Les élections au CA : mieux que la primaire ?

Mardi dernier à 16h les dernières listes des étudiants candidats à l’élection au conseil d’administration ont pu déposer leur dossier. Pour prétendre à un siège au CA de l’IEP nul besoin de réunir 500 signatures et pourtant certaines listes ont tardé à émerger, particulièrement au sein du premier collège. Que proposent les différentes listes ? Quels sont les enjeux de l’élection des représentants au conseil d’administration pour l’année à venir ? Saport’actu vous propose de revenir sur les différents aspects de cette campagne avant les élections qui se tiendront les 28 et 29 novembre prochain.

Pour élire leurs représentants, les étudiants de l’IEP sont divisés en trois collèges électoraux. Le premier réunit les élèves inscrits en 1A et 2A ; le second les élèves inscrits en 3A et 4A ; enfin le troisième collège électoral est constitué des doctorants, des étudiants de CPAG et des étudiants internationaux. Pour chaque collège trois places de représentants sont attribuées, au total ce sont donc neuf places du conseil d’administration qui reviennent aux étudiants de l’IEP.

  • Trois collèges et quatre listes

Cette année, alors que le dépôt des listes s’est ouvert mi-novembre, jusqu’à la date limite de dépôt des listes seuls les collèges deux et trois étaient certains de se voir représentés au conseil d’administration. En effet les deux listes qui font campagne sous le nom du Forum se sont déclarées sur les réseaux sociaux dès le 16 novembre. Deux autres listes, Objectif Saporta pour le premier collège et L’Alternance pour le second ont ensuite présenté leurs programmes à partir du 21 novembre. La liste Vox Student qui devait se présenter pour le premier collège n’a pas été approuvée par le comité de validation en raison de l’absence d’étudiant de 1A parmi les deux têtes de liste.

ca-sap

Pour le premier collège la liste Objectif Saporta se retrouve donc seule en lice. Dans cette élection « à la coréenne » on retrouve Hubert-Félix Delattre (2A), Déborah Falcon (1A) et Nicolas Imbert (2A). Cette liste a mis du temps à s’engager dans la campagne, Hubert-Félix à la tête de la liste explique « c’est un projet que je nourrissais depuis la fin de l’année dernière mais je n’ai pas pu m’occuper de lancer la campagne avant ». Parmi les mesures notables que les candidats défendent on trouve la réforme de l’enseignement de l’analyse quantitative de données, une matière dispensée en 2A : « je pense que tout le monde sera d’accord avec ça, le logiciel Air est assez difficile d’accès si on n’a pas des compétences informatiques. On veut que ce soit plus concret ». Idée aussi de faire du choix des modules en 2A un critère de sélection en master : « j’ai senti une assez forte opposition à cette mesure. On va faire des sondages, et si les étudiants sont contre une de nos mesures, on ne la proposera pas. Mais on trouve que la pré-spécialisation a été faite en demi-mesure ».

Le second collège qui réunit les 3A et 4A oppose deux listes : Le Forum avec Thomas Cuvelier, Olivier Massi et Déborah Malzac et L’alternance composée de Antoine Batal, Quentin Pruvot et Marie Van Gucht. Les propositions des deux listes divergent sur la dernière année du diplôme puisque Le Forum désire travailler sur la possibilité de césure et mobilité en 5A tandis que L’Alternance propose un rendu du mémoire en 5A. Pour Quentin Pruvot de L’alternance, « le cursus inclut une cinquième année et le mémoire contribue à valider le diplôme Sciences-Po. Faire un master 2 à l’extérieur de Sciences-Po n’empêche pas de travailler à son mémoire en parallèle, cela nous laisse plus de temps pour le faire, en parallèle d’un stage ou d’autres études« . La liste propose également de revoir l’évaluation des matières avec un concept de « trois fois 1/3 » : « il faudrait que les professeurs se mettent d’accord et qu’un tiers des matières se décident pour faire un examen oral, un tiers pour un écrit et un tiers pour rendre un dossier« . Du côté du Forum le programme se veut une continuité du travail de restructuration des masters entamé les années précédentes avec des mesures comme  l’anticipation de la restructuration des masters en proposant une architecture cohérente  ou encore l’organisation d’une discussion stratégique sur les modalités du mémoire. Pour Thomas Cuvelier, tête de liste du Forum, « dans la réforme des masters, les choses importantes ce sont la cohérence du calendrier horaire hebdomadaire, les modalités d’évaluation du grand O et du mémoire et les liens entre les étudiants, les référents masters, les représentants CA et le CA ».

Une liste seulement est candidate à la représentation du troisième collège, liste sur laquelle on retrouve trois 5A : Karen Jouve, Marie Jaillant et Théo Delporte. Ils se présentent également sous l’étiquette du Forum, c’est-à-dire qu’ils font campagne et programme communs avec la liste du second collège du même nom. « L’idée c’est de continuer à travailler avec Karen sur ce qui a été amorcé l’année dernière en faisant respecter notre voix et en s’assurant de la qualité des réformes proposées pour ne pas brader notre diplôme » affirme Thomas Cuvelier.

  • Des élections fondamentales pour la bonne gouvernance de l’IEP 

Le conseil d’administration vote le budget de l’école, les différentes réformes et l’élection du directeur tous les cinq ans. Si cette instance permet une représentation démocratique dans la gouvernance de l’IEP, il n’y a pas que des personnes élues qui siègent au CA puisqu’on y trouve aussi des personnalités extérieures, élues par le CA sur proposition des membres ou du directeur, mais aussi des membres de droit comme la directrice de l’ENA ou le président de l’AMU.

Lors de « l’affaire des partenariats bidons », en 2014, le conseil d’administration aurait par exemple pu dénoncer l’affaire. Dans le compte rendu du CA du 6 avril 2013 on constate que les représentants étudiants interrogent la direction au sujet du projet « Ile Maurice ». Ce dernier répond en décrivant ce projet comme « un élément important de la politique de développement de l’Institut ». C’est à la rentrée suivante un audit de l’université Aix-Marseille puis des articles de presse avaient dénoncé ce projet parmi d’autres. Cette année, la réforme complète des masters et de l’enseignement entamée l’année dernière sera encore un enjeu de taille pour le CA, particulièrement en vue de l’audit prévu par l’université Aix-Marseille en 2018.

Campagne à suivre prochainement chez nos confrères de Sciences Po Hertz, stay tuned !

 

Noémie Peycelon 

Jeudi 24 novembre 2016

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