le vœu du Directeur, ce que l’on réalise avec le Bureau des Médias pourrait s’étendre à d’autres associations de l’IEP (ndlr: créer une union associative entre les associations relatives aux médias à Sciences Po Aix). Notamment pour acquérir en visibilité, trouver des sponsors ou encore faire des économies. D’autre part, un projet qui me tient à coeur est celui de l’action sociale. J’ai une approche « militante » de la chose. Par exemple, la naissance de CASA donne une complémentarité à Interface, qui a une orientation plus internationale, ce qui est très bien. Ça manquait d’action locale. De même, l’APNA a pour vocation d’origine la lutte pour les animaux, c’est pourquoi développer davantage de missions liées au développement durable et de partenariats prestigieux serait utile.

M : Précisez l’enjeu autour de ces potentiels partenariats

GA : Si par exemple l’APNA s’associait à la WWF, celui lui donnerait un rayonnement plus important qui, en plus, profiterait à Sciences Po Aix. L’idée proposée par CASA, de créer un jardin communautaire à l’espace Philippe Seguin, est dans les cartons également. L’enjeu est de casser l’image d’Épinal autour de l’étudiant de Sciences Po, selon laquelle il est présent pour à peu près bien réfléchir, mais absent quand il s’agit de passer à l’action. La vie étudiante vous permet de mettre les mains dans le cambouis, ce que je trouve très bien. Cela permet de développer des convictions chez les étudiants, réputés pour savoir parler de tout, avec la critique que cela suppose. Il est important d’avoir conscience des réalités, comme savoir gérer un budget, loin des enseignements parfois trop normatifs. Développer et matérialiser l’esprit critique est utile pour toute la vie. On y ajoute une perspective « militante » au sein du politique, ce qui est très différent d’un engagement dans la politique. Démocratisation, égalité des chances, ce sont des programmes très importants et louables. Cela ne peut que profiter à l’image de l’IEP.

M : Et, comment vous sentez-vous à Marceau Long ?

GA : On y a déménagé en décembre. On s’y plaît, tout le service est regroupé au même endroit, ce qui est pratique. Il y a une bonne ambiance, le lieu s’y prête, et cela force les étudiants à découvrir tous les bâtiments de l’IEP. Tout le monde est très content.

M : Un mot pour le CRIT ?

GA : Ah ! Il faut gagner, ça changera ! (rires). Faire bonne figure est important, bien s’éclater et profiter, car c’est un événement formateur dans la culture de Sciences Po Aix. Il faut savoir le protéger, et lutter contre Sciences Po Paris, même quand ils envoient des sportifs presque professionnels. Impossible n’est pas aixois ! « 

Interview réalisée le 21/03/2017

par Thibaut Keutchayan et Jade Iafrate

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