Controverses n°1: Daesh, si loin, si proche

L’horreur de l’attentat de Nice nous a tous frappé. Un des symboles de notre pays a été touché. Le 14 juillet est désormais taché du sang d’innocents. Pas que le 14 juillet soit un symbole de paix, mais s’attaquer à notre pays en ce jour de fête est inacceptable. Le plus inacceptable est que ce soit Mohamed Lahouaiej-Bouhlel qui l’ait perpétré, un jeune tunisien soi-disant quelque peu déséquilibré. Ces informations sont capitales, car si cet homme s’était appelé Anders Behring Breivik, de nationalité norvégienne (au hasard) l’Etat Islamique ne l’aurait certainement pas revendiqué. Mais les faits sont là, Daesh a revendiqué cet attentat et le lendemain, notre cher ministre des affaires étrangères, Ayrault indique que les frappes françaises en Syrie dans le cadre de la coalition vont s’intensifier. La France part donc (pardonnez-moi l’expression) en croisade contre cette organisation qui a décidé de s’en prendre à nous. A s’en demander qui est le plus malin.

En effet, depuis quelques temps, l’Etat islamique tend à revendiquer tout et n’importe quoi. Réfléchissons-y un peu, Daesh est train de reculer, perd de plus en plus de soutien et tente de se « racheter une image » en répudiant l’organisation Boko Haram jugée « trop extrémiste ». Vous ne pensez pas qu’ils revendiquent n’importe quoi ? Un exemple suffit : l’attentat d’Orlando, Daesh aurait envoyé un homosexuel pour une tuerie… Ce serait dont une organisation beaucoup plus ouverte qu’elle ne veut bien nous le faire croire. Néanmoins, ce qui est indéniable c’est qu’elle est en perte de vitesse, en témoigne son recul géographique. De plus n’oublions pas, qu’avant de reculer face à la coalition, les djihadistes reculent face aux « sanguinaires » Peshmergas. Ces derniers sont des kurdes (minorité rejetée des pays environnants), dont un certain nombre de femmes se battant avec des armes rafistolées provenant majoritairement dans la guerre Iran-Irak. Daesh recule donc face à ces guerriers à demi-armés, grande preuve de leur suprématie.

La coalition dont fait partie la France s’attache donc à compléter le travail de ces Peshmergas en bombardant les villes syriennes où se cache Daesh. Noble initiative ne comprenant que très peu de succès. En effet, un certain nombre d’experts estiment que pour éradiquer cette organisation des opérations au sol seraient nécessaires. Un dilemme compréhensible pour ces Etats qui ne souhaitent pas sacrifier leurs militaires dans des combats s’annonçant sanguinaires. Ainsi, l’été continue sans qu’on se soucie de la façon dont cette affaire est traitée. Puis, nous nous crispons une fois de plus lorsque le prêtre de Saint-Etienne du Rouvray se fait assassiner. Bien évidemment, la presse nous fait bien comprendre que ce sont des musulmans, quelques jours plus tard Daesh se réveille pour le revendiquer, après tout ça leur fait toujours un attentat de plus à leur actif, et de la peur en bonus.

On pourrait alors se poser la question du but de cette démarche. Nous faire peur ou nous pousser à les attaquer ? En effet, l’attaque de notre coalition, bien que tuant des djihadistes tue aussi beaucoup de civils. Les civils survivants sont bien au courant que la coalition les bombarde. De plus, ils sont également au courant que cette même coalition n’empêche pas le régime syrien de les massacrer (après tout ce n’est pas comme si les armes chimiques étaient interdites par la convention de Genève). Et enfin, quand ces syriens fuient ces attaques, ils se retrouvent face à des pays (France y compris), qui ne leur souhaite que de se noyer dans la Méditerranée. Ainsi, un certain nombre de ces syriens se rallient à Daesh, qui, on le sait, recrute chez les âmes faibles et désespérées. Mais pendant ce temps, bien loin  de nous préoccuper de cette situation pour le moins inquiétante, nous nous écharpons pour savoir si le burkini doit être autorisé ou non, ainsi que sur la définition de la laïcité. Débat sans fond qui permettrait à nos autorités de continuer leur petite affaire sans qu’un nouveau « nuit debout pacifiste » ne se mette en route. Car, vous l’avez bien compris, si des kurdes mal nourris parviennent à les faire reculer, nous grand pays garant des droits de l’homme avons besoin d’une grosse matinée pour les réduire à l’état de tribu pygmée.

 

Par Nastassia Casteuble

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