Le pays de la dynamite (mais surtout d’IKEA)

Ce week end, on vous propose l‘extra Aixpat. Ainsi, on vous réveille, pour la première fois un dimanche, pour vous transporter en Suède. En effet, grâce à Rémi Poirot, nous mettons le cap au nord ! Dans ce témoignage vous allez découvrir la ville de Stockholm de l’intérieur. Celle-ci oscille entre mœurs étonnantes et paysages apaisants. Vous obtiendrez également certaines informations pratiques sur l’université, et, sur la ville.

On espère que notre aixpat a encore la chance de voir le soleil plus de 10 heures par jour. Ainsi, l’équipe te souhaite une bonne fin de semestre, et, merci de nous avoir écrit!

Jade IAFRATE

« Dimanche 21 aout 2016, 13h30, terminal 5 Arlanda Airport, Välkommen till Sverige ! Après quatre mois de vacances, dont un d’inquiétude absolue, me voilà donc arrivé dans ce pays où je vais résider pendant près d’un an. La Suède, pays des Vikings, de Ragnar Lodbrok, de Bernadotte, de Nils Holgersson, d’Olof Palme, d’Alfred Nobel, de Zlatan… Que de noms connus, de symboles nationaux, tous fièrement éclipsés, à juste titre, par la mélodie entraînante et à peine démodée du groupe Abba. Cliché vous dites ? Waterloo, comme par hasard, tournait en boucle au moment où j’étais en quête de mes valises. Mon Dieu, mais qu’allait-il faire dans cette galère ?

A mi-mandat, ou plutôt à mi-parcours, un premier bilan de cette période d’expatriation au cœur de la Scandinavie s’impose. Les clichés sur la Suède sont-ils fondés ? Le froid ? La nuit ? La neige ? La langue barbare ? Les grandes blondes aux yeux bleus ? La psychorigidité digne de l’Allemagne des années 1930 ? Difficile de répondre directement à toutes ces interrogations, mais je vais tenter de livrer aussi fidèlement que possible mon sentiment sur ces sujets.

En arrivant ici, je pensais être quelqu’un de plutôt ordonné, rangé, méticuleux. Force est de constater que pour les locaux, je serais presque bordélique. Le sens de l’organisation n’est absolument pas un poncif en ce qui concerne ce pays. Tout est millimétré, chronométré, propre… bref la Suisse, en pire, les banques et les exilés fiscaux en moins. Il n’y a pas que du mauvais dans cette situation. Au contraire cette organisation parfaite devient rapidement appréciable une fois le choc passé. La vie ici est paisible, calme, tranquille. Tout est tellement cadré qu’il est facile d’oublier les soucis du quotidien. Après tout, les Suédois ont surement trouvé une solution parfaite à chaque problème donc restons zen.

Les normes sociales et autres règles implicites, dont j’ai peu à peu intégré les codes, réservent quelques surprises au début. Deux exemples me viennent à l’esprit assez rapidement à ce propos. Il en faut peu pour passer pour une tête brulée au centre-ville, il suffit de traverser le passage piéton quand le bonhomme (mi-femme / mi-homme, politique gender neutral oblige) est encore au rouge. Regards réprobateurs des passants assurés. Une autre mésaventure m’est arrivée dans un bus public presque vide lorsque par malheur je me suis assis sur un siège prévu à cet effet. « Les sièges sont pour les femmes enceintes et les vieillards », même quand le bus n’est pas plein. Tête brûlée, petit con irrévérencieux, je cumule… Cependant, il ne s’agit là que de petits détails, toujours amusants à raconter en public pour se moquer (gentiment) du Suédois moyen. Non, ce qui m’a marqué le plus depuis mon arrivée ici, c’est la conception toute particulière de la vie privée, qui se doit d’être transparente… Cherchez l’erreur. Cela explique sans doute (en partie) l’absence de rideau et de volet aux fenêtres, ce qui offre un magnifique panorama parfois gênant sur les baies vitrées de l’appartement du voisin de l’immeuble en face. Dans le même ordre d’idée, avoir une fenêtre qui donne directement sur un balcon commun semble ne poser un problème qu’à moi. Tout est visible, mais personne ne doit regarder m’a-t-on dit. C’est donc très convaincu par cette réponse que je me suis empressé d’aller acheter des rideaux.

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L’organisation des études est, elle aussi, parfaitement millimétrée. 2 semestres de 20 semaines chacun, 4 périodes de 5 semaines par semestre, 1 cours de 7,5 crédits par période, 8 cours au total pour 60 crédits. Les cours ne sont pas fous au niveau du contenu et une certaine somme de travail à la maison est nécessaire pour obtenir de bonnes notes. La validation, elle, n’est pas compliquée, puisqu’elle ne nécessite que l’obtention d’un E (qui correspond la plupart du temps à une note comprise entre 3 et 5/20). Les cours sont en anglais, et les internationaux peuvent apprécier leur nullité en anglais en se confrontant aux Suédois biberonnés aux programmes en VO dès le plus jeune âge. L’apprentissage du suédois, langue germanique réputée mélodieuse, peut s’avérer utile pour briser la glace avec ces derniers. Le contact est plus facile à nouer avec les étudiants internationaux, d’autant plus que des rencontres régulières organisées par le département de science politique sont programmées tout au long du semestre. La vie étudiante s’articule autour d’une sorte de BDE dont bénéficie chaque faculté au sein de l’Université. Ces organisations disposent de leur bar, organisent leurs propres soirées, leurs sorties en ville et leurs voyages à l’étranger permettent de se constituer son propre programme de réjouissances en fonction de ses envies et disponibilités.

Je terminerai ces quelques lignes en parlant davantage du cadre de vie qu’offre Stockholm à ses habitants. La ville est bâtie sur une dizaine d’îles différentes, ce qui explique l’omniprésence de l’eau (la Baltique et le lac Mälar se rejoignent dans l’archipel de Stockholm). En résulte une atmosphère agréable et apaisante. Chaque île ou regroupement d’îles possède sa propre identité plus ou moins marquée, historique et traditionnelle pour la vieille ville ou plus bohème pour le quartier de Södermalm (« Söder ») par exemple. La ville se caractérise globalement par son absence de building et autres tours de verres ainsi que par son patrimoine architectural relativement récent, mais, intact puisqu’épargné par les guerres du XXème siècle.

Cette description un poil dithyrambique ne doit néanmoins pas occulter les conditions climatiques suédoises. Comme tout bon récit, j’ai gardé le meilleur pour la fin… Le drapeau de la Suède, bleu et jaune, est une ode à l’été et au beau temps (le bleu du ciel, le jaune du soleil). Ces couleurs nationales se retrouvent partout, sur les panneaux de signalisation ou dans le métro par exemple. A mon arrivée à la fin de l’été, j’ai été agréablement surpris par les journées ensoleillées à rallonge, espérant naïvement que cela perdurerait. Le changement d’heure à la fin du mois d’octobre m’a violemment ramené à la réalité en apportant avec lui un lent et long crépuscule. La nuit noire à 14h15, on a beau s’y préparer, il faut la voir pour y croire. Ce manque de lumière est sans doute plus difficile à vivre que les épisodes de froid qui sont somme toute assez raisonnables. Depuis Noël cependant, le jour reprend ses droits, doucement mais réellement, et l’espoir renaît peu à peu, me sortant de ma torpeur hivernale. Reste à voir s’il ne s’agit pas là du calme avant la tempête…

A Suivre…

P.S ; j’allais oublier, oui elles sont blondes aux yeux bleus, mais pas toutes… »

Rémi Poirot

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