Controverses n°1: Trump vs. Clinton vs. ? : l’équation d’une nouvelle ère à une inconnue

Tout a déjà été dit… Le storytelling a été depuis longtemps mis en place. Clinton, c’est la gentille du conte et Trump, c’est le méchant loup mal coiffé. Tout le monde est d’accord là-dessus.

C’est indéniable, d’autant que Hollande, le plus impopulaire de tous les présidents de la V ème république et aussi un des plus cyniques depuis que la république a pu exister, rivalisant par là avec Talleyrand et Fouché réuni, a tranché pour une fois : « J’ai un haut-
le cœur », en visant le Républicain. Faites attention, car quand l’estomac de celui qui a par ailleurs encore ses chances de réélection fait des siennes, ça fait du dégât au niveau de toute croissance, surtout pour les « sans-dents» dont il ne renie point d’avoir pu utiliser l’expression dans ses « conversations privées ». Mais alors ? Quelle surprise ! Trump est pourtant loin d’être quelqu’un qui ne sait pas se payer un dentiste. Où est la logique ? Le président a des mots plus durs contre lui que ce qu’on a pu entendre contre Daech, plus épargné dans les discours des ministres des affaires étrangères et de défense qu’un certain Bachar considéré encore aujourd’hui par nos brillants énarques comme « le principal problème ». Faut dire que la candidate démocrate (qui a pour chief of staff Huma Abedin) est sur cette même ligne alors quand les grands esprits se rencontrent, vaut mieux ne pas se trouver sur leur chemin. Trêve de bavardages sur ces quelques menus détails qui ne trouvent grâce à aucun œil occidental surtout pas à l’heure du 20h.

Evoquons plutôt les « e-mails gate » non pas pour accabler Clinton sur ces manigances internationales qui ont été par ailleurs la raison de sa mise à l’écart au début du second mandat d’Obama (à noter que Malik Obama a annoncé qu’il voterait Trump), mais sur le fait que Trump, le pourfendeur du politiquement correct, serait pro-russe et en définitive candidat du descendant de Pierre 1er. Une puissance étrangère inter-viendrait, à l’insu de toutes et tous, dans la plus grande élection mondiale. Quelle belle théorie, digne d’un ro-
man d’espionnage ou d’une bonne saison de 24h chrono où comme dans la série, Clinton finirait par devenir la première femme présidente des usa. « Formidable » chanterait Stromaë en même temps qu’il demanderait « papaoutai » car le « Trump show » serait fini pour de bon. Eh bien, n’en déplaise à ceux qui rêvent d’un tel scénario, ce dénouement ne verra pas le jour. Déjà parce qu’agiter sans cesse que son concurrent serait de connivence avec la Russie comme au temps de la guerre est froide ne prend plus. J’irai plus loin dans l’argument que de simplement affirmer, de toute évidence, que Clinton n’est pas au centre de la campagne mais bien Trump, si bien que du côté démocrate et des médias, on ne parle que de la personne de Trump. A la limite, je rends plus hommage à Clinton ici que toutes les chaînes de télé réunies qui n’en n’ont que pour son concurrent, à prendre par la négative (contre est, en effet, plus approprié). Elle ne propose rien alors que lui propose tout ; elle s’échine à attaquer ses propositions mais s’épuise à tel point que certains lui prêtent des maladies démentielles pendant que lui prend un malin plaisir à prendre des virages à 180 degrés parfois en l’espace de 6 heures pour capter les minorités tenant à son slogan « make America great again ». Elle ne rétorque que par un simple « no Trump ». Mais comme dit plus haut, tout cela n’est que politique politicienne. L’important est ailleurs et sur ce que ces élections nous disent sur la nouvelle ère mondiale qui s’annonce avec la fin de la politique telle qu’on nous l’a inculquée depuis notre berceau. Qu’importe, en réalité, le contenu des propositions d’un milliardaire et les invectives du faucon à terre. C’est ce qu’ils représentent qui comptent. Clinton représente le vieux système politique à l’agonie (partagé par tous les candidats à la présidentielle en France excepté peut-être Macron qui a fait un premier pas en dehors mais qui laisse son 2ème pied dans les lignes établies). Trump, lui, représente certes l’ « anti-etablishment » faisant fi des critiques médiatiques, incarnant l’Amérique décomplexée et dénonçant la concentration du système. Jusqu’ici, je n’ai fait que répéter tel qu’un perroquet, sans l’once d’une nouveauté, ma leçon bien apprise et si j’avais dû me contenter de cela, mieux aurait valu ne pas commencer à écrire cet article.

L’essentiel vient non pas du fait même qu’un candidat officiel d’un des 2 partis à l’accent nixonien continue à provoquer et à choquer ses nombreux détracteurs de l’etablishment dont sa principale adversaire qui était, à une autre époque, une amie de longue date. Non ! Le projet est l’instauration d’une métapolitique qui va à l’encontre des institutions profitant à l’oligarchie au pouvoir (la cible qu’est la fondation Clinton par laquelle transitent toutes sortes de choses peu transparentes n’est qu’un premier jet dans la mare) depuis 60ans. L’onu complètement dépassée par le contexte international, qui est en train de se diriger vers une logique de blocs à défaut d’une gouvernance mondialisée, est en passe de subir le même sort que son lointain ancêtre le Saint Empire romain germanique, qui en son temps fut plus à même que la sécurité collective moderne à régler les différends. Le Saint Empire disparut pour des échecs moins graves que ce qu’a pu connaître l’ONU qui enchaîne les débâcles mais on ne peut comprendre la fin d’un monde unipolaire, connu depuis la chute du Mur de 1989, au profit d’un univers apolaire si on ne s’intéresse pas à l’inconnue…

Il s’agit de Gary Johnson qui a remporté la candidature au sein de son parti face à John McAfee. Ce parti n’est autre que le parti libertarien, peu connu de la sphère médiatique, alors que dans l’histoire américaine, un président, pas inconnu, s’est dit libertarien. Il s’agit du grand Thomas Jefferson, 3ème président des usa qui a par ailleurs acheté la Louisianne (ce qui doubla la surface initiale des usa) à Bonaparte. Jefferson a représenté la première alternance entre les 2 principaux partis politiques du pays de l’époque et prônait le Yeoman Farmer. Notre sénateur du Nouveau-Mexique s’inscrit donc avec son parti dans la lignée des idées de l’auteur de la déclaration d’indépendance des usa qui renonça à briguer un 3ème mandat. Son slogan : « Make America safe again» et sa vision : « le gouvernement n’a pas à se mêler de mon portefeuille ni de ma chambre à coucher » montre un changement total de conception de l’ordre du monde. L’homme du « far west» prône la liberté en étant pour la désintermédiation et au passage par l’élimination de la FED. Il se fait fort de mettre les usa à la pointe du développement technologique telle que la modification génétique et est contre toute régulation de l’industrie de l’IA.

Au travers de ces chamboulements, on ne peut que constater le déplacement du curseur vers un renouveau politique avec l’émergence d’un univers nouveau en formation. 2017 pourrait bien faire figure d’entrée dans le XXIème siècle, symbole d’une ère nouvelle, sans pôle où toutes les règles que l’on croyait ancrées et immuables auront volées en éclat. 2019, dont l’unité est symbole de la nouveauté, commence seulement à poindre à l’horizon.

 

Par Nicolas Vermeulen

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s