La photo de la gagne

Le concours du vernissage du Club photo a largement tapé dans l’œil des observateurs présents au Hublot pour cet incontournable évènement de la Semaine de l’Etrange. Les participants au concours nous ont en effet régalés. Parmi les 150 clichés en compétition, 30 avaient été sélectionnés par le jury composé de membres du Club Photo et du BDA. Tous devant être en lien avec le thème de la crainte, les photographes nous ont proposé des photos inquiétantes, énigmatiques et souvent surprenantes pour notre plus grand plaisir visuel. Mais il fallait bien un vainqueur… et c’est Anya Mezzaour qui a remporté le prix tant convoité. C’est pourquoi Saport’actu a saisi l’occasion d’interviewer la grande gagnante afin qu’elle puisse se confier sur la manière avec laquelle elle a réalisé son œuvre et sur sa démarche dans la photographie.

Saport’actu : Peux-tu nous expliquer ce qui t’as amené à prendre cette photo et quelles sont ses significations ?

Anya Mezzaour : « Au départ, je ne voulais absolument pas faire ce style de photo. Je ne souhaitais pas mettre en scène une personne humaine car je trouvais qu’il était facile de communiquer la crainte via l’expression d’un visage. Du coup j’ai essayé de trouver quelque chose en rapport avec le religieux et exprimer la crainte à travers un Christ souffrant ou quelque chose du genre… Dans tous les cas, je ne voulais pas que l’objet en soi, ce qui est photographié, exprime la crainte explicitement pour ne pas limiter l’interprétation. Il fallait que le spectateur puisse lui-même ressentir la crainte mais l’interpréter d’une certaine façon.

Saport’actu : Pourquoi avoir donc choisi ce ventre et à qui appartient-il ?

Anya Mezzaour : Et bien c’est le mien ! J’ai finalement choisi de prendre un ventre avec une cicatrice et un bras scarifié dessus. J’ai aussi essayé de faire un jeu de lumière pour qu’un côté du ventre soit plus noir. Cela pouvait évoquer plein de situations différentes et les cicatrices pouvaient exprimer un corps souffrant. Le ventre est aussi une partie du corps par laquelle on ressent la peur lorsqu’on a des nœuds à l’estomac par exemple. Il fallait que la personne qui regarde la photo sente la crainte et non pas que ce soit l’objet photographié qui l’évoque pour jouer sur les sensations.

Saport’actu : Quels sont les thèmes que tu aimes bien aborder dans des photos ? Qu’est-ce que tu as l’habitude de représenter ?

Anya Mezzaour : J’ai toujours eu du mal à représenter des gens, des humains… Je ne sais pas vraiment pourquoi mais je n’arrive jamais à mettre en scène une situation qui me satisfait. J’ai toujours pris au contraire des scènes qui étaient dépourvues d’humanité, sans vie. C’est pourquoi j’aime photographier des paysages non pas naturels mais urbains, qui symbolisent la trace de l’homme sans qu’il soit là. J’aime capturer ce qui est détruit et même si c’est quelque chose de beau, j’essaie toujours de prendre la scène d’un point de vue différent, auquel le spectateur ne s’attend pas.

Ainsi, sa victoire au concours lui a donné l’envie d’aller plus loin dans  la photographie, même si elle n’a jamais pris de cours.  Elle ne souhaite en effet pas altérer avec la pureté de ce qu’elle veut transmettre au spectateur, ce qu’elle déclare ne « pas être capable d’exprimer avec des mots« . Tout en restant un simple loisir donc, sa passion pour la photo l’a décidé à ouvrir un blog dans lequel elle publie tous ses clichés : http://vsco.co/anyammx. Nous vous recommandons fortement d’aller le consulter d’ailleurs !

Propos recueillis par Gabriel Blondel

Vendredi 2 décembre 2016.

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